La salle des pas perdus, au Palais de justice de Beyrouth. Photo C.A.
Une ancienne directrice de l’agence de Jounieh de Cedrus Bank, C.F., a été arrêtée et interrogée mercredi dans le cadre d’une plainte présentée par un déposant, R.M., dermatologue renommé, pour une affaire de falsification de signature dans laquelle un montant de plus d’un million de dollars (dis « frais ») aurait été frauduleusement retiré de son compte. L’interrogatoire a été mené par la police criminelle, sous la supervision de l’avocate générale près la Cour de cassation Myrna Kallas, qui avait auditionné personnellement le directeur général de la banque, l’ancien ministre Raëd Khoury, la semaine dernière. L’employée a été mise en garde à vue, le temps que les investigations préliminaires soient achevées, précise une source proche du dossier, soulignant que celles-ci se fondent sur des plaintes déposées par le client contre Cedrus Bank, représentée par Raëd Khoury, directeur général, Fadi Assali, PDG, et un autre cadre, Raoul Cherfane.
L’affaire remonte au début de l’année en cours, lorsque la nièce de R.M., cliente de la même banque, a découvert que le solde de son compte, qui s’élevait à 100 000 dollars, avait été réduit à seulement 2 000, alors qu’elle n’y avait jamais touché. Cette découverte a poussé R.M. à vérifier ses propres comptes, ce qui l’a conduit à constater à son tour la disparition de son argent. Selon ses vérifications, la signature utilisée pour retirer son argent ne correspond pas à celle de sa sœur, à qui il avait donné une procuration pour ce type d’opérations. Des investigations internes de la banque s’en étaient suivies, confirmant que la signature n’était pas celle de la mandataire. Le médecin a accusé la directrice de l’agence de Jounieh d’avoir effectué le retrait à son insu, précise une source au sein de la banque, indiquant que la directrice a nié les faits qui lui sont reprochés. Celle-ci a ensuite été licenciée par la direction, tandis que des plaintes ont été déposées contre elle, d’une part par la banque elle-même, et de l’autre par le déposant, qui a également porté un recours contre Cedrus.
La source bancaire précitée conteste ce recours, R.M. n’ayant pas contesté l’authenticité de la signature de sa sœur « lorsqu’il s’agissait de dépôts auprès de la banque ou d’un virement de fonds vers une banque à l’étranger, effectués avec la même signature qu’il remet en cause ». Une source proche du déposant réplique en affirmant que la sœur validait effectivement ces opérations par sa propre signature, mais que celles-ci étaient ensuite frauduleusement modifiées, notamment par des changements de dates d’échéance, dates d’entrée des fonds dans la banque, ou encore des délais de transfert vers l’étranger. Cette « escroquerie » impliquait la contrefaçon de la signature pour « falsifier » ces dates, insiste-t-elle.
Sur un autre plan, la source bancaire affirme que la sœur de R.M. avait validé, à la fin de l’année dernière, toutes les opérations de dépôt et de retrait, en apposant sa signature « sur chacune des 29 pages » du relevé de compte, approuvant ainsi un solde réduit à « quelques dizaines de milliers de dollars ». Cette source s’interroge dès lors sur les motifs ayant conduit à la contestation de ce solde, un mois plus tard. En réponse, la source proche du médecin affirme que les vidéos de caméras de surveillance montrent comment sa sœur était incitée par les responsables de la banque à signer « à la va-vite » des relevés qu’elle ne pouvait pas lire, ces responsables lui assurant qu’il s’agissait d’une procédure routinière.
Selon la source bancaire, le médecin entretenait auparavant des relations « étroites » avec la directrice en question, à qui il accordait une grande confiance, au point de l’avoir chargée de gérer ses fonds pour des placements financiers, notamment à travers des opérations de change. La source proche de R.M. réplique que « ces liens n’étaient pas plus étroits que ceux qui se nouent habituellement entre des clients réguliers d’un établissement bancaire et son équipe ».
« Des activités qui ne concernent pas » Cedrus Bank
La banque déplore, par ailleurs, l’implication de son nom dans « des activités qui ne la concernent pas », précisant que l’établissement « ne peut être tenu responsable d’opérations qui n’ont pas trait à des dépôts effectués sur le comptoir, assortis de reçus remis au client ». Ces déclarations sont vivement contestées par la source proche du dermatologue qui soutient que ce dernier était contacté par la directrice en sa qualité de représentante de la banque, pour lui proposer des produits financiers émis par la Banque du Liban.
Contactés de part et d’autre par notre publication, les avocats de la directrice et du client de la banque, respectivement Alain Khoury et Rita Rahmé, ont affirmé ne pas vouloir commenter un dossier en cours d’enquête et dont ils assurent la défense. Me Rahmé s’est contentée d’affirmer qu’une confrontation devrait avoir lieu prochainement entre toutes les parties. Une source proche du dossier affirme à cet égard que cette confrontation est indispensable, d’autant que certains mouvements financiers, tel le retrait de 500 000 dollars déposés le jour même par R.M., n’ont pas pu être réalisés sans la connivence des supérieurs hiérarchiques de la directrice.



Cedrus Bank, une banque issue purement de la mafia Aounist, CPL, et Riad salame.....
10 h 43, le 29 septembre 2025