Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, en août 2025. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine.
L’élan de soutien sunnite à Nawaf Salam après l’incident de Raouché se poursuit. Au lendemain des déclarations de solidarité des trois anciens Premiers ministres (Tammam Salam, Fouad Siniora et Nagib Mikati) et d’une dizaine de députés, le Premier ministre a reçu jeudi au Sérail le député Achraf Rifi (Tripoli). Ce farouche opposant au Hezbollah a réaffirmé son « soutien » à M. Salam. « Le temps où l’on levait le doigt pour menacer les Libanais ne reviendra pas », a-t-il lancé à l’issue de la rencontre.
« Je dis au mini-État vaincu : le temps où l’on levait le doigt en menaçant les Libanais ne reviendra pas. Ce doigt est brisé à jamais, et notre volonté, en tant que libanais libres, est plus forte et plus solide que tout projet de chaos ou de tutelle », a affirmé M. Rifi, qui avait déjà, à plusieurs reprises ces derniers jours, marqué son appui au Premier ministre dans des messages sur son compte X.
Lors de la commémoration de l’assassinat de l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et de son successeur désigné Hachem Safieddine, organisée la semaine dernière à Raouché, le parti chiite avait projeté le visage de son ex-chef ainsi que son geste emblématique du doigt levé, utilisé à maintes reprises comme signe de défi ou de menace. La projection, à laquelle a notamment assisté le chef de l’unité de liaison et de coordination du Hezbollah, Wafic Safa, a eu lieu en violation d’une décision administrative du mohafez (gouverneur) de Beyrouth, Marwan Abboud, qui avait, sur ordre de M. Salam, limité le nombre de participants et interdit toute projection lumineuse des portraits des responsables du Hezbollah sur la Grotte aux pigeons. Cela a provoqué un épisode de tension entre le Premier ministre et le président Joseph Aoun, qui a pris la défense des forces de l’ordre, accusées de ne pas avoir pu empêcher cette projection illégale.
« Je suis convaincu que le président Salam, fils de Beyrouth, est sorti plus fort par son attachement à la loi, et qu’il ne reculera pas dans la protection des institutions. Tous les Libanais libres sont avec lui », a encore déclaré Achraf Rifi, appelant en outre à l’application des décisions gouvernementales sur le désarmement du parti chiite.
« Un seul État, une seule loi, une seule armée »
Le Premier ministre s’est également entretenu avec le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, le directeur général des Forces de sécurité intérieure, Raëd Abdallah, ainsi que Mahmoud Kobrosli qui est à la tête des services de renseignements des FSI. Il a également reçu diverses délégations d’organisations beyrouthines, comme l’Association al-Makassed ou les Jeunes de Beyrouth, qui lui ont exprimé leur soutien. « Le plus grand perdant de ce qui s’est passé à Raouché est la crédibilité de l’organisateur et de ceux qui le soutiennent, car ils ont manqué à leurs engagements, a déclaré M. Salam. La restauration de l’autorité de l’État passe par l’application de la loi et la tenue responsable de ceux qui n’ont pas respecté leurs engagements », a déclaré le chef du gouvernement, dans une pique au Hezbollah. Et d’ajouter : « Il est certain que cela aura des répercussions, et l’affaire de Raouché n’est pas close. Le rétablissement de l’autorité de l’État passe par l’application de la loi et la sanction de ceux qui n’ont pas respecté leurs engagements. »
En effet, le procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, a interrogé jeudi deux individus dans le cadre de l’enquête. Selon l’ANI, le juge Hajjar a ordonné la remise en liberté de l’un des deux individus sous caution, tandis que l’autre, propriétaire de l’appareil laser utilisé pour projeter les images, a été maintenu en détention. Il a également convoqué trois autres personnes pour être interrogées vendredi. Mercredi, le procureur général avait émis des avis de recherche et d’enquête contre deux individus qui avaient refusé de se présenter après avoir été convoqués.
On ignore s’il s’agit des mêmes personnes entendues jeudi.M. Salam a également réaffirmé son attachement au monopole des armes par l’État. « Les citoyens ne peuvent pas se sentir égaux tant que certains groupes possèdent des armes, a-t-il affirmé. Au début de la semaine prochaine, un mois se sera écoulé depuis la décision du 5 septembre, et nous examinerons le premier rapport de l’armée sur le plan relatif au monopole des armes. Certains s’y opposeront, mais nous n’avons pas d’autre choix. Je n’ai pas emprunté et n’emprunterai jamais une autre voie : un seul État, une seule loi, une seule armée. »




Bravo Monsieur le Premier Ministre !
15 h 34, le 03 octobre 2025