Des manifestants défilent lors de la journée internationale d'action « Rise Up for Gaza » à New York, le 4 octobre 2025. Kena Betancur / AFP
L'annonce d'un accord de cessez-le feu entre Israël et le Hamas éclipse une réunion prévue ce jeudi à Paris sur l'avenir de Gaza, mais la France y voit une opportunité d'engagements concrets pour une paix durable et la solution à deux Etats. L'accord devant mettre fin aux deux années de guerre dévastatrice et conduire à la libération des otages encore aux mains du Hamas doit être signé jeudi en Egypte, selon une source palestinienne proche du dossier.
Parallèlement, les ministres des affaires étrangères du « Quint européen » (Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni), du « Quint arabe » (Arabie Saoudite, Egypte, Emirats Arbes Unis, Jordanie, Qatar) ainsi que ceux de l'Union européenne, du Canada et de Turquie seront réunis dans la capitale française pour travailler sur « le jour d'après ».
Cette réunion de Paris est prévue à partir de 18H00 (15H00 GMT). Elle a été organisée plusieurs jours avant l'annonce de l'accord et devait permettre de poursuivre les « efforts menés par la France depuis de longs mois pour mettre fin à la guerre à Gaza et ouvrir un chemin vers la paix », avait indiqué une source diplomatique française. L'accord du Caire change un peu la donne et tombe « finalement plutôt bien puisque les ministres vont pouvoir se concentrer sur les engagements concrets sur l'après-guerre », a réagi un autre diplomate européen.
Cela « permettra de travailler à la mise en œuvre du plan de paix et à l'opérationnalisation des principaux paramètres du 'jour d'après' », selon un communiqué du ministère français des Affaires étrangères publié jeudi : la sécurité, la gouvernance et la reconstruction.
Forces de sécurité
Le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani, qui s'est félicité des « très bonnes nouvelles » arrivant du Moyen-Orient, a répété jeudi que l'Italie était « prête à prendre sa part pour consolider le cessez-le-feu, acheminer de nouvelles aides humanitaires et participer à la reconstruction de Gaza ». Sur le plan sécuritaire, les Européens sont favorables à la mise en place d'une mission internationale de stabilisation à Gaza, sous l'égide des Nations Unies, avec l'objectif de transférer progressivement les responsabilités en matière de sécurité intérieure à une Autorité palestinienne réformée à Gaza. Cette force a vocation à remplacer l'armée israélienne et travailler à désarmer le groupe islamiste palestinien Hamas, l'un des points du plan du président américain Donald Trump.
L'Italie est « prête à envoyer des militaires en cas de création d'une force internationale de paix visant à la réunification de la Palestine », a souligné Antonio Tajani jeudi. L'Indonésie a également fait savoir qu'elle serait prête à envoyer des troupes. La France table plutôt sur une aide sous la forme de formations des forces de sécurité palestiniennes et/ou d'un soutien financier pour leurs équipements par exemple. Les pays arabes ont, eux, « marqué leur intérêt » sans annonce concrète, selon des diplomates européens. Ils seront donc attendus sur ce point.
Au total, « 10 000 membres des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne seraient nécessaires pour sécuriser Gaza de manière autonome », selon un document de travail qui avait été présenté aux pays arabes par la France en septembre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU et dont l'AFP avait obtenu une copie.
Colère israélienne
Israël a vertement critiqué l'initiative française, estimant que celle-ci était « superflue et préjudiciable », selon le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar sur X mercredi. Cette réunion est « une tentative supplémentaire du président Macron de détourner l'attention de ses problèmes intérieurs au détriment d'Israël », a-t-il ajouté, en référence à la crise politique française. « Bien entendu, les participants peuvent aborder les sujets qu'ils souhaitent, mais aucun accord à Gaza ne pourra être conclu sans le consentement d'Israël », a insisté le ministre israélien. « Rien ne sera décidé sur Israël sans Israël. Israël n'acceptera pas l'internationalisation du conflit ! »
Le grand absent de la réunion sera le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, dont la venue a été un temps annoncée. Pour l'heure, les États-Unis, bien qu'incontournables, ne sont donc pas représentés.
Annoncé le 29 septembre, le plan du président américain Donald Trump prévoit une première phase avec un cessez-le-feu et la libération dans les 72 heures des otages. La seconde phase doit se concentrer sur le retrait par étapes de l'armée israélienne et le désarmement du Hamas, des sujets précisément au coeur des discussions de Paris.




Il dit …« Cette réunion est « une tentative supplémentaire du pdt Macron de détourner l'attention de ses problèmes intérieurs »…En fait, nous ne savons pas dans quelle mesure les problèmes de MACRON ne seraient pas plutôt, le prix qu’il paie par rapport à ses positions internationales.Entre les russes, israel, USA et même les français eux-mêmes.il pourrait y avoir de fortes chances de manipulations pour garder la situation bloquée encore plus…si l’on s’en souvient la première manifestation a été organisée par les réseaux sociaux. sans omettre la responsabilité de M MACRON lui-même Évidemment
15 h 21, le 09 octobre 2025