Le pape Léon XIV salue la foule à son arrivée pour diriger son audience générale hebdomadaire sur la place Saint-Pierre au Vatican, le 15 octobre 2025. Photo Alberto Pizzoli/AFP
Le pape Léon XIV, attendu au Liban fin novembre, sera porteur d'un « message de paix et d'espoir » pour la région qui sort de guerres meurtrières, a déclaré mercredi à l'AFP le patriarche maronite Béchara Raï.
Le Liban a connu il y a un an une guerre entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. Et un cessez-le feu a été conclu la semaine dernière pour mettre fin au conflit entre Israël et le Hamas palestinien dans la bande de Gaza.
Le souverain pontife « arrive alors que la guerre s'est arrêtée à Gaza (...) et que le Liban vit à l'ombre d'un cessez-le-feu, bien que certaines violations se produisent », a souligné le chef spirituel de la communauté chrétienne la plus influente du pays. « Le pape (...) est porteur d'un message de paix et d'espoir », a ajouté l'influent dignitaire, qui a reçu l'AFP au siège du patriarcat à Bkerké, au nord de Beyrouth.
Le pape, âgé de 70 ans, doit se rendre en Turquie puis au Liban du 27 novembre au 2 décembre pour son premier voyage à l'étranger depuis son élection en mai, selon le Vatican. « Je pense qu'il se concentrera sur la paix lors de cette visite et demandera au Liban de continuer son chemin vers la paix », a estimé le patriarche, qui a toujours plaidé pour garder le Liban, un pays multiconfessionnel, à l'écart des conflits régionaux.
Le président libanais Joseph Aoun, issu de la communauté maronite conformément au partage du pouvoir, a estimé lundi qu'il était « nécessaire de négocier avec Israël », avec lequel le Liban est toujours en état de guerre. « Le Liban a assez souffert de la guerre depuis 1975 jusqu'à aujourd'hui, il en a assez de la guerre, des tueries et des destructions, et de la dernière guerre d'Israël contre le Hezbollah », a souligné Mgr Raï, en référence notamment à la guerre civile entre 1975 et 1990.
« Coexistence »
Le Liban est sorti en novembre 2024 d'une guerre meurtrière entre le Hezbollah et Israël, qui a fait près de 4.000 morts. Malgré un cessez-le-feu, Israël poursuit ses frappes quotidiennes contre le Hezbollah, qui est en outre soumis à une intense pression pour remettre ses armes à l'Etat libanais.
Léon XIV va devenir ainsi le troisième pape à visiter le Liban après Jean-Paul II (1997) et Benoît XVI (2012). Il est attendu du 27 au 30 novembre à Iznik (nord-ouest de la Turquie) à l'occasion d'un évènement religieux, puis au Liban du 30 novembre au 2 décembre.
« Je pense que la visite du pape rappellera à tous les Libanais, chrétiens et musulmans, leur responsabilité qui est de préserver le Liban (...) », a souligné le patriarche. « La valeur du Liban réside dans le fait que chaque communauté conserve son rôle et son identité, la coexistence signifie que le chrétien a son identité propre et le musulman a la sienne », a poursuivi Mgr Raï, soulignant l'importance de la « pluralité culturelle et religieuse » du pays pour le Vatican.
Au cours de sa visite, le pape devrait rencontrer le chef de l'Etat qui l'a invité à célébrer une messe en plein air et se rendre au monastère de Mar Charbel (Saint Charbel) au nord de Beyrouth.
Le patriarche a estimé que la visite papale constituerait en outre « un grand soulagement » pour les chrétiens du Liban et des pays voisins « en Syrie, en Irak, en Iran et en Terre Sainte », épuisés par les guerres et dont le nombre s'amenuise en raison de l'émigration.



Que dieu protège notre pape Léon XIV
10 h 32, le 16 octobre 2025