Il est dur ce jour d’indépendance où on sent le cœur retomber comme une vague qui s’écrase après avoir cru toucher le ciel.
La planète continue à tourner et nous sommes là, témoins fatigués, épuisés par les illusions et les promesses dont on nous a gavés. Dans ce pays où tout semble suspendu, on est lassé d’avancer.
On reste parce qu’on n’a plus la force de partir mais aussi parce qu’un pays n’est pas un simple lieu qu’on abandonne.
Il fut un temps où on descendait avec enthousiasme dans les rues avec des slogans et la foi en un avenir meilleur.
Aujourd’hui, même la colère s’est fatiguée et la lassitude l’emporte. Nous avons été une fois de plus pris en otage par les beaux discours et les promesses de lendemains meilleurs.
Dans ce Liban béni par les dieux, tout va bien sauf la vie. On essaie de rester humains dans un pays qui oublie hélas ! ce que ce mot veut dire. Un pays où le malade compte avec angoisse ses pilules, où l’électricité est un luxe et l’eau un mystère. Un pays où l’éducation fait désormais partie d’un autre monde et la justice reste une illusion. On suit chaque scandale comme une série télé passionnante avec suspense et rebondissements, puis la série s’interrompt brusquement, pas de coupable révélé, pas de mystère éclairci et l’impression amère d’avoir été, une fois de plus, menés en bateau.
Et pourtant au sein de ce désespoir, au-delà de cette léthargie, un cœur persiste inexplicablement à battre. Le cœur d’un peuple qui sourit et continue à marcher sur les braises. On reprend un souffle d’espoir. On se souvient que tout est passage et que même après la nuit la plus longue l’aube se lèvera. On avance pas à pas armés de courage et de détermination. Alors grâce à notre résilience, notre drapeau ondulera, se détendra et flottera vivant, symbole de notre indépendance sacrée, inviolable et inaltérable.
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