Très Saint-Père*,
Je Vous écris sans savoir si ces lignes vous parviendront, mais avec le besoin profond de Vous transmettre la voix d’une jeune Libanaise qui tente encore de tenir debout dans un pays qui chancelle. J’espère qu’un cessez-le-feu sera conclu avant Votre venue, mais comment espérer lorsque nous avons vu tant de maisons détruites, tant de familles déplacées, tant de prières interrompues par les sirènes ? Comment vivre normalement après avoir croisé des regards que la souffrance a vidés ?
Nous sommes nombreux à ne plus reconnaître le Liban. Les crises se succèdent, les discours se durcissent, la confiance s’effrite et l’avenir semble se refermer sur nous comme une porte trop lourde. Ma grand-mère répète : « Répare ton cœur et le pays se réparera. » Mais comment réparer un cœur quand la réalité le fissure chaque jour davantage ? Comment prier avec foi quand les faits semblent contredire les promesses d’apaisement ? Nous croyons en Dieu, oui ! Nous savons qu’Il console et relève. Mais notre génération a aussi besoin de justice, de dignité, de signes humains. Nous avons grandi parmi les crises économiques, les pénuries, la peur, la perte. Et pourtant, on nous demande encore d’être forts, patients, silencieux. L’espoir devient lui-même un effort.
Très Saint-Père, ce n’est pas une jeunesse perdue : c’est une jeunesse blessée. Ce qui s’écroule ici, ce ne sont pas seulement les institutions, mais la conviction que la vie puisse encore être construite. Tout devient superficiel : le travail, la vérité, la foi, l’amour même. Un pays où l’amour se dévalorise devient un pays où le pardon n’a plus de racines. Le plus grand danger aujourd’hui n’est pas seulement la guerre, mais aussi la tentation de la haine. Si nous cessons de reconnaître la douleur de l’autre comme légitime, si nous célébrons les malheurs des uns comme les victoires des autres, alors il ne restera plus rien qui puisse unir ce pays. Sans solidarité, aucune paix n’est possible ; sans paix, aucune nation ; sans nation, aucune Église ne peut accomplir sa mission. C’est pourquoi Votre venue porte un poids immense. Nous n’attendons pas un miracle, mais une orientation. Nous avons besoin d’une Église qui dépasse les appartenances, qui défende les innocents, qui rappelle que chaque vie vaut la même lumière. Une Église qui ne se replie pas, mais qui relie ; qui ne justifie pas les divisions, mais tente de guérir leur source. Une Église qui puisse redonner à la jeunesse libanaise le goût d’avancer, de se relever, de croire que ce pays peut être plus qu’un champ de ruines et de rancœurs.
J’ose encore espérer – même faiblement – que mes enfants et mes petits-enfants vivront dans un Liban où l’on pourra aimer sans craindre, prier sans douter, espérer sans être naïf. Nous ne Vous demandons pas de porter seul le Liban ; nous Vous demandons seulement de nous aider à ne pas perdre notre humanité.
Avec tout mon respect.
Fidèle NASR
Collège des Saints-Cœurs, Sioufi
*À l’occasion de la visite du pape Léon XIV au Liban, L’Orient-Le Jour a lancé un appel aux lycéens du Liban, les invitant à écrire une lettre qui lui serait adressée. Nous avons reçu plusieurs dizaines de courriers rédigés aux quatre coins du pays. Cette lettre fait partie des cinq textes retenus parmi celles reçues par la rédaction.


Peut-on AIMER ceux qui nous traitent dev MECREANTS ? Les venus des steppes et des deserts qui au fil de l,epee ont usurpe Constantinople, l,Asie Mineure et l,Anatolie, l,Iraq, la Syrie et le Liban, l,Egypte etc... islamise sinon tue et chasser tous les Chretiens, ces MECREANTS qu,on leur appris a HAIR, CHASSER ou TUER. L,ESPRIT Ottoman Et Arabe y prevaut encore et prevalerait tant que les LIVRES resteront archaiques. Il y a de tres BONS fideles, a leur appelation, qui sont des hommes instruits et refusent les INEPTIES calquees. Ils sont RARES. TRES RARES.
11 h 02, le 30 novembre 2025