Les dévelop-pements se succèdent à une telle cadence qu’on risque à tout instant de louper un épisode. En tout cas, depuis que le Parti ex-barbu aujourd’hui déplumé se prend castagne sur castagne, c’est redevenu Byzance pour les médias qui recommencent à rameuter leurs cohortes d’experts, accourus aussitôt astiquer leur boule de cristal.
Alors, prochaine raclée ou victoire divine ? L’expérience passée apporte en tout cas une réponse bien plus nuancée : ce sera forcément une raclée… mais on chantera victoire quand même, en dansant sur les nouvelles ruines. Que voulez-vous, nous sommes comme ça, nous les Arabes. On n’aime pas perdre ! Et quand bien même on se prendrait une avoinée dans les grandes largeurs, on poussera des cris de joie, les grouillots partisans feront le « V » en singeant Churchill, et le triomphe imaginaire sera investi en politique laissant loin derrière la dérouillée magistrale.
Cette stratégie de pointe avait été inaugurée à chaudes larmes en juin 1967 par Nasser, Gamal Abdel de son prénom, qui venait de s’étaler sur le champ de bataille en même temps que son aviation aplatie sous les bombes. La technique a été reprise en octobre 1973 par son successeur Anouar Sadate et son allié syrien Hafez el-Assad, lequel venait à peine d’entamer un élevage en batterie pour se forger une dynastie. Les deux hommes se sont méchamment viandés contre l’armada hébraïque, mais ils ont depuis appris la leçon : l’Égyptien s’est définitivement assagi et le Syrien a juré de ne plus se battre… sauf contre sa propre population, ce qui pour lui était nettement plus confortable.
Pareil au pays du Koullouna. Les pendentifs des mollahs iraniens se font rétamer tous les jours par les Shlomos et n’ont plus qu’une seule hâte : se la couler peinards au nord du Litani, rien que pour emmerder leurs compatriotes. Eux ne sont forts que dans ce qu’ils savent faire : se fabriquer un rayon de sécurité, monter des barrages volants à mobylette, façon « Papiers ! Ouvre le coffre et ferme ta gueule », aboyé par un gras du bide, mufle épais échappé d’une mangeoire, avec de temps en temps un regard lubrique faisant croire à des relents d’humanité. Le rêve, quoi ! Et pour tuer le temps, les metteurs en scène multiplieraient les effets spéciaux en promettant un chien de leur chienne à Joseph Ier et Tonton Nawaf, qui décidément refusent toujours de parler persan.
Mais le couple exécutif en a vu bien d’autres. À chaque déglinguée de son prestige, il connaît par cœur la marche à suivre : jérémiades auprès de l’ONU, sempiternelles promesses d’un retour au monopole des armes et quelques vagues serments de réformes économiques. Et encore ! Le tout effectué à cloche-pied et de la main gauche, mais jamais manchot ni cul-de-jatte.
Patience, les rabat-joie ! Nous avons encore de la marge…
gabynasr@lorientlejour.com


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Dire que ça fait du bien de lire cet excellent article serait mentir, c'est rire jaune et avec amertume. Et pourtant c'est la vérité cinglante avec un humour acide qui dépeint le Liban en perdition et qui nage dans le bonheur des destructions, de la crise économique, du manque d'état et surtout des victoires divines successives... malgré les raclés monumentales subies par des barbus toujours frétillants mais certainement pas fringuants.
09 h 43, le 29 novembre 2025