Monsieur le Ministre,
Cette question n’est pas ironique. Elle est le cri d’un peuple à bout, d’une citoyenne qui ne sait plus vers qui se tourner. Depuis votre nomination, rien, absolument rien, ne laisse penser que vous avez pris vos fonctions.
Les routes du Liban sont toujours des zones de non-droit. Les lampadaires sont éteints, les trottoirs défoncés, les chaussées impraticables. Les motards roulent à contresens, sans casque, sans plaque, sans frein, et sans la moindre crainte d’une sanction. Les voitures délabrées circulent librement, les feux rouges sont ignorés, les klaxons remplacent les règles.
Conduire aujourd’hui, c’est risquer sa vie. Chaque nuit, des jeunes meurent, des familles sont brisées et personne ne rend de comptes.
Partout, l’insécurité grandit. Les vols à l’arraché se multiplient, les sacs se volent en plein jour, les femmes sont agressées, les cambriolages se répètent et les coups de feu ne choquent plus personne. Et pourtant, jamais une patrouille visible, jamais une présence dissuasive, jamais une réaction du ministère.
Monsieur le Ministre, la sécurité, l’ordre public, la circulation, la protection des citoyens sont vos attributions. Ce ne sont pas des dossiers complexes ni des négociations internationales. Ce sont les bases de la vie quotidienne, les fondations d’un État présent. Et aujourd’hui, l’État, par votre silence, semble absent.
Où sont vos campagnes de sécurité routière ? Où sont les contrôles techniques des véhicules ? Où sont les sanctions contre les chauffards ? Où sont les patrouilles qui rassurent la nuit ?
Votre silence résonne comme une démission. Votre absence
comme une abdication.
Le Liban n’a pas besoin d’un ministre de plus qui occupe un fauteuil. Il a besoin d’un responsable qui assume.
Nous ne vous demandons pas l’impossible : seulement d’être là.
De faire votre travail. De protéger les citoyens. De remettre un peu d’ordre, de discipline et de lumière dans un pays qui s’enfonce chaque soir un peu plus dans le chaos et l’obscurité.
Chaque vie perdue sur nos routes, chaque femme agressée, chaque enfant effrayé dans nos rues est un rappel brutal de ce que coûte votre inaction.
Monsieur le Ministre, si vous avez réellement pris vos fonctions, il est temps de le montrer.
Et si ce n’est pas le cas, ayez au moins le courage de le reconnaître.
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