Des Palestiniens pleurent la mort de leurs proches tués lors des frappes israéliennes nocturnes contre l'hôpital Al-Shifa à Gaza le 29 octobre 2025. Photo AFP/OMAR AL-QATTAA
Le Premier ministre du Qatar, dont le pays est l'un des médiateurs dans le conflit entre Israël et le Hamas, a déclaré mercredi s'attendre à ce que le cessez-le-feu dans la bande de Gaza soit respecté, malgré une « violation » qui a mené à des frappes israéliennes.
« Heureusement, je pense que les principales parties – les deux – reconnaissent que le cessez-le-feu doit être respecté et qu'elles doivent s'en tenir à l'accord » soutenu par les Etats-Unis, a déclaré Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani lors d'un forum à New York du cercle de réflexion Council on Foreign Relations.
Les déclarations du dirigeant qatari surviennent alors qu'Israël a annoncé mercredi la reprise du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, après y avoir mené pendant la nuit des dizaines de frappes qui ont fait plus de cent morts, selon des sources palestiniennes, en représailles à la mort d'un soldat.
Se montrant prudent, le Premier ministre n'a pas accusé Israël d'avoir violé le cessez-le-feu et pointé du doigt l'attaque qui a coûté la vie à ce soldat. « Il s'agit essentiellement d'une violation de la part des Palestiniens », a déclaré Al-Thani.
« Les événements d'hier ont été, honnêtement, très décevants et frustrants pour nous », a-t-il encore dit, mais « nous essayons de contenir la situation et nous nous sommes immédiatement mobilisés après cela, en coordination totale avec les États-Unis ». « Et nous avons vu que les États-Unis sont également attachés à l'accord, donc le cessez-le-feu tient toujours pour l'instant », a-t-il dit.
Le Qatar a joué un rôle clé de médiateur dans les pourparlers indirects entre Israël et le Hamas depuis le déclenchement de la guerre, provoquée par l'attaque sans précédent du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023. Ce pays du Golfe fait partie des garants du fragile accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre, aux côtés de l'Égypte, des États-Unis et de la Turquie.
Le dirigeant qatari a insisté par ailleurs sur le fait que le Hamas se devait de continuer à rendre à Israël les dépouilles d'otages, selon les termes de l'accord de cessez-le-feu.
Il est aussi revenu sur l'attaque israélienne du 9 septembre ayant visé des négociateurs du Hamas à Doha, suscitant une vive condamnation et s'attirant les reproches du président américain Donald Trump. « Cette attaque a été un choc mais elle a changé la donne pour toute la région », a-t-il dit en relevant qu'Israël avait franchi « toutes les lignes rouges ».

