Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, lors d'une interview sur la chaîne Al-Manar, le 26 octobre 2025. Photo tirée du site Al-Manar
Le numéro un du Hezbollah Naïm Kassem a affirmé dimanche soir que son parti n'avait pas l'intention de provoquer une nouvelle guerre contre Israël, mais qu'il était prêt à se défendre si un conflit éclatait. Il a ajouté qu'en dépit de cette attitude, il ne ressentait aucun remords concernant la décision prise le 8 octobre 2023 d'ouvrir un « front de soutien » à Gaza, qui avait mené à 13 mois de guerre. Naïm Kassem a en outre réitéré son refus de remettre l'arsenal de sa formation, tout en insistant sur l'importance d'une bonne coopération avec l'armée.
Le chef du parti jaune a tenu ces propos dans un long entretien sur la chaîne du parti chiite al-Manar, à l'occasion du premier anniversaire de sa nomination comme quatrième secrétaire général du Hezbollah, le 29 octobre 2024, en pleine offensive israélienne élargie qui avait tué quelques semaines plus tôt son prédécesseur, Hassan Nasrallah. Revenant sur son arrivée à la tête du parti, après l'assassinat du secrétaire général éphémère Hachem Safieddine dans un bombardement sur la banlieue sud de Beyrouth, Naïm Kassem a admis « ne pas s'être attendu » à la mort de Safieddine. « J'ai senti pendant quelques instants que ma vie était chamboulée », a-t-il reconnu.
Le Hezbollah ne veut pas donner de « prétextes » à Israël
Répondant à une question sur le fait que le Hezbollah n'a pas répliqué, à l'exception d'un tir de mortier quelques jours après le début de la trêve du 27 novembre 2024, aux attaques israéliennes quasiment quotidiennes, le quatrième secrétaire général du parti a affirmé : « Nous n'allons pas lancer de batailles. Mais si une bataille nous est imposée, nous combattrons Israël jusqu'au dernier souffle ». « Le Hezbollah a remis le pouvoir à l'État libanais après l'accord (de cessez-le-feu en novembre dernier), et l'État est désormais responsable de la défense, de l'exercice de la souveraineté et de la prévention des agressions », a-t-il souligné. Il a en outre réaffirmé l'engagement de son parti à appliquer la trêve, déclarant : « Si nous ripostons maintenant, cela sera considéré comme une violation de l'accord et nous donnerons un prétexte à Israël ». Il n'a pas toutefois exprimé de remords concernant la décision du Hezbollah d'ouvrir un front de soutien au Hamas, soulignant qu'elle avait été « judicieuse. » « Si les circonstances se reproduisaient, nous reprendrions la même décision », a-t-il ajouté.
Le chef du parti chiite a par ailleurs réitéré le refus de sa formation de remettre son arsenal aux autorités libanaises. « Étant donné l'incapacité de l'armée à faire face à toutes les agressions, l'importance de la résistance aux côtés de l'armée est évidente », a-t-il estimé. Il a souligné « la nécessité d'une coordination entre l'armée et la résistance pour faire face aux agressions » israéliennes, mettant en garde contre les « tentatives de désarmement » de son parti. Il a dans ce cadre souligné la volonté du Hezbollah de discuter d'une stratégie nationale de défense en cas de cessation des attaques, affirmant que « la résistance est un droit légitime (...) et que tant qu'il y aura des agressions et des menaces, le rôle de la résistance restera d'actualité ». Écorchant une fois de plus les autorités libanaises, il leur a reproché que depuis le début de la trêve, toujours malmenée par Israël, « l'État n'a pas bougé. » « Il doit faire pression et assumer ses responsabilités », a-t-il exhorté.
Pas d'asile en Iran durant la guerre
Naïm Kassem a par ailleurs révélé qu'il avait refusé de se réfugier en Iran pendant la dernière guerre, « pour des raisons morales et pratiques », estimant que la bataille « l'obligeait à rester parmi ses compagnons sur le terrain et que le commandement ne pouvait être exercé correctement loin du champ de bataille ». Il est en outre longuement revenu sur la frappe de drone qui avait visé, le 19 octobre 2024, la résidence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Césarée dans le centre d'Israël, soulignant qu'elle avait été « menée sur la base d'un travail de renseignement minutieux et d'une décision politique claire, tout comme les tirs de roquettes de la résistance sur Tel-Aviv ».
Concernant la reconstruction dans les zones dévastées par les 13 mois de guerre et les destructions systématiques le long de la frontière, même après le cessez-le-feu, Naïm Kassem a affirmé que le parti déployait « des efforts considérables dans ce domaine, dans la mesure de ses moyens », soulignant que la reconstruction relevait « avant tout et surtout de la responsabilité de l'État libanais, car l'agression venait d'Israël », et que le peuple libanais en était la victime.
La reconstruction des zones détruites pas la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël est un objectif du gouvernement Salam « depuis le premier jour », selon les propos du Premier ministre Nawaf Salam, qui était en visite à Saïda, il y a dix jours. L'aide internationale à la reconstruction est toutefois conditionnée au désarmement du Hezbollah, qui refuse d'en discuter tant qu'Israël occupe au moins six points près de la frontière, et poursuit ses attaques sur le territoire libanais.
Relation « solide » avec Berry
Abordant la relation de son parti avec le président du Parlement Nabih Berry, le secrétaire général du Hezbollah a indiqué qu'elle se caractérisait par une « solidité exceptionnelle ». Il a précisé que la coordination entre les deux parties avait « toujours été optimale, en particulier pendant la guerre, où des contacts constants avaient eu lieu sur les développements sur le terrain et les positions de la résistance ». « Le parti tient M. Berry constamment informé de tous les développements liés à l'action de la résistance, tandis que le chef du Législatif assure la coordination de son côté sans interruption », a-t-il ajouté.
Concernant la tenue des élections législatives prévues au printemps 2026, il a estimé que le report du scrutin « ne sert que les intérêts de ceux qui poursuivent des objectifs éloignés de l'intérêt national ». « Nous soutenons les élections afin de préserver le bon fonctionnement des institutions publiques et confirmer la large représentation du parti au Parlement. Elles pourraient également être l'occasion de modifier certains équilibres et d'améliorer la situation intérieure », a-t-il estimé, sans se pencher sur la question litigieuse ces derniers mois du vote des expatriés.





Ils t'ont rase deja, Loser: 'Naimannn'!!! 'Woul kheir la keddeeem!'
06 h 54, le 28 octobre 2025