Le Premier ministre sortant Nagib Mikati (au centre) entouré de sss prédecesseurs, Tammam Salam (à droite) et Fouad Siniora, le 12 septembre 2024. Photo d'archives diffusée par le Grand sérail.
Les anciens Premiers ministres Nagib Mikati, Fouad Siniora et Tammam Salam se sont réunis mercredi pour discuter des développements régionaux et locaux, insistant sur le fait que « l’objectif suprême (...) est de préserver l’unité du pays et l’unité de l’autorité dans la gestion des affaires de l’État », rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
À l'issue de leur réunion, les trois anciens présidents du Conseil ont publié un communiqué dans lequel ils ont souligné que « l'objectif suprême et le plus important dans ces circonstances est de préserver l'unité du pays et l'unité de l'autorité dans la gestion des affaires de l'État, notamment dans la mise en œuvre des mesures qui garantissent le respect et l'application de la Constitution, de l'accord de Taëf et de l'État de droit. » Ils ont, dans ce cadre, appelé à la « coopération et la solidarité des autorités constitutionnelles afin d'atteindre ces objectifs et de renforcer la confiance dans l'unité nationale et la gouvernance ».
Cette déclaration sur l'importance de l'unité des dirigeants intervient alors que des remous ont agité la relation entre le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun, après la polémique de l'illumination par le Hezbollah du rocher de Raouché, lieu touristique et symbolique de la côte beyrouthine. Le Premier ministre avait alors laissé entendre que l'armée et les forces de l'ordre auraient dû empêcher cette projection, contraire à une décision administrative, tandis que le chef de l'État a pris la défense de la troupe et dénoncé toute critique à son encontre. Les deux hommes se sont entretenus mardi à Baabda et ont eu « une discussion en toute franchise », qui a débouché sur un accord pour « poursuivre leur coopération », selon une source au courant de la teneur de la réunion contactée par L'Orient-Le Jour.
Sur le plan interne, les trois leaders sunnites ont en outre condamné « la poursuite par l’ennemi israélien de ses agressions contre le Liban-Sud » et appelé à « contraindre Israël à cesser son agression » et se retirer « des cinq points et collines qu’il occupe » au Liban-Sud, près de la frontière. Ils ont également réitéré « leur soutien, leur attachement et leur insistance aux deux décisions du Conseil des ministres adoptées le 5 août et le 5 septembre derniers, stipulant que les armes doivent être exclusivement aux mains de l’État libanais, et sur la nécessité de leur mise en œuvre, sans aucun recul ni hésitation, conformément aux dispositions de la Constitution et de l’Accord de Taëf », rejoignant les positions et vues du Premier ministre, Nawaf Salam, cousin de Tammam.
Malgré les décisions gouvernementales, le Hezbollah refuse de discuter de son désarmement tant qu'Israël occupe des positions au Liban et bombarde son territoire. De son côté, Israël dit « forcer » l'accord de cessez-le-feu entre le Liban et l'État hébreu, signé le 27 novembre 2024, qui prévoit le désarmement du parti chiite, au moins dans la zone au sud du Litani, soit sur près de 30 kilomètres de profondeur depuis la frontière avec Israël.
Les anciens Premiers ministres ont également exprimé leur espoir que « l’on progresse dans les réformes économiques, financières et administratives, et que l’on œuvre avec persévérance au lancement de la reconstruction des destructions causées par les agressions israéliennes contre le Liban, de manière à permettre à l’État d’obtenir davantage de soutien arabe et international pour renforcer les capacités de l’armée et des forces de sécurité libanaises ». La communauté internationale conditionne toute aide au Liban au désarmement du parti chiite pro-iranien, tandis que Beyrouth est incapable seul de pourvoir le montant nécessaire à la reconstruction des zones détruites, qui s'élève à plusieurs milliards de dollars.
« Sauver le Liban des nombreux dangers qui l'entourent »
Évoquant la question palestinienne, marquée par une reconnaissance accrue de l'État de Palestine par des pays membres de l'ONU, et un possible accord pour une « paix » à Gaza, les anciens Premiers ministres ont dénoncé « la poursuite de la guerre d’extermination menée par Israël contre les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, ainsi que ses tentatives persistantes de liquider la cause palestinienne ». Ils ont également salué « les démarches entreprises par de nombreux pays amis en vue de reconnaître l’État de Palestine, comme un signe encourageant indiquant que la communauté internationale ne se soumettra pas à la politique du fait accompli que tente d’imposer le gouvernement Netanyahu ».
MM. Mikati, Siniora et Tammam Salam ont estimé que « la fin de la guerre à Gaza soutient la position de l’État libanais, qui aspire à voir le Liban se relever et être sauvé des nombreux dangers qui l’entourent ». Selon eux, « le plan du président américain Donald Trump prévoit une fin « immédiate » de la guerre en cours depuis le 7 octobre 2023 et un retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza (...) la libération de tous les otages et d’un grand nombre de prisonniers palestiniens ».
Dans la journée, M. Salam a également reçu une délégation conduite par le député Fouad Makhzoumi, ainsi qu’une autre composée des députés Walid al-Baarini, Nabil Badre, Imad Hout et Bilal al-Houcheimi, tous sunnites.




Mikati appuie Nawaf pour protéger l’Etat. Lorsqu’on pense qu’il était le candidat favori de la milice , on ne peut pas s’empêcher de sourire. Finalement il faut du courage pour être premier ministre et s’opposer à un gang de voyous vendus, armés, arrogants et friands de sang et de mort. A ce jour Nawaf a montré qu’il en était capable,… bien plus que d’autres ! Le juge Salam représente aujourd’hui le Droit. On n’avait jamis vu ça depuis des décennies. Pas seulement les sunnites doivent l’appuyer mais bien tous les bons Libanais.
08 h 11, le 02 octobre 2025