Il est toujours amusant de constater la facilité avec laquelle on sait retourner sa veste au Moyen-Orient. Un peu comme si avec les années, le craquement des coutures finissait par libérer le corps et l’esprit de tout scrupule, permettant toutes les culbutes improbables.
La palme du virage sur l’aile à 180 degrés, le trophée de la volte-face et l’oscar du tête-à-queue sont attribués cette semaine au brave Abarberacourcix, l’Intérimaire de Syrie qui force sur la tondeuse au fur et à mesure qu’il s’éloigne des gueux à babouches et en chemise de nuit de son ancien fan club et se rapproche ostensiblement des dirigeants occidentaux gominés. En attendant de monter encore plus en grade et d’acquérir un vrai rasage de près, façon peau de bébé, dès l’instant où il signera un traité de défense en bonne et due forme avec le Trumpinambour aux cheveux jaunes. Certes, il a kidnappé, égorgé et dépecé un peu dans sa jeunesse, mais c’était juste pour se faire la main, comme on dit. En revanche, attention ! Il priait à l’époque cinq fois par jour, ne mangeait pas de cochon et haïssait l’Occident et Israël. Ce qui en ce temps autorisait ces quelques écarts mineurs et valait tous les satisfecit. Mais les temps changent, et l’homme s’est fait depuis de nouveaux copains de l’autre côté du sèche-linge. Il lui aura fallu juste ranger son poignard et le remplacer par un stylo.
L’autre maître de la culbute cabriolée est un ponte bien de chez nous : le Basileus. Patron et dernier des caciques du Parti agrume, il a passé son temps l’année dernière à casser du sucre sur le dos de ses anciens potes jadis barbus, aujourd’hui rasés gratis « sur le chemin du Litani ». Pendant des mois, il n’a pas eu de mots assez durs pour fustiger leur cavalier-seul solidaire dans la purée de Gaza. Et puis brusquement ne voilà-t-il pas qu’il pirouette et redémarre une danse du ventre assidue devant ce parti déplumé, dans l’espoir d’un retour rapide sur investissements aux prochaines législatives. Et alors ? Tout le monde fait des erreurs de jeunesse, plaide-t-il. Lui est resté jeune très longtemps, c’est tout. Ce fils à Beau Papa demeure en tout cas un fouineur-chicaneur incontesté, à l’affût de problèmes qui n’existeraient pas s’il n’était venu les touiller. Bref, cet homme aux sincérités successives en aura fait des étincelles, mais finalement sans beaucoup d’éclat.
À partir de ces deux spécimens, on peut généraliser à l’infini. Ainsi va le Moyen-Orient. S’il est vrai que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, alors les dirigeants d’ici et du voisinage, à la vitesse où ils négocient leurs virages, doivent être supérieurement brillants.
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Le gendron Imbassil a dû se rendre à l’évidence que sans l’appui des fossoyeurs de son pays, les barbus, il ne pèse pas grand chose dans le visage politique. Étant donné son acharnement à noyer son pays pour pouvoir sortir sa tête de l’eau. Il sait qu’il n’a plus rien à prouver puisqu’il est mort et rien ni personne ne pourra le ressusciter. Alors il joue son va tout en se disant, « aktar min El irde ma massakho rabna.
11 h 22, le 18 novembre 2025