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Économie - Dans La Presse

Pour contourner les sanctions, des associations du Hezbollah seraient passées au paiement numérique via des particuliers

Un haut responsable du Trésor américain est attendu au Moyen-Orient pour contrer les « activités déstabilisatrices » de l'Iran.

Pour contourner les sanctions, des associations du Hezbollah seraient passées au paiement numérique via des particuliers

Des partisans du Hezbollah défilent dans la banlieue sud de Beyrouth début août 2025. Photo Mohammad Yassine/L’OLJ

Pour faire face aux restrictions internationales liées à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, des associations caritatives liées au Hezbollah, sanctionnées par les États-Unis, ont désormais recours à des plateformes de paiement numérique ayant des partenariats avec des sociétés américaines, rapportait dimanche le Financial Times (FT).

Dernièrement, des associations liées aux programmes d'aides sociales du parti chiite auraient, selon le média britannique, demandé aux donateurs de transférer des fonds vers des portefeuilles numériques détenus par des particuliers via la société financière Whish Money, ou son concurrent OMT. « Faire transiter des fonds via des individus non sanctionnés plutôt que par des comptes officiels d’associations caritatives augmente la probabilité que les outils de filtrage des sanctions et les procédures dites de KYC (Know your customer) ne détectent pas les liens entre le bénéficiaire des virements et le bénéficiaire final », explique le journal.

« Inquiétudes » face à l'utilisation des fournisseurs de services financiers

Pour faciliter les services de transferts transfrontaliers, Whish Money s’est associé aux géants américains des cartes de paiement Visa et Mastercard, qui ont annoncé en août que cette collaboration permettrait aux utilisateurs libanais de charger leur portefeuille Whish avec leurs cartes bancaires. On trouve désormais des agences de cette société partout au Liban et de plus en plus sont dotées, à l'instar des banques traditionnelles, de distributeurs de billets. Le Financial Times estime que ce phénomène de versements via des sociétés de transferts « soulève des inquiétudes » quant à la capacité de ces entreprises d'endiguer les flux financiers à destination d'organismes sous sanctions américaines.

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Contactées par le journal ces derniers mois, trois associations du Hezbollah — l’Association Emdad, la Fondation des Martyrs (toutes deux sous sanctions américaines), ainsi que la Fondation des Blessés — ont demandé que les dons soient transmis via Whish Money ou OMT. Elles ont fourni aux journalistes des noms d’individus et des numéros de téléphone libanais associés à des portefeuilles Whish Money pour recevoir les dons. Des guichetiers dans trois agences Whish Money distinctes ont confirmé que ces portefeuilles étaient actifs. Le Financial Times précise que « chacun des numéros de téléphone était rattaché à une personne physique, et non à un compte professionnel d’association, ce qui suggère que ces individus collectaient les dons au nom des associations ». Toutefois, le quotidien souligne que « l’un des numéros figure aussi sur le site Internet de la Fondation des Martyrs, soulevant des questions sur le niveau de diligence de Whish Money quant au titulaire du compte ».

Récolte de fonds à l'international

Le mois dernier, Wataawanou (« Coopérons »), une association réputée pour ses liens avec le Hezbollah et affirmant ne pas être sous sanctions américaines, a annoncé que Whish Money avait suspendu son compte destiné aux dons.

Dans le cas d’OMT, des employés de cette plateforme ont indiqué au Financial Times que les individus ne disposaient pas de portefeuilles mais pouvaient retirer en espèces les sommes envoyées par les donateurs, grâce à leur nom et numéro de téléphone. Des documents consultés par le journal, ainsi que des captures d’écran de conversations WhatsApp et un enregistrement d’échanges avec des bénéficiaires, laissent penser que ces associations collectent également des fonds à l’international via certains de ces mêmes intermédiaires. Un virement en dollars a notamment été envoyé depuis la République démocratique du Congo — où vit une importante colonie libanaise — à un individu représentant Emdad via le partenaire international de Whish Money, RIA.

Whish Money a fait savoir que chaque utilisateur était « rigoureusement et continuellement » contrôlé sur base des listes de sanctions internationales et d'une liste de la Banque du Liban, et que toutes les transactions étaient surveillées « afin de détecter et d'empêcher toute forme de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme », selon le journal. En juillet, la BDL avait publié la circulaire n° 170 interdisant aux banques, institutions financières, sociétés de courtage, fonds d’investissement collectif et tout autre organisme sous sa supervision de traiter, directement ou indirectement, avec des entreprises non agréées, « notamment celles sanctionnées par l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor américain ».

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Contactées par le Financial Times, Visa a indiqué qu'elle se conformait à toutes les réglementations applicables et exigeait la même chose de ses clients et partenaires, tandis que Mastercard a affirmé qu'il surveillait l’activité de son réseau.

Tournée du sous-secrétaire US au Trésor dans la région

Le bureau des relations avec la presse étrangère du Hezbollah a transmis aux journalistes des déclarations de la Fondation des Blessés et de la Fondation des Martyrs, qui ont toutes deux mis en avant leur action humanitaire et déclaré ne pas disposer de comptes officiels chez Whish Money ou OMT.

L'article a été publié dans le Financial Times alors que le principal responsable des sanctions au sein du département du Trésor américain, John Hurley, est attendu au Moyen-Orient, notamment au Liban, pour engager la lutte contre les « activités déstabilisatrices de l'Iran », selon un communiqué. M. Hurley, qui est sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier, doit se rendre en Israël, aux Émirats arabes unis, en Turquie et au Liban. « J’ai hâte de rencontrer nos partenaires afin de coordonner nos efforts pour priver Téhéran et ses mandataires de l’accès financier dont ils dépendent pour contourner les sanctions internationales, financer la violence et miner la stabilité de la région », ajoutait le texte publié par le responsable.

Les routes d'approvisionnement en armes et en fonds du Hezbollah ont été bloquées depuis près d'un an, d'une part par la fermeture des axes passant par la Syrie après la chute du régime Assad qui était l'allié du parti chiite, et d'autre part par l'interdiction des vols entre Téhéran et Beyrouth. Au cours des derniers mois, plusieurs passagers ont été arrêtés à l'Aéroport international de Beyrouth, mais aussi à l'étranger, avec des valises d'argent à destination du Hezbollah.

Pour faire face aux restrictions internationales liées à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, des associations caritatives liées au Hezbollah, sanctionnées par les États-Unis, ont désormais recours à des plateformes de paiement numérique ayant des partenariats avec des sociétés américaines, rapportait dimanche le Financial Times (FT).Dernièrement, des associations liées aux programmes d'aides sociales du parti chiite auraient, selon le média britannique, demandé aux donateurs de transférer des fonds vers des portefeuilles numériques détenus par des particuliers via la société financière Whish Money, ou son concurrent OMT. « Faire transiter des fonds via des individus non sanctionnés plutôt que par des comptes officiels d’associations caritatives augmente la...
commentaires (1)

C’est très bien, ils savent au moins par qui ils sont contrôlés. Ils ne vont pas faire comme s’ils avaient inventé la poudre, nous les avons déjà vu réussir leurs coups avec les nippées commandes et payés sous cape.

Sissi zayyat

19 h 47, le 03 novembre 2025

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Commentaires (1)

  • C’est très bien, ils savent au moins par qui ils sont contrôlés. Ils ne vont pas faire comme s’ils avaient inventé la poudre, nous les avons déjà vu réussir leurs coups avec les nippées commandes et payés sous cape.

    Sissi zayyat

    19 h 47, le 03 novembre 2025

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