L'entée d'une école dans le Metn le 21 novembre 2025. Photo d'illustration L'Orient-Le Jour
L’indice des prix à la consommation (IPC) en livres libanaises, calculé par l’Administration centrale des statistiques, a augmenté de 3,23 % en octobre, après deux mois consécutifs marqués par des hausses mensuelles inférieures à 1 %. Une tendance notamment portée par les prix dans l'éducation.
Conséquence directe, l’IPC affiche désormais un taux d’augmentation en rythme annuel de 16,42 %, le plus élevé depuis décembre 2024 (18,12 %), et ce alors que le taux de change est stabilisé par la Banque centrale depuis deux ans à 89 500 livres libanaises pour un dollar.
Dans le même temps, l’indice des prix mondiaux des denrées alimentaires calculé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a baissé en septembre et en octobre. Les prix mondiaux du pétrole sont globalement en recul depuis la mi-juin, tandis que ceux du gaz naturel — que le Liban n’utilise actuellement pas dans son mix énergétique — sont en hausse à l’approche de l’hiver.
Si plusieurs facteurs propres à la situation du pays, où domine une économie du cash depuis le début de la crise financière déclenchée en 2019, expliquent cette évolution, la hausse de l’IPC en octobre est liée à celle de deux sous-indices en particulier, qui ont affiché des taux de croissance à deux chiffres. Celui mesurant l’évolution des dépenses d’éducation a bondi de 35,40 % en un mois (+76,80 % en un an), répercutant les nouveaux frais de scolarité pour l’année en cours. Plus surprenant, le second, qui intègre les prix des loisirs, a pris 28,60 % (+40,44 %). Troisième plus forte hausse, les vêtements (+5,47 % ; +7,87 %), devant les prix des aliments et des boissons non-alcoolisées (+1,22 % ; +19,43 %) La baisse la plus importante est enregistrée au niveau des prix des transports (-0,96 % ; +3,94 %).
Au niveau régional libanais, l’IPC a augmenté partout : une hausse de 2,62 % à Beyrouth, de 3,94 % dans le Mont-Liban, de 2,55% dans le Nord, de 2,69 % dans la Békaa et de 2,18 % à Nabatiyé.
Malgré l’importance des hausses dans l’éducation et les loisirs, ce sont les prix des denrées alimentaires qui ont suscité des réactions cette semaine.
Jeudi, le président du Syndicat des importateurs de denrées alimentaires, Hani Bohsali, a déclaré, selon des propos rapportés par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), que « les hausses des prix alimentaires au Liban sont exagérées » et que celles constatées récemment, entre 3 et 5 %, ne concernent qu’une catégorie limitée de produits.
M. Bohsali a expliqué que ces hausses sont principalement liées à des facteurs externes, comme l’augmentation des prix de certaines matières premières agricoles et la hausse de l’euro, ainsi qu’à des facteurs internes, notamment la montée des coûts de transport, des salaires, des loyers et de l'énergie. Il a ajouté que, d’après les rapports de l’Organisation mondiale de l’alimentation, une baisse de certains prix agricoles est attendue, ce qui pourrait se répercuter positivement sur le marché dans les mois à venir.


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