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Culture - lecture a la plage

Quand Michel Bussi fait vaciller l’innocence du Petit Prince

Dans cette série, la rédaction de « L’Orient-Le Jour » partage ses lectures d’été : à savourer sur la plage, en montagne, au balcon aux heures calmes de l’après-midi ou le soir avant de s’endormir. Cette semaine, le chef-d’œuvre de Saint-Exupéry devient le terrain de jeu d’un polar vertigineux.

Quand Michel Bussi fait vaciller l’innocence du Petit Prince

L'écrivain Michel Bussi. Portrait AFP/Montage " L'OLJ"

Le Petit Prince aurait-il été tué ? Partant de cette hypothèse, Michel Bussi se lance dans une intrigue inédite dans son livre Code 612. Qui a tué le Petit Prince ?, paru en 2021 aux éditions les Presses de la Cité.

Déjà le titre interpelle. Il peut donner la chair de poule… Il peut étonner ! En tout cas, il donne envie !

Comment ce petit garçon aux cheveux blonds, si innocent, aussi célèbre, dont les citations sont reprises dans le monde entier, et qui fait tomber sous son charme les enfants comme les adultes, aurait-il pu être tué ?

C’est à sa manière bien particulière que Michel Bussi a célébré, il y a trois ans, le 75e anniversaire de l’édition française du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, la fiction traduite dans 318 langues et dialectes.

Énigmatique Saint-Exupéry

Voguant entre réalité et fiction, faisant le parallèle entre le parcours du héros du livre et la vie de l’auteur-aviateur, Michel Bussi amène le lecteur dans les dédales de postulats, de présumés coupables, de mobiles plus ou moins plausibles et d’indices révélateurs.

Ce professeur de géographie, né en 1965, publie à l’âge de quarante ans son premier roman Code Lupin (2006). Mais c’est en 2011, avec son deuxième roman Nymphéas noirs, que sa carrière décolle véritablement. Un avion sans elle (2012), Ne lâche pas ma main (2013), Gravé dans le sable (2014), Maman a tort (2015) : les succès s’enchaînent. Certains sont adaptés en BD, d’autres ont inspiré des séries télévisées. En 2024, il sort son nouveau livre Mon cœur a déménagé, également aux éditions les Presses de la Cité.

L’auteur ne cache pas l’intérêt particulier qu’il porte à Antoine de Saint-Exupéry. Il avoue s’être depuis toujours intéressé à cet adulte, héros de guerre, qui a toujours revendiqué une part d’enfant. « Je me reconnaissais en lui. »

Partant de faits bien connus, l’enquête démarre. Saint-Exupéry, mort en juillet 1944 lors d’une mission en Méditerranée dans des circonstances qui restent inconnues, n’a pas eu l’occasion de voir le succès planétaire de son conte, inspiré à l’origine par un accident qu’il avait eu en Libye en décembre 1935.

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Un suspense bien mené

C’est de Marseille, où des restes de l’avion ont été découverts ainsi que des objets personnels de l’auteur-aviateur, que partent les deux enquêteurs de Michel Bussi : Neven, un aviateur raté, et Andie, une jeune détective, recrutés par Oko, un des membres du Club 612. Ce club, qui porte le numéro de l’astéroïde d’où vient le Petit Prince, regroupe des personnages loufoques qui ont tous un lien particulier avec le livre ou son auteur. Leur mission : découvrir si Saint-Exupéry a bien péri dans un accident – crime, suicide…

Avec une imagination débordante, Michel Bussi nous emporte dans un voyage vers Manhattan à New York, en passant par l’île de Conchagüita au Salvador, l’archipel des Orcades en Écosse, le phare de Djedday en Arabie saoudite, pour finir chez « le géographe ». La présence de ce personnage du Petit Prince n’est certes pas fortuite, rappelant le métier de Bussi, qui admet s’identifier à lui. Mystérieusement, chacun des membres du club a reçu une boîte blanche à trois trous, qui ressemble étrangement à la boîte du mouton dessinée par Antoine de Saint-Exupéry. Cette idée très originale ajoute des rebondissements inattendus.

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Ce récit, tout en étant très mystérieux, se lit facilement et captive le lecteur. Le style poétique rappelle en beaucoup de points Le Petit Prince. Comme cette phrase qui décrit le rire de la jeune détective : « Andie baisse les yeux vers l’eau et éclate de rire, comme si les étoiles de mer s’étaient d’un coup transformées en grelots. »

Code 612. Qui a tué le Petit Prince ? incite indéniablement à chercher dans sa bibliothèque Le Petit Prince pour replonger dans sa lecture – relecture, pour une énième fois, peut-être.

Si, à chaque étape de la vie, de l’enfance à l’adolescence puis à l’âge adulte, ce livre est une nouvelle découverte, le relire avant, avec ou après le livre de Michel Bussi a une tout autre saveur.

Le Petit Prince aurait-il été tué ? Partant de cette hypothèse, Michel Bussi se lance dans une intrigue inédite dans son livre Code 612. Qui a tué le Petit Prince ?, paru en 2021 aux éditions les Presses de la Cité.Déjà le titre interpelle. Il peut donner la chair de poule… Il peut étonner ! En tout cas, il donne envie !Comment ce petit garçon aux cheveux blonds, si innocent, aussi célèbre, dont les citations sont reprises dans le monde entier, et qui fait tomber sous son charme les enfants comme les adultes, aurait-il pu être tué ?C’est à sa manière bien particulière que Michel Bussi a célébré, il y a trois ans, le 75e anniversaire de l’édition française du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, la fiction traduite dans 318 langues et dialectes.Énigmatique Saint-ExupéryVoguant entre réalité et...
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