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Politique - Éclairage

Le Hezbollah affaibli mais son système tient toujours

« Il y a une prise de conscience », au sein de la communauté internationale, que « le Hezbollah prospère dans une économie faible, instable et basée sur le cash », explique le chrecheur Sami Zoughaib.

Un portrait de combattants du Hezbollah tués par Israël, sur des décombres du village frontalier de Blida, au Liban-Sud, le 16 avril 2025. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Un an après la guerre meurtrière contre Israël qui l'a décapité, le puissant Hezbollah continue de payer ses combattants et son réseau d'institutions fonctionne toujours au Liban, selon des témoins et des experts. Sous intense pression pour remettre ses armes, le parti chiite soutenu par l'Iran est aussi soumis à une campagne visant à asphyxier son empire financier.

L'émissaire américain Tom Barrack a affirmé lundi que le groupe recevait « 60 millions de dollars par mois », sans en préciser l'origine. Plusieurs membres et partisans du Hezbollah, interrogés par l'AFP, ont tous affirmé, sous couvert d'anonymat, qu'ils continuaient de recevoir des versements mensuels en espèces. Les combattants touchent entre 500 et 700 dollars, selon deux d'entre eux, plus que le salaire minimum au Liban. La veuve d'un combattant a indiqué que les familles des « martyrs » du Hezbollah continuaient de recevoir des allocations notamment pour payer le loyer.

Éclairage

Sous pression, le Hezbollah réinvente ses canaux d’approvisionnement

Le Hezbollah gère un vaste réseau d'écoles, d'hôpitaux et d'organisations communautaires au service de ses partisans, ce qui en fait « l'un des plus grands employeurs du Liban », selon Joseph Daher, chercheur et spécialiste de l'économie politique du parti. Le groupe, un an après la mort de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué dans un bombardement israélien le 27 septembre 2024, est « sous pression politique et économique », reconnait M. Daher, mais « il est très difficile de savoir » dans quelle mesure il est réellement affecté.

Surveillance renforcée

Un responsable du Hezbollah qui a requis l'anonymat a affirmé que le mouvement avait déboursé « un milliard de dollars » pour aider quelque 50.000 familles dont les habitations ont été détruites ou endommagées lors de la guerre qui a pris fin en novembre 2024. L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces chiffres. Ces aides couvrent le loyer, le mobilier ou les réparations, selon plusieurs personnes qui en ont bénéficié.

Mais contrairement à la guerre précédente entre le Hezbollah et Israël en 2006, le Hezb n'a pas pris en charge la reconstruction des habitations totalement détruites. Son chef, Naïm Kassem, a affirmé que cela revenait au gouvernement libanais.

Depuis l'arrivée d'un gouvernement soutenu par la communauté internationale, le Liban, qui s'est engagé à désarmer le Hezbollah malgré son opposition, a renforcé la surveillance des flux de liquidités entrant dans le pays, en particulier depuis l'Iran, principal bailleur du mouvement armé. « Il y a une prise de conscience », au sein de la communauté internationale, que « le Hezbollah prospère dans une économie faible, instable et basée sur le cash », explique Sami Zoughaib, chercheur au Policy Initiative, un groupe de réflexion basé à Beyrouth.

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En juillet, la Banque centrale a interdit toute transaction avec la société financière Al-Qard al-Hassan, liée au Hezbollah et sanctionnée par les Etats-Unis, à laquelle ont recours de nombreux chiites libanais qui constituent la base du mouvement. Mais l'institution, dont des bureaux ont été bombardés par Israël, continue de fonctionner selon des témoignages. Très populaire depuis l'effondrement du secteur bancaire en 2019, elle accorde des prêts en dollars contre des dépôts en or. Une cliente qui a requis l'anonymat a affirmé avoir « pris peur » après la décision de la Banque centrale, mais a assuré avoir pu rembourser son prêt et récupérer son or.

De l'argent par avion

L'économie du Hezbollah repose largement sur des flux en espèces, parfois acheminés par vols commerciaux, selon des experts. Le Liban a suspendu indéfiniment les vols en provenance d'Iran en février, après des menaces d'Israël. Une source sécuritaire libanaise a indiqué que des passagers arrivant de pays d'où le parti reçoit habituellement des fonds, dont l'Irak, faisaient l'objet de fouilles renforcées à l'aéroport de Beyrouth. Les Etats-Unis, ainsi que plusieurs pays occidentaux et du Golfe, accusent le Hezbollah de financer ses activités via des trafics, y compris le commerce du captagon, une amphétamine de synthèse illégale. Le parti jaune rejette ces accusations.

Selon M. Daher, le Hezbollah continue d'engranger des revenus grâce à « ses propres affaires », dont certaines « en Irak », et des hommes d'affaires affiliés ailleurs dans le monde. Un récent rapport du gouvernement canadien affirme que le Hezbollah recourt à divers moyens — entreprises, cryptomonnaies, virements bancaires et fonds caritatifs — pour recevoir « des fonds sortant du Canada ».

Selon M. Daher, la chute en décembre du président syrien Bachar el-Assad, son allié, a constitué « le plus grand revers ». Le parti ne recevait « pas seulement des armes, mais aussi de l'argent liquide » par la frontière poreuse entre Liban et Syrie, dit-il.

Un an après la guerre meurtrière contre Israël qui l'a décapité, le puissant Hezbollah continue de payer ses combattants et son réseau d'institutions fonctionne toujours au Liban, selon des témoins et des experts. Sous intense pression pour remettre ses armes, le parti chiite soutenu par l'Iran est aussi soumis à une campagne visant à asphyxier son empire financier.L'émissaire américain Tom Barrack a affirmé lundi que le groupe recevait « 60 millions de dollars par mois », sans en préciser l'origine. Plusieurs membres et partisans du Hezbollah, interrogés par l'AFP, ont tous affirmé, sous couvert d'anonymat, qu'ils continuaient de recevoir des versements mensuels en espèces. Les combattants touchent entre 500 et 700 dollars, selon deux d'entre eux, plus que le salaire minimum au...
commentaires (3)

Un parti qui ne cesse de se réclamer pieux et croyant et qui en parallèle se nourrit de trafics de drogues et de trésors de guerre est une calamité. Comment ses partisans acceptent ils ses aides alors qu’ils connaissent la provenance de cet argent sale, qui leur coûte leur vie. Ils se disent croyants et pieux? Alors se rendent ils comptent qu’ils paient les conséquences de leur consentement à vivre grâce à de l’argent imbibé de sang d’innocents pour les faire taire?

Sissi zayyat

13 h 20, le 25 septembre 2025

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Commentaires (3)

  • Un parti qui ne cesse de se réclamer pieux et croyant et qui en parallèle se nourrit de trafics de drogues et de trésors de guerre est une calamité. Comment ses partisans acceptent ils ses aides alors qu’ils connaissent la provenance de cet argent sale, qui leur coûte leur vie. Ils se disent croyants et pieux? Alors se rendent ils comptent qu’ils paient les conséquences de leur consentement à vivre grâce à de l’argent imbibé de sang d’innocents pour les faire taire?

    Sissi zayyat

    13 h 20, le 25 septembre 2025

  • Tous des chômeurs subventionnés…

    Mago1

    04 h 26, le 25 septembre 2025

  • Ils ont un système mafieux qui leur permet de tenir, Captagon etc...

    Zeidan

    12 h 12, le 24 septembre 2025

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