Sit-in de militaires à la retraite vendredi 19 septembre 2025 dans la localité de Halba (Akkar). Photo transmise à notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak.
Deux jours après des manifestations qui ont bloqué plusieurs routes dans le pays, un nouveau sit-in de militaires à la retraite a coupé les deux voies de l’autoroute Tripoli–Beyrouth, au niveau du pont Palma, à l’entrée-sud de la ville de Tripoli, ainsi qu’à Bhannine, rapporte notre correspondant dans la région Michel Hallak.
Les manifestants protestent contre la détérioration de leurs conditions de vie en raison de la crise économique qui frappe le Liban depuis 2019 et réclament une amélioration de leurs pensions de retraite et des aides financières.
« Après le mouvement mené il y a deux jours et l’annonce du début d’une escalade de nos actions revendicatives au mois de septembre, l’Association des anciens combattants et le Rassemblement du mouvement des retraités des forces armées ont décidé d’organiser des mobilisations de protestation le vendredi 19 septembre 2026, à partir de 7 heures, dans le caza de Tripoli » explique un communiqué du mouvement des militaires retraités.
Un sit-in a également eu lieu devant le bâtiment du ministère des Finances à Halba (Akkar), et devant la Banque du Liban, rapporte notre correspondant. L’Association des anciens combattants et le rassemblement du mouvement des retraités du comité de Tripoli ont présenté à l'avance leurs excuses aux habitants de Tripoli et de sa région.
Ils appellent tous les retraités à « participer massivement » pour exprimer leur colère face aux « privations » à leur encontre dans le budget 2026, qui « exclut toutes les revendications portées par les militaires, les retraités, ainsi que les familles des martyrs et des personnes handicapées ». Le Conseil des ministres, présidé par Nawaf Salam, s’était réuni jeudi au Grand Sérail pour poursuivre l’examen de l’avant-projet de budget 2026. Le gouvernement espère finaliser son étude d’ici la fin de la semaine.
Pour sa part, la Ligue des fonctionnaires de l’administration a annoncé dans un communiqué son refus du nouveau budget « qui ne comporte aucune mention d’un ajustement des salaires de la fonction publique ». Le texte fustige « la politique d’atermoiements du gouvernement », allant même jusqu’à parler « des mensonges évidents de l’administration ». La Ligue appelle ses membres, fonctionnaires et contractuels, « à rester prêts à une escalade inédite », brandissant la menace d’une « grève totale qui gèlerait toute l’activité dans les administrations ».
Ces manifestations interviennent alors que le Liban continue de subir les conséquences de la crise économique inédite de 2019. Les Libanais ont alors vu leurs économies dans les banques bloquées et dévalorisées du fait de la dépréciation du taux de change de la livre libanaise face au dollar. Si les salaires ont été en partie réajustés depuis et des aides octroyées aux militaires et fonctionnaires, celles-ci demeurent largement insuffisantes, alors que l'inflation continue de grimper. L’avant-projet de budget préparé par le ministre des Finances ne prévoit cependant aucun ajustement global des salaires et des retraites.



Question très simple : Et quid de la pléthore de fonctionnaires inutiles qui ont gonflé les dépenses salariales des administrations en contrepartie de leur voix éléctorale en faveur de qui on sait ?
14 h 33, le 20 septembre 2025