Rechercher
Rechercher

Économie - Finance

La Syrie accorde six mois aux banques pour absorber les pertes liées à la crise libanaise

Les banques « devront présenter un plan crédible de restructuration, et le compte à rebours a commencé », a déclaré le gouverneur de la banque centrale syrienne.

La Syrie accorde six mois aux banques pour absorber les pertes liées à la crise libanaise

Le siège de la banque centrale syrienne en 2024. Photo d’archives AFP

La banque centrale de Syrie a ordonné mardi aux établissements de crédit commerciaux de constituer des provisions complètes pour couvrir les pertes liées à l’effondrement financier du Liban et de soumettre, dans un délai de six mois, des plans de restructuration crédibles, une mesure susceptible de remodeler un secteur bancaire syrien déjà fragilisé.

La directive, émise le 22 septembre, impose aux banques de reconnaître 100 % de leur exposition au système financier libanais, où les établissements syriens avaient placé des fonds durant la guerre civile du pays. Selon les autorités syriennes, cette décision s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large visant à assainir un secteur bancaire affaibli par quatorze années de conflit et de sanctions occidentales, et à remédier à une crise de liquidités qui a paralysé l’activité économique. Cette mesure a conduit certaines banques à rechercher de nouveaux investisseurs ou à envisager des acquisitions étrangères, ont indiqué à Reuters trois banquiers syriens.

Les banques commerciales « devront nous présenter un plan crédible de restructuration, et le compte à rebours a commencé », a affirmé à Reuters le gouverneur de la Banque centrale syrienne, Abdul Qadir al-Hasriya. « Elles peuvent trouver divers moyens d’y parvenir, notamment par l’intermédiaire de leurs banques sœurs au Liban ou en s’associant à d’autres institutions internationales », a-t-il ajouté.

Lire aussi

Sur la trace des 16,5 milliards de dollars réclamés par la BDL aux Libanais

Les banques commerciales syriennes présentent une exposition supérieure à 1,6 milliard de dollars au Liban, a indiqué M. al-Hasriya. Cela représente une part importante des 4,9 milliards de dollars de dépôts totaux du secteur bancaire commercial syrien, selon un calcul de Reuters fondé sur les rapports financiers 2024 des 14 banques commerciales syriennes publiés par la Bourse de Damas.

Les établissements les plus touchés comprennent Bank al-Sharq, Fransabank, Bank of Syria and Overseas, Banque Bemo Saudi Fransi, Shahba Bank et Ahli Trust Bank, toutes à l’origine des banques libanaises ayant ouvert des succursales en Syrie dans les années 2000. Aucune de ces banques n’a pour l'heure répondu aux demandes de commentaire.

Selon des banquiers, ces établissements s’étaient tournés vers le Liban durant la guerre civile syrienne, faute d’autres options en raison des sanctions occidentales, progressivement levées depuis la chute de l’ancien président syrien Bachar el-Assad l’an dernier.

Ces dépôts ont toutefois été bloqués lorsque le système bancaire libanais s’est effondré en 2019, après des années de mauvaise gestion budgétaire et de paralysie politique. Le Liban n’a toujours pas adopté de plan de sortie de crise, bien que le gouvernement libanais prévoit l'adoption d'une loi organisant la répartition de plusieurs dizaines de milliards de dollars de pertes ayant contribué à l’effondrement du secteur bancaire, et de restitution des dépôts.

Les banques dénoncent un délai court

Certains banquiers syriens ont critiqué le délai jugé trop court pour se conformer à la directive exigeant la constitution intégrale de provisions liées au Liban.

« La décision en soi est justifiée, mais le temps accordé ne l’est pas », a estimé l’un d’eux, « c’est prématuré, voire politique. »a-t-il ajouté, alors que les responsables syriens rejettent « toute motivation politique ».

Le gouverneur de la Banque centrale syrienne a précisé que la mesure s’inscrivait dans un effort plus vaste pour se conformer à des réglementations négligées par le précédent gouvernement. « Nous ne voulons pas que les banques rencontrent des difficultés, mais le déni n’est pas non plus une solution », a-t-il déclaré, ajoutant que « nous passons du déni de l’ancien régime à la reconnaissance et au traitement de la crise. »

Selon trois banquiers syriens, certaines des banques concernées ont déjà entamé des discussions préliminaires avec des institutions financières arabes, notamment des banques basées en Jordanie, en Arabie saoudite et au Qatar, en vue de possibles acquisitions. Abdul Qadir al-Hasriya a enfin précisé que le gouvernement visait à « doubler d’ici 2030 le nombre de banques commerciales opérant sur le territoire syrien » et que plusieurs établissements étrangers « étaient déjà en cours d’obtention de licence ». Il a toutefois refusé de donner des détails, invoquant la « confidentialité » du processus.

Ce papier est basé sur une traduction, réalisée par L'Orient-Le Jour, d'une dépêche en anglais de l'agence Reuters.

La banque centrale de Syrie a ordonné mardi aux établissements de crédit commerciaux de constituer des provisions complètes pour couvrir les pertes liées à l’effondrement financier du Liban et de soumettre, dans un délai de six mois, des plans de restructuration crédibles, une mesure susceptible de remodeler un secteur bancaire syrien déjà fragilisé.La directive, émise le 22 septembre, impose aux banques de reconnaître 100 % de leur exposition au système financier libanais, où les établissements syriens avaient placé des fonds durant la guerre civile du pays. Selon les autorités syriennes, cette décision s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large visant à assainir un secteur bancaire affaibli par quatorze années de conflit et de sanctions occidentales, et à remédier à une crise de liquidités qui a...
commentaires (3)

faut croire qu'une mafia bancaire n'est pas autorisee a etendre ses pattes en Syrie ! faut croire aussi que le nouveau pouvoir syrien ne compte pas - a ce jour- les hommes liges officiels d'une mafia bancaire !

L’acidulé

10 h 23, le 23 octobre 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • faut croire qu'une mafia bancaire n'est pas autorisee a etendre ses pattes en Syrie ! faut croire aussi que le nouveau pouvoir syrien ne compte pas - a ce jour- les hommes liges officiels d'une mafia bancaire !

    L’acidulé

    10 h 23, le 23 octobre 2025

  • Les crapules bancaires Libanaises ayant aussi pille des deposants Syriens ont eu 6 ans pour constituer des provisions. Maintenant, les crapules pleurnichent en disant que le delai est trop court ? Seule la fermete est de mise avec ces voleurs. Esperons que le nouveau pouvoir Syrien l'a compris. Parcequ'au Liban, les mafieux de l'ABL continuent de dicter leur loi. A croire que rien n'a change depuis l'election du nouveau President....

    Michel Trad

    19 h 50, le 21 octobre 2025

  • Pas bien compris: ces banques veulent se vendrent à d'autres institutions financières arabes ou en acquérir? Pas bien clair.

    Marionet

    17 h 51, le 21 octobre 2025

Retour en haut