Illustration : Guilhem Dorandeu d'après João Sousa et AFP
L’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, accusé de détournement de fonds, a quitté son lieu de détention à l’hôpital Bhannès (Metn), où il recevait des soins, sous étroite surveillance sécuritaire et à l’abri des caméras. Il a versé directement à la Caisse de mutuelle des magistrats, au ministère de la Justice, la caution de 14 millions de dollars fixée par la chambre d’accusation de Beyrouth. La justice statuera ultérieurement sur l’utilisation de cette somme, conformément aux jugements attendus.
« Riad Salamé a quitté à l'instant l'hôpital de Bhannès, où il était détenu et soigné sous surveillance sécuritaire », a déclaré un responsable sous couvert d'anonymat à l'AFP. L’interdiction de voyager entre en vigueur dès le paiement de la caution, a précisé le responsable libanais.

Son avocat, Marc Habka, a déclaré aux journalistes devant Bhannès que « la libération de Riad Salamé a été décidée par la chambre d’accusation de Beyrouth », soulignant que « Riad Salamé est aujourd’hui un homme libre ». « Nous espérons que Riad Salamé sera jugé conformément à la loi et non devant des tribunaux populaires », a-t-il ajouté.
M. Habka a précisé que « le versement de la caution par Riad Salamé ne constitue en aucun cas une reconnaissance des charges retenues contre lui », expliquant que « le chef du parquet de cassation, le juge Jamal Hajjar a procédé à la vérification de l’origine des fonds de M. Salamé apportés pour la caution, et nous en prouverons leur origine, documents et pièces à l’appui ».« Nous poursuivrons toute personne qui porterait atteinte au secret de l’instruction ou qui tenterait d’influencer la justice par le populisme. », a-t-il également assuré. Selon nos informations, le juge Hajjar a ouvert une enquête sur l’origine des fonds afin d’en vérifier la légitimité. Dans ce cadre, la police criminelle s’est rendue à Bhannès pour interroger M. Salamé.
L’affaire pour laquelle Riad Salamé a été appelé à payer cette caution est celle du Compte de consultations lié à des transactions de quelque 44 millions de dollars, entre la société de courtage financière Optimum Invest et la Banque du Liban. Ces virements bancaires auraient été effectués à partir d'Optimum Invest à un compte de consultation de la BDL avant d'être versés dans des comptes privés.
La précédente Chambre d’action de Beyrouth sous la présidence du juge Nassib Élia avait fixé le 26 août dernier la caution pour la libération de M. Salamé à 20 millions de dollars, un record dans l’histoire de la justice libanaise. La nouvelle Chambre d’accusation, présidée cette fois par le juge Kamal Nassar, a accepté de revoir cette caution à la baisse, la fixant le 25 septembre à 14 millions de dollars. L'avocat Marc Habka avait présenté pour sa part une requête pour la libération de son client sans caution, se référant à l'article 108 du code de procédure pénale, selon lequel les prévenus peuvent sortir de détention sans payer de caution après un an de détention.
Riad Salamé, dont le mandat s'est terminé fin juillet 2023, est poursuivi pour « malversations financières présumées » dans plusieurs affaires au Liban et à l'étranger. Il est arrêté depuis septembre 2024. Des accusations qu'il continue de rejeter. Avec le paiement de cette caution, il ne fait plus l’objet de mandats d’arrêt au Liban. En juillet dernier, une caution de 3 millions de dollars avait été fixée à M. Salamé dans le cadre d’une autre affaire, celle de l’exploitation de biens en France, notamment un appartement situé sur les Champs-Élysées. Cette caution, apprend-on de source bien informée, a été payée fin août sous forme de biens fonciers.



Salma ya Salama, rohna wou jina bi salama... bon, ben passons aux choses serieuses: OU SONT LES MILLIARDS DES LIBANAIS!!!
16 h 22, le 27 septembre 2025