Le président de la Chambre et leader d'Amal, Nabih Berry. Photo publiée par le quotidien al-Jamhouria
Le président de la Chambre, Nabih Berry, a réaffirmé que les élections législatives de mai 2026 « auront lieu à la date prévue », ajoutant que « ceux qui souhaitent participer au scrutin (...) n'auront qu'à venir au Liban », dans des propos tenus au quotidien libanais arabophone al-Joumhouria, parus jeudi. La question sensible du vote des expatriés, qui polarise la scène politique depuis plusieurs mois, menace de paralyser le Parlement et fait craindre un report des élections prévues en mai prochain, voire un vote sans la diaspora.
« Les élections législatives auront lieu à la date prévue. Rien ne s’y oppose ni ne peut empêcher leur organisation » a affirmé le leader du mouvement Amal. « Nous avons une loi électorale en vigueur, et les élections se dérouleront sur cette base, ce qui signifie que les opérations de vote se feront au Liban. Ceux qui souhaitent participer au scrutin et voter n'auront qu'à venir » a-t-il lancé.
À l'instar de nombreuses organisations de la société civile au Liban et à l'étranger, certains partis veulent amender la loi électorale de 2017 afin de garantir aux expatriés libanais le droit de voter, dans leur pays de résidence, pour l’ensemble des 128 députés de la métropole, chacun dans sa circonscription d’origine. D'autres formations, en tête le tandem chiite Amal et Hezbollah, s’y opposent, préférant maintenir tel quel l’article 112, qui prévoit la création d’une circonscription spéciale pour les expatriés, composée de six sièges, qui viendraient s'ajouter aux 128 actuels. Depuis l'adoption de la loi électorale, cette modalité n'a jamais été mise en oeuvre et la loi avait été amendée afin de suspendre temporairement l'article 112.
Les propos de M. Berry font écho aux efforts du Rassemblement démocratique, affilié au Parti socialiste progressiste (dont l'ancien chef, Walid Joumblatt, est proche de Nabih Berry), qui, pour sortir de l'impasse, propose la suspension de l’article 112, mais invite les expatriés à se rendre au Liban pour prendre part au scrutin et élire les 128 députés de la Chambre, selon nos informations. Le chef du Parlement s'est en outre exprimé dans la presse alors que le ministère des Affaires étrangères a annoncé avoir soumis en début de semaine un projet de loi pour abroger les articles 112 et 122 de la loi électorale. Ce texte devrait être étudié lors d'un prochain Conseil des ministres.
Le Courant patriotique libre (CPL), qui partage la même position que le tandem chiite en faveur de la création d’une circonscription spéciale pour les expatriés, a de son côté appelé le gouvernement à adopter la proposition faite samedi par le chef du parti, Gebran Bassil, consistant à accorder le choix aux Libanais de l'étranger de voter soit pour un député de leur circonscription d'origine au Liban, soit pour un des six sièges de la diaspora.
Le groupe parlementaire dit du Liban fort, qui regroupe majoritairement des députés du CPL, a affirmé que « l’essentiel demeure la préservation du droit des expatriés d’élire six députés parmi eux, garantissant ainsi une égalité entre Libanais résidents et expatriés, à travers un vote direct depuis le lieu où ils habitent et une représentation directe par des députés qui les représentent au Liban et à l’étranger ».
« Cap sur le Liban »
Interrogé par ailleurs sur le cessez-le-feu à Gaza en vigueur depuis la semaine dernière, et la tournée de Donald Trump à Tel-Aviv et au Caire, Nabih Berry s'est contenté de souligner qu'il « s'est passé quelque chose d'important. »
« Après la mise en œuvre de la première phase de l’accord sur Gaza, la confiance ne règne pas, mais invite à aborder les étapes suivantes de cet accord avec une extrême prudence » a ajouté le président de la Chambre, à l'heure où les vingt otages israéliens encore vivants présents dans l'enclave palestinienne ont été libérés, mais où le Hamas peine à retrouver toutes les dépouilles des otages, un casus belli pour Israël, selon le ministre de la Défense israélien, Israël Katz.
Enfin, concernant la situation sécuritaire au Liban, Nabih Berry a dit ne pas être « inquiet », rejetant « les scénarios alarmistes qui circulent et qui annoncent, sans réel fondement, une escalade ou une guerre sur le front libanais ».
Il a en outre indiqué que « toutes les évaluations indiquent que la phase suivant l’accord sur Gaza porte pour titre 'Cap sur Liban' », estimant que « cette hypothèse est la plus proche de la réalité ». « Toutefois, il n’existe pas encore d’éléments concrets sur ce qui pourrait être proposé dans ce cadre » a-t-il ajouté.
Profitant de l’arrivée de son nouvel ambassadeur au Liban, Michel Issa, Washington envisagerait d’élaborer une nouvelle feuille de route qui inclurait des indications sur l’importance de négociations directes entre le Liban et Israël pour régler la question de la délimitation de la frontière et du retrait israélien des positions qu'il occupe encore, selon nos informations.




Waynak ya Lafontaine pour écrire une fable adéquate pour ce renard??
16 h 02, le 18 octobre 2025