Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chibani (C), observe tandis que son homologue jordanien, Aïman Safadi (G), salue l’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, après une conférence de presse à Damas, le 16 septembre 2025. Photo AFP/LOUAI BESHARA
Le président syrien, Ahmad el-Chareh, a déclaré mercredi que les négociations en cours avec Israël pour parvenir à un pacte de sécurité pourraient aboutir à des résultats « dans les prochains jours », affirmant aux journalistes à Damas que ce pacte de sécurité était une « nécessité » et qu’il devrait respecter l’espace aérien et l’unité territoriale de la Syrie, tout en étant placé sous la supervision des Nations unies, rapporte l'agence Reuters.
Le jour même, une rencontre, ayant duré cinq heures, a eu lieu à Londres entre le ministre israélien Ron Dermer, le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chibani et l’envoyé américain, Tom Barrack, a rapporté le site Axios, citant une « source informée », qui précise que des progrès avaient été réalisés « en vue d’un possible accord ». Durant la rencontre, la partie syrienne a présenté sa réponse à la proposition israélienne concernant un accord de sécurité entre les deux pays, toujours selon le site d'informations. La proposition israélienne comprenait une carte des zones démilitarisées envisagées depuis Damas, vers le sud-ouest, jusqu’à la frontière avec Israël, selon deux sources au fait du dossier, citées il y a deux jours par Axios.
La Syrie et Israël sont en pourparlers afin de conclure un accord qui, espère Damas, garantirait l’arrêt des frappes aériennes israéliennes et le retrait des troupes israéliennes ayant pénétré dans le sud de la Syrie.
Reuters a rapporté cette semaine que Washington faisait pression sur la Syrie pour parvenir à un accord avant le rassemblement des dirigeants mondiaux la semaine prochaine à l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. Mais Ahmad el-Chareh, lors d’un point de presse avec des journalistes, dont Reuters, avant son déplacement prévu à New York pour assister à la réunion, a nié que les États-Unis exerçaient une quelconque pression sur la Syrie et a affirmé qu’ils jouaient plutôt un rôle de médiateur. Il a déclaré qu’Israël avait mené plus de 1 000 frappes en Syrie et plus de 400 incursions terrestres depuis le 8 décembre, date à laquelle l’offensive rebelle qu’il dirigeait avait renversé l’ancien dirigeant syrien Bachar el-Assad.
M. Chareh a estimé que les actions d’Israël contredisaient la politique américaine affichée en faveur d’une Syrie stable et unifiée, ce qu’il a qualifié de « très dangereux ». Il a expliqué que Damas cherchait un accord similaire à celui de 1974 sur le désengagement entre Israël et la Syrie, qui avait instauré une zone démilitarisée entre les deux pays. Il a indiqué que la Syrie réclamait le retrait des troupes israéliennes, mais qu’Israël voulait rester dans des positions stratégiques saisies après le 8 décembre, notamment au mont Hermon. Des ministres israéliens ont publiquement affirmé qu’Israël entendait garder le contrôle de ces sites.
Vers d'autres accords ?
Le président syrien a précisé que si le pacte de sécurité réussissait, d’autres accords pourraient être conclus, rapporte également l'agence Reuters. Il n’a pas donné de détails, mais a souligné qu’un accord de paix ou une normalisation, à l’image des Accords d'Abraham négociés par les États-Unis — en vertu desquels plusieurs pays à majorité musulmane avaient accepté de normaliser leurs relations diplomatiques avec Israël — n’était pas actuellement envisagé. Il a également jugé qu’il était trop tôt pour discuter du sort du plateau du Golan occupé par Israël, estimant qu’il s’agissait d’« une affaire de grande importance ».
Reuters a rapporté cette semaine qu’Israël avait exclu de restituer cette zone, que Donald Trump avait unilatéralement reconnue comme israélienne lors de son premier mandat de président des États-Unis. « C’est une affaire difficile – vous avez des négociations entre un Damascène et un Juif », a-t-il lancé aux journalistes, en souriant.
M. Chareh a par ailleurs indiqué que la Syrie et Israël avaient été à seulement « quatre ou cinq jours » de parvenir aux bases d’un pacte de sécurité en juillet, mais que les développements dans la province méridionale de Soueida avaient fait dérailler les discussions.
Des troupes syriennes avaient été déployées à Soueida en juillet pour réprimer des affrontements entre factions druzes armées et combattants bédouins. Mais la violence s’était intensifiée, les forces syriennes étant accusées d’exécutions sommaires, tandis qu’Israël frappait le sud de la Syrie, le ministère de la Défense à Damas ainsi que les abords du palais présidentiel.
Ahmad el-Chareh a qualifié mercredi les frappes près du palais présidentiel de « pas un message, mais une déclaration de guerre », tout en soulignant que la Syrie s’était abstenue de répondre militairement afin de préserver les négociations.



