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Politique - Attaques Israéliennes

Aoun : Le Liban est prêt à négocier avec Israël, mais cela ne peut se faire « à sens unique »

L'Allemagne est « disposée à soutenir l’armée libanaise lors de la prochaine conférence internationale », affirme le chef de la diplomatie allemande à Beyrouth.

Aoun : Le Liban est prêt à négocier avec Israël, mais cela ne peut se faire « à sens unique »

Le président Joseph Aoun recevant le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, le 31 octobre 2025. Photo Ani

Le chef de l'État Joseph Aoun a affirmé vendredi, devant le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, que le Liban est « prêt à négocier » avec Israël tout en accusant ce dernier de répondre à l'offre de négociations par une intensification de ses frappes.

« Le Liban est prêt à négocier pour mettre fin à l’occupation israélienne, mais toute négociation ne peut se faire à sens unique ; elle nécessite une volonté réciproque, qui n’existe pas encore. Quant à la forme, au moment et au lieu des négociations, ils seront déterminés ultérieurement », a souligné M. Aoun, selon des propos rapportés par la présidence sur X. Il a dans ce cadre expliqué que ce choix « vise à récupérer notre terre occupée, à ramener les prisonniers et à obtenir le retrait complet des collines (occupées), mais cette option n’a été confrontée de l’autre côté (israélien) que par davantage d’agressions contre le Liban, dans le Sud et la Békaa, avec une escalade croissante ».

Pour Joseph Aoun, « le fait qu’Israël ne réponde pas aux appels réitérés à cesser ses attaques confirme que sa décision agressive reste son premier choix, ce qui fait peser une responsabilité sur la communauté internationale pour soutenir la position du Liban appelant à assurer la sécurité et la stabilité ».

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Le président a ainsi appelé le chef de la diplomatie allemande à « faire pression sur la communauté internationale, l’Union européenne et les États-Unis pour qu'Israël respecte le cessez-le-feu conclu en novembre dernier, permette à l’armée libanaise de se déployer jusqu’à la frontière internationale dans le Sud et poursuive la mise en œuvre des plans établis pour étendre la souveraineté du Liban sur l’ensemble de son territoire ». « Nous ne sommes pas des partisans de la guerre, car nous l’avons vécue et en avons tiré des leçons ; c’est pourquoi nous voulons rétablir la stabilité au Liban, en commençant par le Sud », a-t-il ajouté.

« Dix mille soldats au Sud »

Joseph Aoun a par ailleurs indiqué que l'armée, qu'il a chargée jeudi de « faire face » à toute nouvelle incursion israélienne en territoire libanais suite à l'attaque de Blida et au meurtre d'un fonctionnaire municipal, accomplit pleinement son devoir au sud du Litani, en plus de ses nombreuses missions sur l’ensemble du territoire national. Il a également souligné que « le Liban accueille favorablement tout soutien à l’armée et la mise à disposition des moyens nécessaires pour lui permettre de remplir pleinement son rôle dans la préservation de la souveraineté et de l’intégrité du pays ».

Le président de la République a aussi annoncé que « les effectifs de l’armée dans le Sud passeront à dix mille soldats avant la fin de l’année, et que la coopération se poursuit entre la troupe et les forces internationales opérant dans la région ». Il a enfin souligné que « l’armée est la seule garantie pour protéger le Liban et défendre sa souveraineté, et qu’aucune sécurité durable n’est possible sans elle ».

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Ses propos interviennent alors que la communauté internationale conditionne son soutien au Liban au monopole des armes aux mains de l'État. Le président français Emmanuel Macron a affirmé à la mi-octobre être « déterminé » à organiser, d'ici fin 2025, une conférence de soutien aux forces armées libanaises et une autre consacrée à la reconstruction du Liban.

« Faire pression sur Israël »

De son côté, le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, a appelé son homologue allemand à « contribuer à faire pression sur Israël pour qu’il cesse ses agressions, se retire des territoires occupés et respecte ses engagements en vertu du cessez-le-feu ». Il a estimé que « seule une solution diplomatique et non militaire peut garantir la stabilité et maintenir le calme dans le Sud », soulignant que « le gouvernement libanais poursuit la mise en œuvre progressive de sa décision de monopoliser les armes, et que l’armée continue de remplir pleinement sa mission ».

Pour sa part, M. Wadephul a déclaré, selon des propos rapportés par le palais Bustros, que « la poursuite des agressions israéliennes est inacceptable », affirmant « la nécessité pour Israël de respecter la souveraineté du Liban et de se conformer, ainsi que le Hezbollah, aux arrangements du cessez-le-feu ». Il a aussi a salué « la décision du gouvernement de monopoliser les armes » et exprimé « le soutien de son pays aux mesures prises par le Liban pour étendre son contrôle dans le Sud et sur l’ensemble du territoire libanais ». Le ministre a prévenu que « l’échec du Liban à monopoliser les armes enverrait un signal négatif sur l’incapacité de l’État à exercer son autorité ».

L'Allemagne prête à soutenir l'armée libanaise

Reçu par la suite par le chef du gouvernement Nawaf Salam, M. Wadephul a affirmé que son pays était « prêt à se tenir aux côtés du Liban et à soutenir l’armée libanaise lors de la prochaine conférence internationale », selon le Grand Sérail. Il a aussi insisté sur « l’importance pour le gouvernement de poursuivre les réformes financières et administratives et de finaliser l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI), en raison de son rôle crucial dans le renforcement de la confiance internationale envers le Liban et le soutien au processus de relèvement économique ». De son côté, M. Salam a souligné « qu’aucune stabilité ne serait possible tant qu’un processus de paix véritable et juste menant à la création d’un État palestinien indépendant n’aura pas commencé ».

Alors que le risque d'une escalade militaire israélienne plane sur le Liban, la pression s'accentue sur les autorités libanaises pour désarmer le Hezbollah. Le chef du gouvernement a affirmé vendredi, depuis Bkerké, que l'armée libanaise présentera « dans moins d'une semaine » un nouveau rapport sur les progrès réalisés dans ce dossier.

Le chef de l'État Joseph Aoun a affirmé vendredi, devant le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, que le Liban est « prêt à négocier » avec Israël tout en accusant ce dernier de répondre à l'offre de négociations par une intensification de ses frappes.« Le Liban est prêt à négocier pour mettre fin à l’occupation israélienne, mais toute négociation ne peut se faire à sens unique ; elle nécessite une volonté réciproque, qui n’existe pas encore. Quant à la forme, au moment et au lieu des négociations, ils seront déterminés ultérieurement », a souligné M. Aoun, selon des propos rapportés par la présidence sur X. Il a dans ce cadre expliqué que ce choix « vise à récupérer notre terre occupée, à ramener les prisonniers et à obtenir le retrait complet des collines...
commentaires (8)

Les seuls qui sont satisfaits du comportement de Joseph Aoun sont Berri et le Hezbollah. Il est protégé et bien assis sur son fauteuil ce président. Achraf RIFI où est tu ?

Gebran Eid

10 h 14, le 01 novembre 2025

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Commentaires (8)

  • Les seuls qui sont satisfaits du comportement de Joseph Aoun sont Berri et le Hezbollah. Il est protégé et bien assis sur son fauteuil ce président. Achraf RIFI où est tu ?

    Gebran Eid

    10 h 14, le 01 novembre 2025

  • On en a mare monsieur le président des discours vide, insensé Ça nous fait penser de discours présidentiel d’autrefois (qui précède quoi ?) Nous avons besoin d’un discours courageux, clairs qui considère exclusivement les intérêts de Liban et des libanais et pas l’intérêt d’une fraction vendue

    William SEMAAN

    03 h 48, le 01 novembre 2025

  • Israel peu enclin à négocier avec le Liban? Par définition, la négociation se fait entre états souverains. Le Liban ne l'est pas. Un pacte avec le Liban actuel n'a aucune valeur. Israel offre au Liban un cadeau unique, inespéré et inestimable: celui de rétablir la souveraineté Libanaise. Une chance que le Liban est entrain de rater!

    Camilo Romano

    21 h 56, le 31 octobre 2025

  • Il y a un langage de sourds : Les Américains, les Européeens et les pays arabes, en gros tous ceux qui peuvent aider le Liban et aussi son armée souhaitent le désarmement du hezballah, et le Président leur parle de défense de la souvaireneté (contre meme si il ne le dit pas, Israel). On donne ainsi au lobbys pro israeliens un super argument pour combattre toute aide au Liban.

    Moi

    17 h 31, le 31 octobre 2025

  • Assez palabrer président et mettez-vous au travail pour nous montrer ce que vous avez dans le ventre. Nous avons beaucoup entendu et écouté il est temps de nous montrer les résultats de ces discours qui se révèlent creux et inaudibles, à force.

    Sissi zayyat

    16 h 54, le 31 octobre 2025

  • Parler de négociation avec Israël alors que la loi interdit tout contact officiel relève de l’illusion. Pour réviser cette loi, il faut passer par le Parlement — contrôlé par Nabih Berri et son allié Hezbollah. Le président Aoun le sait. Avant de parler de paix extérieure, il doit affronter la captivité intérieure de l’État. Sinon, ses paroles ne sont que théâtre.

    Khal

    16 h 48, le 31 octobre 2025

  • Monsieur le président, il faut commencer par le commencement. Un accord de cessez-le-feu a été demandé et accepté par ces va-ten guerre qui refusent de l’appliquer. Commencer par les désarmer au lieu de leur remonter le bourrichon et ensuite toutes les aides afflueront pour épauler notre armée. Vous avez parfaitement raison de préciser qu’un accord se fait à deux, alors éliminer le troisième intrus qui nous empêche d’avancer. Ça n’est pas en vous rangeant du côté des usurpateurs en menaçant notre pays entier que vous allez recevoir des aides. Il faut arrêter de raconter n’importe quoi.

    Sissi zayyat

    16 h 41, le 31 octobre 2025

  • Crédibilité : je l’ai perdue, comme tant de Libanais. Le bilan de Joseph Aoun depuis son élection — inaction sur le désarmement du Hezbollah, gestion ambiguë de Raouché, postures qui ressemblent parfois à du théâtre — inspire la défiance. Il a aujourd’hui deux options : 1. s’unir aux Libanais et imposer le retrait des armes illégales ; 2. négocier avec Israël et des alliés pour neutraliser militairement le Hezbollah. L’inaction n’est plus une option.

    Khal

    16 h 03, le 31 octobre 2025

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