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Société - Dans La Presse

Quand un citoyen israélien raconte sa tournée à Beyrouth

La Sûreté générale libanaise n’a pas répondu à nos sollicitations pour un commentaire.

Quand un citoyen israélien raconte sa tournée à Beyrouth

Benny Wexler, citoyen israélien, pris en photo dans la banlieue sud de Beyrouth, sur le site de l'assassinat de Hassan Nasrallah, ancien chef du Hezbollah. Photo non datée, diffusée par le média libanais al-Janoubia

Un ressortissant israélien, possédant une seconde nationalité – non spécifiée –, s’est rendu au Liban et a visité différents endroits emblématiques du pays, a révélé jeudi le média israélien Yediot Aharonot. L’information, reprise par différentes publications israéliennes et libanaises, est accompagnée de photos et de vidéos prises par le jeune homme durant son séjour, le montrant devant la Grotte aux pigeons à Beyrouth, mais aussi dans le hall de l’Aéroport international de Beyrouth (AIB) ou devant la synagogue Maghen Abraham, également située dans la capitale.

Selon la loi libanaise, les citoyens israéliens sont strictement interdits d’entrée au Liban, même s’ils détiennent une double nationalité, les deux pays étant encore officiellement en état de guerre, aucune armistice n'ayant jamais été signée après des épisodes d'affrontements successifs. Les autorités libanaises considèrent tout contact avec Israël comme un délit grave. Toute personne dont le passeport comporte un tampon ou un visa israélien peut se voir refuser l’entrée dans le pays ou être détenue. Certains Israéliens possédant un second passeport sont toutefois parvenus à entrer au Liban en dissimulant leur nationalité israélienne, mais cela reste illégal et expose à des risques d’arrestation, de détention ou d’expulsion. En avril dernier, un jeune TikTokeur espagnol d’origine israélienne s’était rendu au Liban et avait abondamment documenté son séjour sur les réseaux sociaux.

Né à Beer Sheva

Selon le Yediot Aharonot, Benny Wexler serait ultraorthodoxe et aurait par le passé voyagé dans plus d’une centaine de pays, dont l’Irak, l’Afghanistan et le Soudan. Interrogé par ce média, l’homme indique avoir pris ses précautions pour entrer au Liban sans que sa nationalité israélienne ne soit découverte. Il aurait notamment réservé son billet d’avion auprès d’une agence de voyage américaine pour que son adresse IP israélienne ne soit pas détectée, changé de téléphone, caché ses cartes bancaires dans ses chaussures et rangé ses tephillin, boîtiers cubiques contenant des passages bibliques portés lors de la prière par certains juifs, dans un sac. Benny Wexler assure au Yediot Aharonot que les agents de l’immigration à l'AIB semblaient méfiants alors que le passeport de l’homme indiquait Beer Sheva comme lieu de naissance, ville israélienne du centre du pays.

Benny Wexler devant la Grotte aux Pigeons à Beyrouth (g), dans les rues de Jbeil (c) et devant la synagogue de Beyrouth (d). Photos non datées, partagées par différents médias. Montage L'Orient-Le Jour
Benny Wexler devant la Grotte aux Pigeons à Beyrouth (g), dans les rues de Jbeil (c) et devant la synagogue de Beyrouth (d). Photos non datées, partagées par différents médias. Montage L'Orient-Le Jour

Une fois sur le territoire libanais, l’homme raconte avoir été surpris par le taux de change dollar/livre libanaise et avoir logé dans un hôtel non loin de la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Il se serait ensuite mis d'accord avec un chauffeur pour l’emmener visiter des sites juifs, comme la synagogue Maghen Abraham et le cimetière juif, tous deux situés à Beyrouth. « Je n’ai rien contre les Juifs », lui aurait dit le chauffeur du nom de Mohammad, l’ayant accompagné pour 70 dollars par jour. Au cimetière, Benny Wexler assure avoir rencontré un « membre éminent de la petite communauté juive de Beyrouth », effrayé par sa visite et lui ayant demandé de fuir les lieux immédiatement. L’Israélien aurait ensuite obtenu l’autorisation de la police pour entrer à la synagogue Maghen Abraham.

Différents lieux touristiques libanais visités

Outre des lieux religieux juifs, Benny Wexler affirme au média israélien s’être également rendu à la mosquée Mohammad el-Amine dans le centre de Beyrouth ainsi qu’au port. Il aurait visité la grotte de Jeita et la ville de Jbeil. Les photos et vidéos partagées par le jeune homme au Yediot Aharonot le montrent par ailleurs devant la Grotte aux pigeons à Beyrouth ou dans une rue de Gemmayzé.

« Aucun chauffeur de taxi » ne voulait l’emmener dans la banlieue sud de Beyrouth, affirme l’Israélien au média, assurant que « tout le monde » lui avait déconseillé de s’y rendre. Il a tout de même réussi à y aller, expliquant avoir vu « des bâtiments détruits et d’innombrables affiches de Hassan Nasrallah sur les murs ». Son chauffeur de taxi au Liban l’aurait surpris, dit-il, en « exprimant son admiration » pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le qualifiant de « (Winston) Churchill de notre époque, qui a sauvé le Moyen-Orient du terrorisme ».

Lire aussi

Réactions mitigées sur les réseaux sociaux après le voyage au Liban et en Israël d'un Tiktokeur

Le média libanais al-Janoubia rapporte que la chaîne israélienne Channel 7 aurait affirmé que Benny Wexler, après son séjour au Liban, serait parti pour la Syrie. À l'heure de publication de cet article, la Sûreté générale libanaise, en charge des contrôles aux entrées et sorties du Liban, n’avait pas répondu à nos sollicitations pour un commentaire.

Pas une première

En octobre 2024, alors que la guerre faisait rage entre Israël et le Hezbollah, un ressortissant israélien avait été arrêté dans la banlieue sud de Beyrouth. Selon le média israélien Ynet News, il s'agissait de Joshua Tartakovsky, un ancien ultraorthodoxe de Jérusalem, qui était entré au Liban en tant que « journaliste d'investigation », muni d'un passeport britannique. En 2021, Alyne Tamir, une blogueuse vidéo américano-israélienne suivie par des millions d’abonnés, avait participé au marathon de Beyrouth. Après son départ du Liban, elle avait posté sur son compte Instagram une photo accompagnée d'une légende selon laquelle elle avait effectué à Beyrouth un « voyage secret ».

Un ressortissant israélien, possédant une seconde nationalité – non spécifiée –, s’est rendu au Liban et a visité différents endroits emblématiques du pays, a révélé jeudi le média israélien Yediot Aharonot. L’information, reprise par différentes publications israéliennes et libanaises, est accompagnée de photos et de vidéos prises par le jeune homme durant son séjour, le montrant devant la Grotte aux pigeons à Beyrouth, mais aussi dans le hall de l’Aéroport international de Beyrouth (AIB) ou devant la synagogue Maghen Abraham, également située dans la capitale.Selon la loi libanaise, les citoyens israéliens sont strictement interdits d’entrée au Liban, même s’ils détiennent une double nationalité, les deux pays étant encore officiellement en état de guerre, aucune armistice n'ayant jamais...
commentaires (7)

Pour 70 dollars, les libanais musulmans ou autres peuvent devenir pro- israéliens sans ambiguïté. Comme quoi, la circulation va se fluidifier bientôt entre nos frontières et on attend ce jour depuis longtemps. Visiter la Galilée et la judée est le rêve de tous les chrétiens libanais pour pèlerinage entre autres.

Wow

13 h 33, le 11 octobre 2025

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Commentaires (7)

  • Pour 70 dollars, les libanais musulmans ou autres peuvent devenir pro- israéliens sans ambiguïté. Comme quoi, la circulation va se fluidifier bientôt entre nos frontières et on attend ce jour depuis longtemps. Visiter la Galilée et la judée est le rêve de tous les chrétiens libanais pour pèlerinage entre autres.

    Wow

    13 h 33, le 11 octobre 2025

  • La Syrie et Israël, aussi officiellement en guerre, ont un contentieux territorial bien plus important que celui qui oppose l'État hébreu au pays du cèdre. Il n'empêche, le rédacteur en chef du Times of Israel s'est rendu récemment à Damas, sans se cacher, et a pu y réaliser un excellent reportage. Tout cela pour dire qu'il est plus que regrettable que des journalistes libanais - et bien sûr ceux de L'OLR - ne puissent travailler en Israël et dans les Territoires, sans risquer les pires ennuis à leur retour.

    Fingal Victor

    12 h 14, le 11 octobre 2025

  • Il y a plein de touristes comme lui au Sud Liban, mais ceux-ci ne cachent pas leur nationalité. Hassan nasrallah les avaient invités avec sa guerre absurde et ils ont gentiment accepté l’invitation. Ce pauvre nasrallah, en tant qu’agent touristique il n’y avait pas mieux. Il est irremplaçable, réussir à deux reprises de provoquer cet afflux de touristes israëliens au Sud , restera gravé dans les mémoires.

    Goraieb Nada

    07 h 30, le 11 octobre 2025

  • Il est gonflé le gars… HA HA HA… j’admire son son inconscience ?? Ou son courage ?? Mais il faut dire que c’est un scoop … comme quoi… les libanais… le chauffeur de Taxi et tous les autres… ( même la police) ne sont pas antisémites… surtout si pour le chauffeur de taxi ….la journée du taxi lui revient à 70 dollars de recettes par jour … :) …:). Il pourrait même se convertir à ce prix quotidien hehehe…merci pour cet article. Ca nous propulse dans un monde où la paix pourrait être établie et la circulation libre pacifique serait une réalité… Comme dit la chanson : »All I have to do is dream »

    LE FRANCOPHONE

    19 h 52, le 10 octobre 2025

  • Allez, dans quelques mois, Inchallah, si Trump réussit son coup, on pourra nous aussi aller visiter Tel Aviv et Jerusalem :-)

    Alain

    18 h 31, le 10 octobre 2025

  • Encore un "touriste de guerre". La provocation à son comble !!!!!!

    nabil

    18 h 27, le 10 octobre 2025

  • Et qui a dit que le Liban n'est pas un pays touristique?

    Alexandra

    18 h 21, le 10 octobre 2025

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