Une vue de la grotte de Jeïta. Photo d'archives ANI
Le tollé suscité par un mariage dans la grotte de Jeïta (Kesrouan), révélé par des images sur les réseaux sociaux en début de semaine, se poursuit. Alors que les critiques ont fusé contre la municipalité de Jeïta et la ministre du Tourisme Lara Khazen Lahoud, principale responsable du dossier au sein du gouvernement, celle-ci a annoncé jeudi dans une vidéo sur X la fermeture de la grotte « le temps de l’enquête » décidée par le Premier ministre Nawaf Salam, promettant « des mesures légales et administratives » en cas de dégâts occasionnées par la fête.
La municipalité et le ministère avaient annoncé en juillet dernier la réouverture de la grotte, fermée depuis novembre 2024 suite au décès de Nabil Haddad, PDG de MAPAS-Liban, la filiale d’un groupe allemand qui avait géré le site depuis 1993, en vertu d'un contrat prorogé plusieurs fois. Cet accord donnait à la municipalité la responsabilité de la gestion de la grotte à l’écosystème fragile, mais supposait une supervision du ministère et du Spéléo-Club du Liban. En 2011, la grotte de Jeïta était finaliste dans la compétition des « sept nouvelles merveilles du monde ».
Dans sa vidéo, Mme Lahoud réaffirme ne pas avoir été au courant « des détails » de la cérémonie, soulignant que « la municipalité de Jeïta a exposé le sujet oralement, sans présenter une demande écrite comme cela est convenu dans le cadre de l’entente entre la municipalité et le ministère ». Et d'insister : « Le ministère du Tourisme n’a reçu aucun détail et n’a donné aucune approbation officielle pour la tenue de ce mariage. »
Un avertissement écrit
« Dès que nous avons été informés, nous avons immédiatement pris les mesures nécessaires », affirme-t-elle, dont « un avertissement écrit adressé à la municipalité », lui rappelant l’interdiction d’utiliser des sites patrimoniaux ou symboliques pour des événements sans autorisation préalable, selon une circulaire de la primature déjà au cœur de la polémique suscitée fin septembre par la projection de portraits d’anciens chefs du Hezbollah sur le rocher de Raouché, à Beyrouth.
« La deuxième mesure est la fermeture temporaire de la grotte de Jeïta et la formation d’un comité d’experts, dont des membres du Spéléo-Club du Liban, chargé d’évaluer d’éventuels dommages », explique Mme Lahoud. La troisième consiste à « mettre toutes les capacités du ministère à la disposition de l’enquête » : si des dégâts sont constatés, « toutes les mesures légales et administratives seront prises », sans expliciter le partage des responsabilités et sur ce que cela impliquerait pour la municipalité.
Elle a également annoncé la finalisation du cahier des charges d’un appel d’offres pour une gestion à long terme de la grotte, dans un cadre « transparent et concurrentiel », et promis de garder le public informé (des résultats de l’enquête) en toute transparence.
Par ailleurs, le ministère du Tourisme a également publié un communiqué jeudi démentant que la ministre était présente lors de ce mariage suite à des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, l'y montrant ainsi qu'« un petit groupe de musiciens ». Il s'agit en réalité d'images tournées lors de la cérémonie de réouverture de la grotte le 21 juillet, précise le texte.
Intervention du ministère de l'Environnement
Le ministère de l’Environnement a indiqué, dans un communiqué, « suivre avec une grande attention les informations sur l’incident survenu dans la grotte de Jeïta », rappelant qu'il s'agit d'un site naturel « unique, classé au niveau national comme monument naturel et touristique, et qui requiert les plus hauts niveaux de protection et de soin ».
Le communiqué précise que « la grotte de Jeïta relève, sur le plan administratif et organisationnel, du ministère du Tourisme », qui assure la coordination directe avec la municipalité de Jeïta et les parties concernées pour la gestion et l’exploitation du site. «Quant au ministère de l’Environnement, il ne dispose d’aucune compétence exécutive directe dans la gestion de la grotte, mais il est chargé de suivre les répercussions environnementales potentielles de tout incident ou activité pouvant l'affecter », ajoute-t-il.
Le ministère poursuit en indiquant que, « dans ce cadre, (il) participera, par le biais d’experts spécialisés, à la commission formée pour évaluer les impacts environnementaux de ce qui s’est produit et formuler les recommandations scientifiques nécessaires afin de garantir la protection du site et la préservation de ses formations géologiques ».
Le texte conclut en réaffirmant la volonté constante du ministère de « préserver les richesses naturelles et de renforcer la coopération et la coordination entre les ministères et institutions concernés dans l’intérêt général ».



Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
Bcp de bla bla bla... et de belles paroles... Il fallait agir et vite! Les dégats sont bien évidents! C'est une honte et une insulte! On punit et jette en prison des citoyens pour des délits bcp moins graves et là on attend quoi??? Corruption et hiérarchie comme d'habitude! C'est rageant!
15 h 15, le 07 novembre 2025