Le candidat démocrate à la mairie de New York aux côtés de son épouse Rama Duwaji, de sa mère Mira Nair et de son père Mahmood Mamdani, après avoir remporté les élections municipales de 2025, lors d'un rassemblement électoral organisé dans le quartier de Brooklyn, à New York, aux États-Unis, le 4 novembre 2025. Photo Reuters /Jeenah Moon
Le « Talk of the Town » à New York est encore au quotidien son nouveau maire Zohran Mamdani, premier musulman à accéder à ce poste. Un événement historique accompagné néanmoins d’un autre buzz sur les réseaux sociaux qui concerne sa proche famille. Big Apple n’a ainsi plus d’yeux que pour son épouse, la très discrète Rama Duwaji, 28 ans, d’origine syrienne. Elle s’est taillé une grande place dans l’univers de l’illustration et collabore notamment avec les grands médias américains dans ce domaine. Ses illustrations ont été publiées dans des magazines prestigieux comme le New Yorker ou le New York Times. Elle a aussi exposé à la Tate Modern à Londres.
Dans son discours suivant sa victoire, le nouveau maire a remercié tous ceux qui l’avaient soutenu puis il a appelé son épouse qui se tenait à l’écart disant : « Ma femme Rama, hayati ! Il n'y a personne d'autre que je voudrais à mes côtés en ce moment et à chaque instant. » Une déclaration d’amour qui a provoqué une vague émotion dans l’assistance, surtout quand on a appris que le mot arabe hayati signifiait ma vie.
Trois cérémonies et un mariage
Zohran et Rama ont confié aux médias s’être rencontrés en 2021 à travers l'application de rencontre Hinge. Ils se sont fiancés en octobre 2024 et quelque mois plus tard se sont dit oui en trois actes : le premier, en décembre 2024, lorsqu’ils célébraient un mariage religieux musulman à Dubaï où résident les parents de Rama. Suivi, deux mois plus tard, d’une union civile à la mairie de New York. Dans un troisième temps, les tourtereaux se sont envolés vers l’Ouganda où est né Zohran Mamdani, et où résident ses parents d’origine indienne, Mahmoud Mamdani, (chercheur et recteur de l’Université internationale de Kampala) et sa mère, la célèbre cinéaste et productrice Mira Nair. Là, les attendait une somptueuse réception qui s’est déroulée dans la magnifique demeure familiale au bord d’un lac située dans la banlieue huppée de la capitale Kampala. La résidence avait été transformée en une zone de fête ultrasécurisée qui a accueilli des invités de marque.

Rama, «First Lady of New York », genZ
Depuis cette élection riche en symboles, le monde guette Rama Sawaf Duwaji, jeune artiste talentueuse née le 30 juin 1997 à Houston, au Texas. Élevée entre Dubaï et les États-Unis, elle a suivi des études d'art à l'Université de Richmond et elle est titulaire d'une maîtrise en illustration de la School of Visual Arts de New York. Animatrice, illustratrice et céramiste, Mrs Mamdani portera à sa manière jeune et activiste ce rôle de « First Lady Of New York » qui lui incombe, titre officiel des épouses des maires de Big Apple. Elle sera la plus jeune à occuper cette fonction, s’impliquer dans des campagnes politiques et sociales et gérer la résidence. Elle devra également accompagner son époux dans les occasions et événements officiels et cérémoniels. Tout le monde, en Amérique et ailleurs, a donc le regard braqué sur la manière dont cette jeune femme de la génération Z, femme engagée et fille de parents musulmans syriens originaires de Damas, va mener cette tâche à partir d’une résidence historique du XVIIIe siècle baptisée Gracie Mansion, où se sont notamment succédé des femmes de renom, telles Elenor Roosevelt, Mary Rockefeller ou encore Matilda Cuomo.
Parmi ses combats, pour lesquels elle s’exprime à travers ses illustrations, le droit des femmes et la justice sociale au Moyen-Orient, la guerre au Soudan et surtout celle de Gaza. Malgré une élégante discrétion loin de la politique et des divers talk-shows, elle a réussi à réunir 1,2 million d’abonnés sur Instagram… Selon le magazine Vanity Fair, elle aurait participé à la communication et la stratégie numérique de la campagne électorale, de son époux.
Un appartement d’une pièce ou une résidence historique ?
Toujours est-il que le couple Mamdani n’est pas encore décidé à troquer son appartement d’une pièce (loué à 2 300 dollars par mois) contre la demeure officielle de cette résidence de 1 022 m² qui surplombe l'East River et arbore des lustres, des meubles anciens et de vastes jardins plantés de pommiers et de figuiers. La résidence comprend également un personnel à temps plein, dont un chef cuisinier et un service de sécurité 24h/24. En attendant de faire ce choix difficile, M. le (nouveau) maire a déclaré : « Ce que je peux vous dire, c’est que je vais travailler à l'Hôtel de Ville. » Selon un expert de la vie new-yorkaise, « entre symbolisme et pragmatisme, cette décision est plus qu'une affaire personnelle : elle est politique. Rester dans son appartement au quartier Queen pourrait renforcer son image d'homme du peuple, vivant parmi les New-Yorkais. S'installer à Gracie Mansion lui permettrait de perpétuer l'héritage de la ville et lui offrirait la sécurité et l'espace nécessaires à ses fonctions officielles ».
Fils de Mira Nair, illustre cinéaste et activiste
Une autre importante présence féminine dans la vie de Zohran Mamdani est sa mère, qui au moment de l’annonce de sa victoire à la plus grande municipalité des USA s’était écriée : « I am the producer of the candidate ! » ( je suis le producteur du candidat). Mira Nair, célèbre cinéaste indo-américaine, a ainsi fait un jeu de mot en raison de son métier et de son rôle de « génitrice » Maintes fois consacrée dans les festival et les rencontres importantes du septième art, cette grande figure du cinéma , réalisatrice et productrice, est surtout connue pour diriger des films indépendants.
Aujourd’hui, Mira Nair, 68 ans, a derrière elle une riche carrière de films qui ont crevé le grand écran, axés essentiellement sur la société indienne et les sujets économiques, sociaux ou culturels. Après des années passées à réaliser des films documentaires, Mira Nair a fait une entrée éclatante dans le monde du cinéma avec son premier long-métrage Salaam Bombay ! (1988). Devenu un classique, il a reçu cette année-là, plus de 25 prix internationaux y compris l’Oscar du meilleur film en langue étrangère et la Caméra d’or au Festival de Cannes. Son deuxième film, Mississippi Masala (1991) a raflé trois prix à Venise. Mira Nair a également réalisé The Perez Family (1993), Kama Sutra : A Tale of Love (1996), My Own Country (1998) et The Laughing Club of India (1999). En 2001, Le Mariage des moussons lui vaut le prix du Lion d’or à la Mostra de Venise,. En 2012, Mira Nair recevait la Padma Bhushan, une décoration prestigieuse décernée par le président de l'Inde.
Activiste déclarée en juillet 2013, Nair a décliné une invitation au Festival international du film de Haïfa en tant qu'« invitée d'honneur » pour protester contre la politique israélienne en Palestine. Précisant : « Je n’irais en Israël que lorsque l'apartheid sera terminé. » Sa belle-fille, Rama en fait autant, comme en témoigne une série poignantes d’illustrations qu’elle poste sur son compte Instagram, exprimant son grand élan vers les Gazaouis.




Des gens géniaux, dans tous les sens du mot.
17 h 09, le 24 novembre 2025