Lancement de la stratégie-Grand Sérail. Ghassan Nehmé/L’Orient-Le Jour
Plus qu'un changement de nom, une véritable « transformation de concept, de vision et de rôle ». En dévoilant, vendredi, au Grand Sérail, la nouvelle stratégie de son ministère – rebaptisé « ministère du Développement social » –, en présence du Premier ministre Nawaf Salam et d’un grand nombre de ministres, députés, hauts fonctionnaires et représentants d’organisations internationales, la ministre Hanine el-Sayyed a tenu à souligner le changement de cap pris par la politique sociale du gouvernement.
« Un ministère des gens »
« Notre ministère n’est plus un simple distributeur d’aides », a-t-elle déclaré. « Il devient une institution qui pense, planifie et agit pour faire une vraie différence dans la vie des citoyens. C’est le ministère des gens, le visage humain de l’État. »
Elle a expliqué que le nouveau cadre intègre la protection sociale, les services publics et l’autonomisation économique au sein d’un système unifié, traduisant une approche holistique du bien-être. « Les besoins sociaux d’une personne ne peuvent être dissociés de sa santé, de sa stabilité économique ou de son sentiment de sécurité et de justice », a-t-elle souligné. La ministre a insisté sur le rôle central de l’inclusion économique, développée en partenariat étroit avec le secteur privé. « La vraie dignité ne peut être atteinte sans la capacité de travailler et de produire », a-t-elle affirmé, avant de conclure : « La pauvreté ne se résorbe pas par l’assistance, mais par l’autonomisation et l’opportunité. »
La ministre a par ailleurs rappelé les trois piliers du ministère : l’assistance sociale, qui comprend notamment le programme AMAN et l’allocation nationale pour les personnes en situation de handicap, dans un pays où le taux de chômage atteint jusqu’à 45 % dans certaines régions et 86 % parmi les personnes handicapées, le deuxième pilier ce sont les services sociaux, articulés autour de 165 centres de développement social et de plus de 200 partenaires, et enfin l’inclusion économique et le développement local, considérés comme leviers essentiels d’un relèvement durable. Elle a également annoncé la numérisation complète des bases de données et l’interconnexion des centres régionaux afin d’améliorer la transparence et l’accès équitable aux services publics. « Du Akkar à Tyr, de Baalbeck au Chouf, ces centres sont le visage humain de l’État », a-t-elle déclaré. « Notre ministère ne distingue ni région, ni communauté, ni confession. Il appartient à tous les Libanais. »
Reconnaissant le rôle crucial du personnel du ministère, la ministre a confirmé la réintégration à la Sécurité sociale des assistants sociaux et des employés administratifs, le lancement de programmes de formation et la préparation d’un cadre légal pour officialiser la profession d’assistant social. Mme Sayyed a également réaffirmé le rôle central du ministère dans le dossier du retour des réfugiés syriens, plaidant pour une approche coordonnée garantissant un retour sûr et digne, tout en allégeant la pression sur les communautés hôtes.
« Priorité nationale »
Rappelant que les dépenses sociales du budget 2026 ont augmenté de plus de 40 % par rapport à l’année précédente, traduisant « un message clair : la protection sociale est une priorité nationale », M. Salam a pour sa part salué le travail du ministère du Développement social, dans sa stratégie qui « s’inscrit dans les efforts pour bâtir un État de droit et non pas d’assistance, de développement et non pas d’urgence ». Le Premier ministre a évoqué « le défi de transformer l’administration en un service public et les programmes en politiques dont les résultats sont quantifiables ». Et de conclure : « Cette stratégie n’est pas la propriété de ce ministère, mais un cadre national rassembleur, dans lequel se complètent les institutions d’État. »



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