Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. Photo ANI
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a reconnu, dans une interview au média libanais pro-iranien al-Mayadeen, diffusée jeudi soir, que l’ouverture de canaux diplomatiques et politiques avec Israël « n’a pas été fructueuse », tout en estimant qu’elle avait permis « au moins d’éviter le pire ». Il a aussi souligné le rôle de la « résistance libanaise » (le Hezbollah et autres factions) dans la libération du Liban-Sud en 2000. Un léger changement de ton de la part du Premier ministre, devenue figure de proue du camp favorable au désarmement du Hezbollah, avec lequel les relations ont toujours été difficiles.
M. Salam a toutefois réaffirmé son attachement au monopole des armes, et a souligné que le Liban n’avait pas encore « épuisé toutes les voies diplomatiques et politiques » et qu'elles restaient le choix fondamental après que les autorités libanaises ont appelé à de nombreuses reprises la communauté internationale à faire pression sur Israël, comme il l'a rappelé dans son entretien.
Cette prise de position semble répondre aux pressions exercées dernièrement par l'administration américaine pour l'organisation de négociations directes avec l'État hébreu afin de discuter d'un arrêt des frappes et d'un retrait des positions toujours occupées en territoire libanais, ainsi que de la délimitation de la frontière terrestre, le Liban étant « « toujours en guerre, une guerre d’attrition », selon M. Salam. Alors qu’à la mi-octobre, le président de la République Joseph Aoun avait appelé à des négociations avec Israël, n'écartant pas le fait qu'elles pourraient être directes, Nawaf Salam a estimé que cette option ne faisait « pas partie du plan de (son) gouvernement ».
Le chef du gouvernement a en outre estimé que le pays « accuse des décennies de retard » dans la mise en œuvre de l'accord de Taëf, surtout en ce qui concerne le désarmement des milices, en tête desquelles le Hezbollah. L'accord de Taëf de 1989, conclu pour mettre un terme à la guerre civile qui sévissait depuis 15 ans, prévoyait la dissolution de « toutes les milices, libanaises ou non » et leur désarmement, un point qui, comme de nombreux autres du texte, est resté en partie inappliqué.
C'est en se basant sur Taëf que le Premier ministre a insisté sur le fait que le désarmement est « avant tout une exigence libanaise » et « ne relève ni d'une demande américaine ni israélienne », alors qu'Israël conditionne tout retrait du territoire libanais au désarmement du Hezbollah, pour lequel Washington fait également pression sur Beyrouth. Le parti chiite, à l'inverse, refuse de désarmer sous divers prétextes. M. Salam a dans ce cadre mis en garde contre le fait que « tout écart par rapport » à l'accord de Taëf pourrait « menacer » la paix civile au Liban, estimant qu'il est « impossible d'avoir deux armées au sein d'un même pays ».
Selon le plan présenté par l’armée libanaise au Conseil des ministres le 5 septembre dernier, le désarmement des infrastructures du Hezbollah au sud du fleuve Litani devra être achevé d’ici la fin de l'année. Ce plan faisait suite à la décision gouvernementale du 5 août annonçant le retour au monopole d’État sur les armes. L’armée a déjà entamé le démantèlement de l’arsenal du parti chiite le long de la frontière, première étape d’un processus qui s’étendra ensuite à d’autres régions.
« Sans la résistance libanaise, Israël ne se serait jamais retiré du Liban en 2000 »
M. Salam, ancien juge à la Cour internationale de justice, a par ailleurs reconnu que « sans la résistance libanaise, Israël ne se serait jamais retiré en 2000 ». Selon lui, cette 'résistance', dont le Hezbollah est devenu le principal acteur au fil des années, avait d’abord « un caractère pluriel » puisqu'elle rassemblait le Parti communiste libanais, le Parti social national syrien et l’Organisation de l’action communiste, entre autres. « Il ne faut pas minimiser leur rôle », a-t-il insisté. « Au fil du temps, le Hezbollah a pris le dessus et joué le rôle central dans la libération du Sud », a-t-il ajouté, rappelant toutefois que ces événements remontent à près de vingt-cinq ans. « Aujourd'hui, la situation n’est plus la même », a-t-il dit.
En ce qui concerne à une éventuelle paix avec Israël, Nawaf Salam a indiqué que le Liban demeure attaché à l’Initiative de paix arabe, adoptée lors du sommet de Beyrouth en 2002, « qui constitue notre référence, ainsi que celle de l’ensemble des pays arabes ».
Il a ajouté qu’il existait des contacts réguliers et des canaux de communication ouverts avec le parti chiite, précisant que la porte restait toujours « ouverte », malgré les tensions fortes entre le parti pro-iranien et le Sérail. Revenant d'ailleurs sur les accusations proférées par des partisans du Hezbollah le qualifiant de « sioniste », Nawaf Salam a dit ne pas savoir « s’il faut en rire ou en être choqué », jugeant ces propos « totalement absurdes ». Il a rappelé qu’à l’époque où il siégeait aux Nations unies et à la Cour internationale de justice, il était au contraire accusé d’être « l’un des plus farouches opposants à Israël », décrit même comme «le diable incarné» pour l'État hébreu.
Sur les législatives prévues en mai 2026, Nawaf Salam a assuré qu’elles se tiendraient à la « date prévue et à l’heure fixée », sans entrer dans la polémique liée au vote des expatriés, qui fait couler beaucoup d'encre depuis des mois. Interrogé sur une éventuelle participation personnelle, il a rappelé que son cabinet est composé de technocrates, dont aucun membre n’est candidat aux législatives. Selon lui, l’un des principes fondamentaux de la transparence du processus électoral réside dans la «neutralité du gouvernement chargé de le superviser».




Mr Salam fait la même gaffe que Karame en 1975, Hariri père en 2005 et fils en 2008 ce qui a conduit a l'assassinat du premier et a la déchéance du second. Décidément les dirigeants sunnites de notre pays sont tous aussi nuls les uns que les autres pour toujours rater le coche de l’élaboration d'un état digne de ce nom. Des lâches en fait car ils attendent toujours des Chrétiens pour faire le boulot dont ils ne sont pas foutus de faire. Ils ont encore le culot de soit de réclamer des républiques islamiques ou de partager le pouvoir!
15 h 57, le 27 octobre 2025