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Politique - Guerre Au Liban

Opération des bipeurs du Hezbollah : Trump révèle son implication « directe »

« Ils m’informaient de tout. Et parfois je disais non, et ils respectaient cela », affirme le président américain au Time, concernant des « attaques » israéliennes au Moyen-Orient, menées alors qu'il n'avait pas encore été réélu.

Opération des bipeurs du Hezbollah : Trump révèle son implication « directe »

Le président américain, Donald Trump, s’exprime lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à la Maison-Blanche, à Washington, le 29 septembre 2025. Photo Andrew Caballero/AFP

Quelques jours après sa visite à Jérusalem, où il a été accueilli en héros et crédité du retour des otages encore aux mains du Hamas, le président américain, Donald Trump, s'est présenté, dans un long entretien au Time Magazine diffusé jeudi, comme le réel marionnettiste derrière des « attaques » israéliennes au Moyen-Orient, dont l'explosion des bipeurs piégés du Hezbollah. Cette opération, au cours de laquelle des milliers d'appareils de communication piégés par le Mossad ont explosé quasi-simultanément au Liban, a été menée « directement » sous son « égide », a-t-il affirmé, alors même que le président américain n'était pas encore réélu le 17 septembre 2024, date de l'attaque.

À une question concernant les « bouleversements » dans la région, et le fait que la « direction du Hezbollah a été décimée », Donald Trump a répondu que « toutes ces attaques ont été menées sous mon égide, en fait directement avec moi. Vous savez, avec Israël qui menait les frappes, avec les bipeurs, tout ça. Ils ont… regardez, Israël a été très respectueux (des États-Unis). Ils m’informaient de tout. Et parfois je disais non, et ils respectaient cela. »

L'explosion des dispositifs de communication du Hezbollah, les bipeurs puis les talkie-walkie le lendemain, avait fait au moins 40 morts, dont une enfant, et plus de 2 900 blessés.

Récit

Bipeurs piégés : le jour où « l’enfer s’est abattu » sur les hôpitaux libanais

Dans la foulée des explosions, le secrétaire d'État américain sous le mandat de Joe Biden (2021-2025), Antony Blinken, avait nié les informations selon lesquelles l'administration américaine d'alors aurait été impliquée ou au courant préalablement de l'attaque. Le ministre israélien de la Défense à ce moment, Yoav Gallant, aurait appelé le secrétaire américain à la Défense en fonction, Lloyd Austin, pour le prévenir « quelques minutes » avant d'une « opération au Liban » tout en ayant « refusé de donner des détails précis », selon Axios le 18 septembre 2024.

M. Trump a fait cette révélation au Time depuis la Maison Blanche le 15 octobre, soit deux jours après sa dernière tournée au Proche-Orient. L'entretien a été publié alors que l'administration américaine fait actuellement pression sur Beyrouth pour lancer des négociations directes avec l'Etat hébreu et pour désarmer le Hezbollah dans tout le pays sans quoi Israël pourrait lancer une nouvelle offensive, comme l'a laissé entendre dernièrement l'émissaire américain Tom Barrack. L'armée israélienne opère, elle, une pression militaire accrue - via des bombardements quotidiens au Liban, dans le Sud et la Békaa - pour forcer le désarmement du parti chiite, qui refuse d'en discuter tant qu'Israël occupe au moins six positions au Liban, près de la frontière.

Donald Trump a été élu président le 5 novembre 2024, et a officiellement pris ses fonctions le 20 janvier 2025, pour la seconde fois après son précédent mandat (2017-2021). Il s'était targué le 23 octobre 2024, soit un mois jour pour jour après le lancement de l'offensive aérienne d'ampleur à travers le Liban, baptisée « Flèches du Nord », et deux semaines avant son élection, de ses conversations quasi-quotidiennes avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. « Faites ce que vous avez à faire » à Gaza et au Liban, lui aurait-il dit durant l'une d'entre elles, courant octobre. En février 2025, Benjamin Netanyahu avait offert à Donald Trump un bipeur en or lors de son voyage à Washington.

« La menace iranienne n'existe plus »

Plus largement, le président américain a jugé, cinq jours après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza, que la « paix règne au Moyen-Orient », estimant que « l'Arabie saoudite ouvrira la voie vers les accords d'Abraham », en référence aux accords de paix entre Israël et les pays arabes, grâce au fait que « la menace iranienne n'existe plus ».

Il s'est longuement attardé sur cette « menace terrible », qu'il ne juge plus « imminente ». « Nous avons créé un Moyen-Orient différent (...) Voyez-vous, si l'Iran avait été là, puissant et tyrannique, il aurait été impossible de conclure un tel accord (à Gaza), car la menace aurait plané sur la région. Aujourd'hui, ce n'est plus une menace imminente » a-t-il réitéré, en écho à son discours devant la Knesset, le 13 octobre, se félicitant dans ce cadre des frappes américaines sur les installations nucléaires iraniennes en juin dernier. « (Les dirigeants iraniens) se battent littéralement pour leur survie. Ils ne se battent pas pour le nucléaire. Ils se battent pour leur survie. Croyez-moi, ils sont très faibles. Donc, cette menace n'existe plus. Maintenant (...) tout le monde est ouvert à la paix » a martelé le président américain.

L'axe pro-iranien au Moyen-Orient a été grandement affaibli ces deux dernières années, notamment suite à la chute du régime Assad en Syrie en décembre dernier. « L'affaire Soleimani, je pense, était importante. C'est là que tout a commencé, pendant le premier mandat » a également estimé le président américain. Le 3 janvier 2020, sur ordre de Donald Trump, un drone a détruit un véhicule à Bagdad, en Irak, à bord duquel se trouvait le général Kassem Soleimani, architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, et de son influence sur quatre capitales arabes, Sanaa, Damas, Bagdad, et Beyrouth.

Lire aussi

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Outre l'affaiblissement de l'Iran, Donald Trump a également jugé que la frappe israélienne début septembre sur une délégation du Hamas à Doha a permis, indirectement, de parvenir à un cessez-le-feu dans l'enclave dévasté. « Vous voyez, le monde en avait assez de nous voir attaquer — je dis « nous », vous savez, Israël et nous. Vous savez, j'ai arrêté (Benjamin Netanyahu), parce qu'il aurait continué sans fin. (...) Et quand il a commis cette erreur tactique, celle concernant le Qatar — c’était terrible — mais en réalité, j’ai dit à l’émir (du Qatar) que c’était justement l’un des éléments qui nous avaient tous rapprochés, parce que c’était tellement décalé que cela a, d’une certaine manière, poussé tout le monde à faire ce qu’il fallait faire. »

Donald Trump avait contraint Benjamin Netanyahu fin septembre, depuis la Maison Blanche, à s'excuser lors d'un entretien téléphonique auprès de son homologue qatari, cheikh Mohammad ben Abdelrahman al-Thani pour l'attaque israélienne à Doha. L'accord de cessez-le-feu à Gaza est entré en vigueur le 10 octobre.

Quelques jours après sa visite à Jérusalem, où il a été accueilli en héros et crédité du retour des otages encore aux mains du Hamas, le président américain, Donald Trump, s'est présenté, dans un long entretien au Time Magazine diffusé jeudi, comme le réel marionnettiste derrière des « attaques » israéliennes au Moyen-Orient, dont l'explosion des bipeurs piégés du Hezbollah. Cette opération, au cours de laquelle des milliers d'appareils de communication piégés par le Mossad ont explosé quasi-simultanément au Liban, a été menée « directement » sous son « égide », a-t-il affirmé, alors même que le président américain n'était pas encore réélu le 17 septembre 2024, date de l'attaque.À une question concernant les « bouleversements » dans la région, et le fait que la « direction...
commentaires (4)

Trump est capable de nier des réalités, de dire une et son contraire sans sourciller, alors s'inventer un monde parallèle dont il est le héros, ce n'est qu'une simple distorsion du réel. Il est dommage que le Moyen-Orient est besoin de Trump et ses business man de diplomates pour aller vers une paix aux forceps. Il peut faire plier tous les acteurs , y compris Israël, si ça va dans le sens de ses intérêts personnels ( $$$$ et prix Nobel de la paix)

Albert P.

20 h 03, le 26 octobre 2025

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Commentaires (4)

  • Trump est capable de nier des réalités, de dire une et son contraire sans sourciller, alors s'inventer un monde parallèle dont il est le héros, ce n'est qu'une simple distorsion du réel. Il est dommage que le Moyen-Orient est besoin de Trump et ses business man de diplomates pour aller vers une paix aux forceps. Il peut faire plier tous les acteurs , y compris Israël, si ça va dans le sens de ses intérêts personnels ( $$$$ et prix Nobel de la paix)

    Albert P.

    20 h 03, le 26 octobre 2025

  • On ne sait plus quand croire ou pas Trump. Il a l’art de manipuler les mots à sa guise, quitte à se contredire sans même ciller. Mais lorsqu’on est la superpuissance absolue , personne n’ose trouver la chose anormale et il s’est même permis, une fois n’est pas coutume, de rabrouer cet assassin de natenyhu. Entouré de quelques Libanais d’origine, et ayant un petit-fils Libanais, on souhaite qu’il nous prenne un peu en sympathie ! Faute de quoi…

    Goraieb Nada

    09 h 25, le 25 octobre 2025

  • L’opération des « bipeurs » a été planifiée des années avant et son succès dépendait de la discrétion totale. D’après les informations qui ont été publiées après ces évènements malheureux personne ne le savait sauf un petit groupe qui opérait au sein des services de renseignement israéliens. Ce serait difficile à croire que Trump avait la moindre connaissance de tout cela alors que mêmes ceux au pouvoir a l’époque ne connaissaient pas les détails de cette opération.

    PT

    17 h 05, le 24 octobre 2025

  • Les États Unis sont’sous les ordres des sionistes

    Eleni Caridopoulou

    16 h 32, le 24 octobre 2025

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