Heureusement qu’ils ne sont que trois à la tête de cette République de peu. Sinon, une tonne de détergent ne suffirait pas à laver leur linge entartré. Et puis trois, c’est pratique. Dès qu’il y en a deux qui se frittent, le troisième se fait mousser en frétillant du croupion pour les acoquiner. Faut dire que la mise à poil programmée du Parti barbu et la kermesse de Raouché ont fichu un merdier tenace bien dur à torcher.
Istiz Nabeuh d’ailleurs ne se retient plus, multipliant les contacts tous azimuts. De Baabda au Sérail dont il essaye de raccorder les wagons, en passant par sa planque au Parlement où il pérore devant ses larbins. Sans compter avec les émissaires de Téhéran auprès de qui, à défaut d’instruction, il va chercher ses instructions.
C’est fou finalement combien il doit être dur à désarmer ce parti déglingué, qui s’est pris une rouste mémorable et dont les miliciens pousse-cailloux ne valent pas tripette. Tellement d’ailleurs que le gouvernement a décidé de garder le secret absolu sur la suite des réjouissances. Donc motus et tous orifices cousus.
Il est toujours amusant d’observer combien le culte du mystère fait partie intégrante de notre patrimoine politique, dès lors que se présente une tuile difficile à surmonter. Face à des dossiers dont ils ont honte, les tromblons locaux s’incrustent totalement dans le système, orchestrant leurs rencontres occultes avec un courage qui force l’admiration. Sous prétexte de secret militaire, tout doit être furtif, ténébreux, impénétrable, hermétique. Les réunions sont forcément clandestines, les palabres ultraconfidentiels, la stratégie quasi ésotérique, mettant en scène des officiels aux allures de comploteurs. Le résultat du désarmement ne sera connu que bien plus tard, quand tout le monde aura oublié que la tuile s’est transformée en eau de boudin.
Et comme beaucoup ne sont pas du genre à s’étouffer par un trop-plein de dignité, ils sont là à attendre Dieu sait quel feu vert qui viendrait leur clignoter le permis de gouverner. Alors pour faire patienter les gueux assoiffés de comprendre, ils leur sortent des trucs accessibles à leur cervelle de pingouin. Du genre, « État de droit et des institutions », « monopole des armes », ou encore « Israël n’a qu’à bien se tenir ». Des sentences définitives qui ne mangent pas de pain, mais qui donnent l’impression d’être en charge. En somme, le plus dangereux n’est pas celui qui ne gouverne pas... C’est celui qui prétend gouverner !
Heureusement qu’entre-temps le turban numéro un du Hezbollah assure l’animation. Conformément à la loi de la pesanteur, ce successeur improvisé de Hassan Nasrallah ouvre la bouche plus facilement qu’il ne la ferme. Depuis qu’il a pris du galon, on l’entend partout, même quand on branche une fritteuse. Pas une semaine ne passe sans qu’il développe sa nouvelle stratégie guerrière, index levé. Aussi, l’État hébreu, il ira le débusquer jusqu’au fond de la Grotte aux pigeons. Conscient que ses armes sont au Liban ce que les bêtises sont à Cambrai, il est d’accord pour palabrer à leur sujet à la seule condition d’en rester au verbiage. Pour lui franchement, l’Iran chez nous, c’est normal. C’est la souveraineté qui est une aberration.
« Hassan, sors de ce corps ! »
gabynasr@lorientlejour.com


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Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
Ah non pitié !! Ma saddakna khlessna menno!!!!
16 h 25, le 17 octobre 2025