Coucou ! Toujours pas de déculottée armurière pour les barbus ? À la bonne heure, rien ne presse. Le pouvoir continue de faire des ronds de jambe devant les touffes de poils résiduelles, tout en ménageant leur cache-sexe attitré qui ronronne à Aïn el-Tiné, peinard, détendu du gland.
Mais que personne ne s’avise de parler de recul. C’est juste ce qu’on appelle en langue de bois de cèdre massif une « stratégie provisoire d’avancement à potentialité différée ». Traduction en langage grouillot : on charge l’armée de torcher un plan, elle le fait, mais on s’en torche aussitôt… tout en l’endossant.
Il a fallu près d’un mois entier à une palanquée de ministres au Grand Sérail pour aligner avec application les vermicelles de l’alphabet arabe et forger au final une décision aussi tordue. Une recette miracle, un petit bijou de sous-traitance : on ne fixera pas de calendrier pour le désarmement tant que les Hébreux poursuivent leurs attaques ; mais comme on sait d’avance que les Hébreux continueront à castagner les appendices du Vilayet persan, nos vainqueurs divins pourront conserver leur quincaillerie jusqu’à la saint glinglin. Feignasses, va !
Tonton Nawaf, lui, est sur un nuage immaculé qui tranche avec son bronzage. Maintenant qu’il a « pris acte » du document sans le verrouiller par un décret exécutoire, il va nous vendre ad nauseam son monopole d’État sur les armes et clouer le bec de tout journaliste qui viendrait s’ébrouer chez lui.
Idem pour le Tondu de Meerab, champion dans sa jeunesse de la gâchette milicienne qu’il a délaissée depuis pour le plumeau. À ce stade, il a le sommeil agité de rêves scandinaves et se prend à imaginer les plus de 5 millions de Libanais, main dans la main, regardant dans la même direction. Le réveil sera dur…
Le Basileus, son alter ego chez les chrétiens, pense à peu près pareil. Mais sa technique à lui est différente : une petite phrase du jour, et le lendemain un démenti face à la cabale. Deux occasions de faire parler de lui. En bon aouniste canal historique, il faut toujours qu’il lâche un pet de travers. Exclusivité des armes aux mains de l’État, certes, mais pas avec ce gouvernement-là qu’il adorerait voir trébucher.
Enfin dernier rigolo et pas des moindres, le Petit Timonier du Hezbollah. Son parti s’est pris une déglinguée mémorable, mais visiblement on ne le lui a pas dit. Alors, il se voit toujours trottinant jusqu’à Jérusalem, ce qui lui permet de faire de brusques apparitions à la télé, un peu comme la Vénus de Botticelli sortant nue des eaux. Le tout à l’ombre des chars iraniens postés quasiment dans son jardin à Téhéran, disent les mauvaises langues.
Voilà le tableau, et il n’y a pas de quoi se mettre le neurone en goguette. Si bien qu’il ne reste plus aux Libanais que le « triangle magique » formé par Joseph 1er, Tonton Nawaf et l’armée. En priant quand même très fort pour qu’à la faveur d’une nouvelle dérouillée israélienne, cette belle figure géométrique ne vire au triangle des Bermudes.
gabynasr@lorientlejour.com


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Merci pour votre billet d'humeur, Monsieur Nasr, une véritable bouffée d'oxygène sur tous les travers et qualités du Pays des Cèdres, j'habite en Suisse, mais soutenir la liberté d'expression à Beyrouth me réjouit, parce qu'il n'y a pas souvent de nouvelles du Quotidien de chez Vous dans les journaux que je peux lire ici.... Choukran à Vous et à tous les journalistes qui font que l'OLJ existe,
15 h 56, le 12 septembre 2025