Des véhicules de la Finul garés dans le quartier général des Casques bleus à Naqoura, au Liban-Sud, le 8 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a estimé mardi que des négociations avec Israël, réclamées par Washington et que le président Joseph Aoun estime inévitables, pouvaient se faire via le comité de surveillance du cessez-le-feu (le « Mécanisme »), avec la participation éventuelle d'experts « civils ou militaires ». Une option évoquée alors que le chef de l'Etat a réitéré dans la journée que des pourparlers constituaient un « choix consensuel » au Liban, tandis qu'Israël n'a pas encore tranché selon lui la question.
Selon les informations de L'OLJ, l'élargissement du Mécanisme pour y inclure des civils, une suggestion faite par l'émissaire américaine Morgan Ortagus, fait l'objet d'un accord de principe des différents pôles du pouvoir libanais. La formule que le Liban envisage d’accepter consiste en ce que l’armée ait recours à des figures « civiles et techniciennes » pour étudier certains dossiers. Une formule assez vague qui pourrait ne pas suffire à Israël qui réclamait de son côté des figures « diplomatiques et officielles ».
Lors d'une réunion à Aïn el-Tiné, le chef du Législatif a confirmé que Mme Ortagus avait évoqué la question des négociations lors de sa visite de la semaine dernière à Beyrouth, peu avant une réunion du Mécanisme au Liban-Sud. Ce comité est constitué de représentants libanais, israéliens, américains, français et de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul). Selon Nabih Berry, des négociations pouvaient prendre la forme de réunions de ce groupe « qui doit se réunir régulièrement », et qui pourrait consulter des « experts civils ou militaires si besoin. » Il a rappelé que c'est selon cette procédure qu'avaient eu lieu les négociations indirectes entre Beyrouth et Tel-Aviv sur le tracé de la frontière maritime, qui avait débouché à un accord en octobre 2022. Ces pourparlers avaient eu lieu via une médiation de l'ONU et des Etats-Unis, des comités techniques, mais sans contact direct entre les responsables libanais et israéliens.
L'administration américaine pousse, elle, pour des négociations directes sur la question du tracé de la frontière terrestre, de la fin des attaques et du retrait israélien du Sud, et l'émissaire US Tom Barrack avait notamment menacé la semaine dernière d'une escalade israélienne si ces discussions n'étaient pas lancées rapidement. Samedi, M. Barrack avait indiqué que le Liban est « à court de temps ». Le Hezbollah avait, par la voix de son chef Naïm Kassem, rejeté vendredi tout nouvel accord avec Israël.
« Les Libanais diront non à la normalisation »
M. Berry a en outre souligné que des informations israéliennes, également évoquées par Mme Ortagus à Beyrouth, selon lesquelles le Hezbollah continue de s'approvisionner en armes via la Syrie ne sont que « des purs mensonges ». « Les États-Unis, qui contrôlent le ciel à l’aide de satellites, le savent parfaitement », a-t-il affirmé.
Il a encore déclaré que le Hezbollah avait « totalement respecté les modalités de l'accord de cessez-le-feu », qui prévoit notamment le démantèlement de son arsenal, à commencer par le sud du Litani, une région dans laquelle l'armée libanaise a pu déployer « plus de 9.000 soldats et officiers ». « Ce qui entrave le déploiement de la troupe jusqu'aux frontières internationalement reconnues, c'est que l'armée israélienne continue d'occuper de vastes pans du Sud », a critiqué le chef du Législatif, en allusion aux six positions encore occupées le long de la frontière. L'accord de cessez-le-feu de novembre 2024 prévoit le retrait total de l'armée israélienne du Sud et la fin des frappes, qui se poursuivent elles aussi au Sud et dans la Békaa principalement, et ont déjà fait depuis le début de la trêve plus de 300 morts.
Nabih Berry a en outre écarté la possibilité que le Liban normalise ses relations avec l'Etat hébreu. « J’ai confiance dans le fait que les Libanais diront non à la normalisation. »
Réactivation du « Mécanisme »
De son côté, le président Aoun, qui recevait une délégation britannique emmenée par le sous-secrétaire d’État britannique pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Hamish Falconer, a insisté sur l'importance de réactiver le « Mécanisme ». Le chef de l'Etat, qui avait remis le sujet des négociations sur la table le 13 octobre, le jour du sommet de la paix pour Gaza de Charm el-Cheikh, a dit l'avoir fait pour « mettre fin à l’occupation israélienne dans le Sud et à ses conséquences », soulignant que c'était un « choix national consensuel ». Il a encore réitéré son appel à la communauté internationale pour qu'elle fasse pression sur Israël pour son retrait des territoires libanais qu'il occupe encore, « ce qui permettra à l'Etat d’y assurer pleinement la sécurité et de lancer le processus de reconstruction. » M. Aoun avait déjà lancé un appel similaire dans la matinée, alors qu'il recevait le ministre néerlandais de la Défense, Ruben Brekelmans.
De son côté, le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, qui a également reçu la délégation britannique, a insisté sur le fait que la diplomatie est « la seule voie possible » et que le Hezbollah « doit le comprendre », insistant sur la nécessité de tenir le Liban loin de la politique des axes régionaux. « C’est à Israël de prouver son engagement à respecter ses obligations en vertu de l'accord de cessez-le-feu, de se retirer des territoires libanais occupés, de restituer les prisonniers et de cesser ses attaques quotidiennes », a ajouté M. Raggi. Le ministre britannique a pour sa part condamné les agressions israéliennes continues, estimant que le Liban va connaître jusqu'à la fin de l'année, délai imparti pour le désarmement, une « période critique ».



Aoun n’a toujours pas compris que Berry, son nouvel ami chuchoteur utilise tous les subterfuges pour l’écarter des négociations et se mettre en avant afin de regagner du galon et se positionner en seul décideur dans notre pays. On se réveille Président. Assez d’enfantillage. On sait qu’à la base vous êtes militaire et non politicien, mais vous pouvez aussi vous inspirer des erreurs commises avant vous pour les éviter. Ne vous laissez pas berner par ce renard qui jusqu’à maintenant a eu la peau de tous vos prédécesseurs qui ont survécu
10 h 32, le 05 novembre 2025