Le président libanais Joseph Aoun prend la parole lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2025, au siège de l’ONU à New York. Photo Alexi J. Rosenfeld/ AFP
Le président Joseph Aoun a estimé lundi qu'une négociation, dont la forme serait déterminée ultérieurement, « s'impose » avec Israël pour résoudre les tensions et contentieux entre les deux pays, toujours en état de guerre.
الرئيس جوزاف عون أمام وفد "جمعية الإعلاميين الإقتصاديين":
— Lebanese Presidency (@LBpresidency) October 13, 2025
- ليكن الإعلام اللبناني مسؤولاً، والمصلحة الوطنية هي الأساس، ولا يجوز ان تعلو مصلحة أخرى عليها
- اسرائيل مستمرة في توجيه الرسائل العسكرية والدموية للضغط على لبنان ولا بد من وقف عملياتها العسكرية ليبدأ مسار التفاوض
-… pic.twitter.com/sZK8mzolHF
Recevant une délégation de l’Association des journalistes économiques, M. Aoun a souligné que « les choses vont dans le sens du dialogue et de la négociation pour instaurer la paix et la stabilité, et les résultats sont visibles. » « Nous répétons toujours que c’est par le dialogue et la négociation qu’on peut trouver des solutions. Le Liban ne peut pas rester en dehors de la dynamique régionale, qui est une dynamique de règlement des crises, car on ne peut plus supporter davantage de guerre, de destruction, de morts et de déplacements », a-t-il poursuivi, alors qu'il recevait une délégation de l’Association des journalistes économiques. Interrogé sur la possibilité de négociations avec Israël, M. Aoun a rappelé que « l’État libanais a déjà négocié avec Israël sous l’égide de Etats-Unis et des Nations unies, ce qui a abouti à l’accord sur la délimitation des frontières maritimes » signé en octobre 2022. « Rien n’empêche que le même processus soit répété pour résoudre d’autres différends, d’autant plus que la guerre n’a rien apporté. Israël a fini par négocier avec le Hamas, faute d’autre option, après avoir tout essayé par la guerre et la destruction », a-t-il plaidé, insistant sur le fait que « l’atmosphère générale dans la région est au compromis, et la négociation s’impose ; sa forme sera déterminée en temps voulu. »
Les « messages militaires et sanglants » d'Israël
Il a toutefois souligné qu'un tel processus de négociation doit être précédé d'un respect par l'Etat hébreu de l'accord de trêve de novembre 2024, condamnant le fait qu'Israël continue d'envoyer des « messages militaires et sanglants pour nous mettre sous pression. » Et ce, alors que « le Liban respecte l’accord conclu en novembre dernier et a à plusieurs reprises sollicité une intervention américaine et française, sans réponse. »
Pour sa part, l'ambassadeur égyptien à Beyrouth, Alaa Moussa, a commenté la question de savoir si le Liban avait une place au Sommet de paix de Charm el-Cheikh, soulignant que « le Liban est présent en force au sommet. » Dans une interview télévisée, M. Moussa a estimé que « le sommet de Charm el-Cheikh est le symbole des efforts et de la volonté arabes qui se sont unis derrière une position authentique, et qu'il marquera aujourd'hui le début d'une nouvelle ère placée sous le signe de la paix », soulignant qu'« il existe de nombreux défis, mais que si la dynamique actuelle se poursuit, ils pourront être surmontés ». « Le Liban doit finaliser le désarmement, a-t-il ajouté, et nous espérons que nous pourrons tirer parti du climat général qui règne dans la région et que le Liban en profitera également ».
Parallèlement, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump ont annoncé la fin de la guerre à Gaza depuis le Parlement israélien. Benjamin Netanyahu a déclaré qu' « en tant que Premier ministre d'Israël, je tends la main à ceux qui recherchent la paix avec nous. Personne ne désire plus la paix que le peuple d'Israël ».
Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 après plus de 13 mois de conflit entre le Hezbollah et Israël, ce dernier continue de bombarder le Liban presque quotidiennement et reste présent dans six zones au sud du pays. Samedi à l’aube, l’État hébreu a lancé de violentes frappes aériennes sur un site abritant du matériel de construction, suscitant une large condamnation des responsables libanais. L'armée israélienne a revendiqué des bombardements d'engins servant à la reconstruction des infrastructures du Hezbollah, qui doit être désarmé par l'armée libanaise dans le pays, à commencer par la zone au sud du Litani.
80 à 85 % du sud du Litani « nettoyé » des armes du Hezbollah
Sur la question du désarmement, Joseph Aoun a d'ailleurs souligné que, plus important que récupérer les armes des milices, il fallait s'en prendre à « l'intention de s'en servir », une mission qui prend du temps. « L’armée joue son rôle au sud du Litani depuis l’accord de novembre dernier : elle a perdu douze martyrs, dont des démineurs et 80 à 85 % des terres ont été nettoyées, mais il est impossible de fixer un délai, car la région est vaste et accidentée, et l’hiver approche. » Dans son discours devant la Knesset, lundi, le président américain Donald Trump a déclaré que son administration aide le gouvernement à désarmer le Hezbollah, alors que plusieurs paquets d'aides militaires ont été approuvés dernièrement par Washington.
Concernant la revendication de Nabih Berry d'inclure la reconstruction dans le budget de l'Etat, Joseph Aoun a indiqué que la reconstruction est « un devoir de l’État envers son peuple, et malgré les difficultés financières, nous faisons de notre mieux. » « La priorité va au Sud : les réformes des centrales électriques, des réseaux de transport et des stations d’eau sont en cours. Les habitants du Sud font partie du peuple libanais, et l’État ne peut les ignorer. Il est vrai qu’il n’y a pas encore de fonds disponibles pour lancer la reconstruction, mais une conférence internationale de soutien est en préparation », a-t-il souligné.
Estimant que son rôle est de rapprocher les points de vue entre tous, le chef de l'Etat a toutefois tranché sur le débat sur la loi électorale, au coeur d'une polémique concernant les modalités de vote des émigrés, précisant qu'il « se fera au Parlement », alors que le chef du Législatif refuse de mettre ce sujet à l'ordre du jour.
Lors de sa rencontre avec les journalistes, M. Aoun a encore indiqué que « tous les indicateurs économiques sont positifs : le ministre de l’Économie prévoit une croissance pouvant atteindre 5 % d’ici la fin de l’année, les flux financiers pourraient atteindre 20 milliards de dollars, et la consommation est en hausse, ce qui reflète une ambiance encourageante. » « Certains veulent des solutions rapides, mais quarante années de crises et de blocages ne peuvent être réglées du jour au lendemain », a-t-il plaidé.



Le miroir des alouettes des mollahs semble de plus en plus fissuré. Une occasion en or se présente à notre pays pour sauver ce qui reste et notre président semble enfin réaliser qu’elle ne se représenterait plus. Voilà le discours auquel les libanais s’attendaient depuis son investiture, et il ne devrait changer ni sembler hésitant, si on veut être les seuls décideurs de notre souveraineté. Aucune menace fantoche ne justifie qu’on rate le coche, face aux menaces réelles qui guettent notre pays.
10 h 44, le 14 octobre 2025