De gauche à droite : Charbel Khoury, Laurent Bayon, Nawaf salam, Inès Harrak et Achraf Rifi. Photo fournie par Charbel Khoury
L’équipe de défense d’Hannibal Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a présenté, mardi, au juge d’instruction Zaher Hamadé une demande de suppression de la caution de 11 millions de dollars que celui-ci lui a imposée, vendredi, en échange de sa libération.
Hannibal Kadhafi, dont l’épouse est libanaise, avait été arrêté en décembre 2015 au Liban pour « recel d’informations » dans l’affaire de la disparition en Libye en août 1978 de l’imam Moussa Sadr, président du Conseil supérieur chiite et fondateur du mouvement chiite Amal, et de ses deux compagnons, le journaliste Abbas Badreddine et le cheikh Mohammad Yaacoub. Il n’avait plus été interrogé depuis 2017, avant d’être convoqué, vendredi, à une audience à l’issue de laquelle le juge Hamadé a décidé de le remettre en liberté moyennant le versement de cette somme exorbitante : dix millions en garantie des droits des proches des victimes en cas de condamnation, et un million pour assurer qu’il se présentera aux convocations dans le cadre de la poursuite de la procédure et ne tentera pas de se soustraire à la justice.
Dans le même document, dont L’Orient-Le Jour a consulté une copie, les avocats ont demandé à titre subsidiaire, et dans le cas où le juge refuse de supprimer entièrement la caution, que celle-ci soit réduite à un montant correspondant uniquement à la garantie de sa comparution devant la justice.
À l’opposé, les avocats de la famille Yaacoub ont demandé, lundi, une augmentation de la caution de garantie de la comparution, et contesté la décision de remise en liberté.
Trois fois la peine
De leur côté, les avocats de M. Kadhafi ont souligné que l’infraction pour laquelle il est poursuivi est punie par le Code pénal (article 408) d’une peine maximale de trois ans d’emprisonnement, alors qu’il a déjà purgé une durée de détention plus de trois fois supérieure.
Ils ont, en outre, réclamé la levée de l’interdiction de voyager, d’une durée de deux mois, frappant leur client. « La présence de M. Kadhafi sur le territoire libanais constitue un danger pour sa sécurité et sa vie », ont-ils ainsi fait valoir dans leur demande, soulignant que « l’atmosphère émotionnelle entourant cette affaire la rend très délicate ». Ils ont souligné, par ailleurs, que leur client n’a pas pu participer aux actes qui ont conduit à la disparition de l’imam et ses compagnons, puisqu’il n’était âgé que de trois ans au moment des faits.
Avant de présenter leur demande, les membres de l’équipe de défense, accompagnés de leur coordinatrice Inès Harrak et d’Achraf Rifi, député de Tripoli, se sont rendus auprès du Premier ministre, Nawaf Salam. « Nous avons rencontré le chef du gouvernement en tant que concerné par la préservation de l’ordre public, dont la justice est une composante essentielle », a affirmé à L’OLJ Me Charbel Khoury, qui fait partie de l’équipe aux côtés de Mes Nassib Chedid et Laurent Bayon. « M. Salam est un homme de droit et un magistrat de la justice internationale », a-t-il rappelé, précisant que « les discussions ont porté sur les derniers développements du dossier ».


