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Campus - Savoir Académique

La recherche universitaire à l’USEK : avec et pour la société

L’université a été classée première au Liban, selon l’indicateur recherche du SCImago Research Group Institutions Rankings (SIR) de 2025.

La recherche universitaire à l’USEK : avec et pour la société

Le Pr Walid Hleihel, vice-recteur à la recherche à l’USEK. Photo Toni Bassil (USEK)

Dans un monde en constante mutation, marqué par des crises successives et des défis globaux, la recherche universitaire constitue le socle qui permet aux sociétés de trouver des réponses à des problèmes complexes et de renforcer leur résilience, comme tient à le préciser le Pr Walid Hleihel, vice-recteur à la recherche à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK).

À la tête de la recherche à l’USEK depuis 2022, ce docteur en physiologie et pharmacologie, pour qui « une université n’est pas simplement une institution d’enseignement » mais « un espace vivant où le savoir se construit, se questionne et s’actualise », estime que « la recherche est ce qui distingue une université, ce qui nourrit son excellence académique et ce qui fonde sa légitimité ». « La recherche universitaire, avance-t-il, n’est pas théorique ou abstraite : elle répond à des besoins réels et concrets, en santé, en éducation, en énergie, en environnement, en société. Elle éclaire les politiques publiques, guide les décisions et propose des solutions adaptées aux réalités locales. » Soulignant l’importance de l’impact sociétal de la recherche, notamment au niveau des enjeux du développement durable, le Pr Hleihel considère qu’une recherche n’a de sens que si elle sort des laboratoires pour se traduire dans la vie quotidienne. « C’est le rôle de la recherche-action : construire des projets avec et pour la société, en interaction constante avec les acteurs de terrain. C’est ainsi qu’elle produit des réponses concrètes, mesurables et utiles aux citoyens », explique-t-il, rappelant au passage que la pandémie du Covid-19 a montré une vérité fondamentale : en temps de crise, face à l’imprévu, la recherche apporte des réponses et permet de gagner en confiance.

Soulevant par ailleurs le défi pédagogique que cette dernière pose aux universités, le responsable et chercheur académique explique que l’USEK mise aujourd’hui sur une approche expertise-driven (axée sur l’expertise) mais humble, consistant à associer des étudiants à des projets financés, à des publications, à des collaborations internationales. « Les étudiants ne doivent pas rester spectateurs mais devenir des acteurs de la production du savoir et participer à des projets qui développent leur esprit critique, leur créativité, leur sens des responsabilités, mais aussi l’échange international, l’acquisition de savoir-faire, l’implémentation et surtout la transmission de ces connaissances », précise-t-il. Et d’ajouter : « Il ne s’agit pas d’un exercice de prestige mais d’une conviction qu’impliquer les jeunes dans la recherche est le meilleur moyen de les préparer pour qu’ils deviennent des professionnels compétents, surtout responsables et ouverts sur le monde. »

Multidisciplinarité et recherche collaborative

« La recherche se construit aujourd’hui en réseaux », affirme le chercheur académique. « Aucun établissement ne peut avancer seul. Les partenariats entre universités, centres de recherche et institutions locaux ou internationaux sont essentiels pour élever la qualité scientifique et donner une visibilité mondiale aux chercheurs et leur permettre en même temps de rejoindre des réseaux internationaux engagés pour un avenir plus durable », poursuit-il, avant de rappeler que « ce qui compte, ce n’est pas la quantité de collaborations ni l’accumulation d’articles. Ce qui importe, ce sont de vrais projets, durables, orientés vers l’impact, construits dans un esprit d’équipe et de complémentarité des expertises ».

D’après le vice-recteur à la recherche de l’USEK, la recherche doit être « multidisciplinaire » pour relever les grands défis contemporains. « Les problèmes complexes ne peuvent pas être traités dans des silos », indique-t-il, soulignant la primordialité de la recherche collaborative et la nécessité « de croiser les regards pour mieux comprendre la réalité, et apporter, par conséquent, des solutions plus complètes, plus innovantes et plus adaptées en fonction des besoins de la société ».

« Le Liban est un petit pays et ne peut donc se permettre de disperser ses moyens et ses énergies dans des efforts isolés », fait-il remarquer. Pour optimiser et professionnaliser la recherche, la rendre encore plus pertinente, et surtout éviter l’éparpillement, les universités, plus particulièrement celles de premier plan, devraient à ses yeux « collaborer, unir leurs forces et travailler ensemble sur des projets d’envergure nationale et internationale, reconnus et partagés, et qui profitent à tous ».

Préconisant « une autre façon de faire de la recherche », « c’est en fédérant les efforts que nous maximiserons son impact », a-t-il encore insisté, saluant à ce stade les stratégies menées à la fois par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et certaines ambassades qui, à son avis, « jouent un rôle déterminant en soutenant, en coordonnant et en rassemblant toutes les initiatives ».

Une vision à long terme

Fidèle à son image et consciente de la place qu’occupe la recherche au sein d’un établissement d’enseignement supérieur, l’USEK, après avoir dressé un état des lieux, a identifié ses priorités de recherche dont, entre autres, l’environnement, la santé, le patrimoine et l’IA, ainsi que l’éthique. Privilégiant l’éthique, la rigueur scientifique et la qualité comme fondements, l’université prône par ailleurs une démarche « collective, ouverte et progressive » qui lui permet d’avancer avec constance et d’inscrire tous ses projets dans le cadre d’une vision durable. « Nous travaillons tous ensemble, chercheurs, étudiants et structures de soutien, en collaboration avec les secteurs public et privé, pour les développer dans un esprit de complémentarité », affirme le Pr Hleil, tout en clarifiant que les différentes unités du bureau du vice-recteur à la recherche accompagnent chercheurs et étudiants pour que leurs résultats se traduisent en applications concrètes, que ce soit par le Technology Transfer Office (bureau du transfert de technologie), l’ACIE (Asher Center for Innovation and Entrepreneurship), ou encore par le soutien aux publications et aux projets collaboratifs.

« Notre démarche est pragmatique et humble : contribuer, étape après étape, à des avancées réelles et durables, en veillant à ce que l’innovation serve directement la société », a-t-il encore ajouté.

Cette démarche adoptée depuis quatre ans bénéficie du soutien constant de l’université, plus particulièrement du nouveau président le père Joseph Moukarzel, qui encourage et accompagne activement la recherche. « Ce soutien institutionnel est un levier essentiel pour transformer nos ambitions en réalisations concrètes », précise-t-il, avant de poursuivre : « Pour que la recherche joue pleinement son rôle, il faut une vision à long terme : des financements adaptés, des infrastructures modernes, une culture d’excellence et de collaboration. »

« Nous le disons avec humilité, non comme un objectif atteint, et avec une détermination à poursuivre le chemin. C’est ainsi qu’une université devient un moteur de développement, d’innovation et de rayonnement pour son pays », a-t-il poursuivi.

« En définitive, la recherche universitaire n’est pas un luxe, assure le Pr Hleihel. C’est une priorité nationale et un outil stratégique pour former les jeunes, renforcer la société, répondre aux crises, innover et s’ouvrir au monde. Mais elle ne doit jamais perdre le cap : rester humaine, éthique et humble, guidée par la qualité, ouverte à la multidisciplinarité, portée par la collaboration et connectée à la société grâce à la recherche-action. C’est de cette manière qu’elle peut réellement transformer les sociétés. »

Dans un monde en constante mutation, marqué par des crises successives et des défis globaux, la recherche universitaire constitue le socle qui permet aux sociétés de trouver des réponses à des problèmes complexes et de renforcer leur résilience, comme tient à le préciser le Pr Walid Hleihel, vice-recteur à la recherche à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK). À la tête de la recherche à l’USEK depuis 2022, ce docteur en physiologie et pharmacologie, pour qui « une université n’est pas simplement une institution d’enseignement » mais « un espace vivant où le savoir se construit, se questionne et s’actualise », estime que « la recherche est ce qui distingue une université, ce qui nourrit son excellence académique et ce qui fonde sa légitimité ». « La recherche...
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