De la fumée s'élevant au-dessus des bâtiments du village d'al-Mazraa, dans le gouvernorat de Soueida, au sud de la Syrie, lors des affrontements entre les combattants des tribus bédouines et les hommes armés druzes le 18 juillet 2025. Photo AFP
Les autorités syriennes ont annoncé mardi la création d’un poste de « chef de la sécurité intérieure » pour la ville de Soueida (sud), confié à un chef druze local, dans une tentative d'apaiser les tensions après des violences communautaires meurtrières en juillet.
La télévision d’État a rapporté, citant une source au ministère de l’Intérieur, la nomination de Souleïmane Abdel-Baqi à la tête de la direction de la sécurité dans la ville de Soueida, tenue par les combattants druzes, tandis que les forces de Damas contrôlent ses environs. M. Abdel-Baqi est le chef d'un groupe armé local jugé favorable aux autorités et qui était opposé au pouvoir déchu de Bachar el-Assad.
Sa nomination intervient alors qu'une réunion est prévue mardi à Damas entre le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani, son homologue jordanien Ayman Safadi et l’émissaire américain Tom Barrack pour évoquer la situation dans la province éponyme de Soueida. Le ministre de l’Intérieur, Anas Khattab, a déclaré sur X que cette nomination avait été décidée « avec la participation (..) des habitants de la province et de ses différentes composantes », pour la stabiliser.
Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, M. Abdel-Baqi a indiqué avoir été chargé par le ministre de l’Intérieur de « gérer le dossier sécuritaire à Soueida », affirmant suivre particulièrement le dossier des habitants enlevés. La province à majorité druze de Soueida avait été le théâtre d'affrontements meurtriers en juillet entre combattants druzes et bédouins sunnites, qui s'étaient étendus avec l'intervention des forces gouvernementales et de tribus venues d'autres régions.
Les violences ont fait plus de 2.000 morts, dont 789 civils druzes « exécutés sommairement par balles par des membres des ministères de la Défense et de l’Intérieur », selon l’Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). L’OSDH a recensé 516 druzes enlevés dans la province de Soueida, dont 103 femmes, depuis le début des violences le 14 juillet.
L'un des principaux chefs spirituels druzes de Syrie, Hikmat al-Hijri, a réclamé le mois dernier la création d'une région « séparée » pour cette minorité dans le sud de la Syrie, qu'Israël affirme vouloir protéger. Les autorités ont créé une commission d'enquête sur les violences de Soueida. Mardi, le ministre de l’Intérieur a reçu ses membres, pour examiner « les principaux obstacles qui entravent son action ».
Les violences qui ont touché la communauté druze en Syrie on provoqué une vivre réaction de leur correligionnaires au Liban. Une délégation du Parti socialiste progressiste (PSP) a remis vendredi dernier à la coordinatrice spéciale de l’ONU au Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, une lettre du leader druze Walid Joumblatt adressée au secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres et dans laquelle l’ancien chef du PSP demande l’ouverture d’une enquête internationale sur les affrontements meurtriers survenus en juillet dans la province syrienne de Soueïda.



