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Société - Justice

4-Août : Zaher Hamadé porte plainte contre William Noun pour menaces à l’adresse de... Tarek Bitar

L’avocat général près la Cour d’appel de Beyrouth, qui a attaqué en justice ce frère d’un pompier tué dans la double explosion au port, est en effet considéré par des familles de victimes comme opposé à l’enquête du juge d'instruction.

4-Août : Zaher Hamadé  porte plainte contre William Noun pour menaces à l’adresse de... Tarek Bitar

William Noun, relâché en janvier 2023 après une détention de deux jours, Anwar Amro/Archives AFP

L’avocat général près la cour d’appel de Beyrouth Zaher Hamadé a intenté, lundi, une action en justice contre William Noun, frère de l’une des victimes de la double explosion au port de Beyrouth, pour diffamation à son encontre, ainsi que pour menaces contre le juge d’instruction près la cour de justice Tarek Bitar, en charge de l’affaire. Cette plainte fait suite à un discours prononcé par M. Noun lors de la cinquième commémoration de la catastrophe, le 4 août dernier, au cours de laquelle il a, d’une part, qualifié M. Hamadé de « minable », et de l’autre, averti le juge Bitar que s’il devait rendre un acte d’accusation « dérisoire », les proches de victimes se mobiliseraient devant son domicile.

Si l’action engagée par le juge Hamadé contre M. Noun pour atteinte à sa propre personne ne surprend pas les proches des victimes – le magistrat l’ayant placé en garde à vue en janvier 2023, pendant deux jours, à la suite d’un sit-in mouvementé et d’une intervention télévisée dans laquelle il avait menacé de faire exploser le Palais de justice pour protester contre le blocage persistant de l’enquête dû aux pressions politiques –, la démarche est en revanche perçue comme « paradoxale » en ce qu’elle vise des propos concernant Tarek Bitar. Proche du tandem chiite, le juge Hamadé est en effet considéré par de nombreuses familles de victimes comme opposé à la conduite de l’enquête par M. Bitar.

Pas de notification

Joint par L’Orient-Le Jour, William Noun affirme avoir appris l’existence de la plainte dans des médias. Il précise qu’il n’en a pas encore été notifié, mais en a eu la confirmation auprès d’une source du Palais de justice, indiquant ignorer devant quelle juridiction elle a été déposée.

À la question de savoir pourquoi le juge Hamadé a attendu plus d’un mois avant d’engager sa procédure, un avocat de victime affirme à L’OLJ qu’il était en congé pendant les vacances judiciaires et a attendu le début de sa permanence pour agir. William Noun note, à cet égard, que le magistrat « profite de sa dernière semaine au parquet de Beyrouth pour entreprendre une action servant un objectif personnel », alors qu’il vient d’être nommé procureur général près la cour d’appel du Liban-Sud, dans le cadre des permutations judiciaires.

Lors de son intervention du 4 août, William Noun s’était adressé directement au juge Hamadé. « Tu nous as mis en prison (en janvier 2023), un minable comme toi, politicard inique qui reçoit des ordres et humilie les familles des victimes », a-t-il lancé, soulignant que « celles-ci ne sont pas obligées de supporter des comportements politiques vexatoires ».

S’adressant ensuite au juge Bitar, il a déclaré : « Tous ceux ici présents seront à la porte de ton domicile si l’acte d’accusation que tu prononceras ne nous dira pas comment toutes les victimes ont été tuées et s’il se contentera d’évoquer une histoire de soudure (de la porte du hangar qui contenait le nitrate d’ammonium à l’origine de la double explosion), sans nous dire qui a apporté le nitrate, l’a protégé, en a transporté une partie, en a profité, et qui l’a fait exploser. »

Ce sont ces propos que le juge Hamadé a qualifiés de menaces à l’encontre de Tarek Bitar. Une qualification que le frère de victime balaie, assurant que ses mots ne comportaient « aucune menace ». M. Noun rappelle le « manque de réaction » de l’avocat général près la cour d’appel de Beyrouth lorsque le chef de la sécurité du Hezbollah, Wafic Safa, s’était rendu au Palais de justice de Beyrouth, en septembre 2021, menaçant de « déboulonner » le juge d’instruction. « Pourquoi Zaher Hamadé n’avait-il pas alors porté plainte ? » se demande-t-il.

Interrogé par L’OLJ, un avocat de victime considère que la mobilisation à laquelle William Noun a fait allusion en cas d’acte d’accusation insuffisant est « légitime ». « Loin de constituer un crime, manifester est un droit, voire un devoir des parents des victimes qui payent le prix fort », martèle-t-il, notant que M. Noun « n’a menacé ni de brûler ni de casser quoi que ce soit ». « Si l’acte d’accusation n’est pas à la hauteur des attentes, ce ne sont pas seulement les familles des victimes qui devraient protester, mais tous les Libanais », poursuit-il. 

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Il note que « si le juge Bitar voulait intenter une action contre William Noun, il l’aurait fait lui-même ». « Or il est impensable qu’il agisse contre un proche de victime, alors même qu’il n’a pas porté plainte contre ceux qui l’ont réellement insulté et menacé », ajoute-t-il, en référence au camp proche du Hezbollah.  

Visé, il y a une vingtaine de jours, par une demande d’ouverture d’une information judiciaire présentée par un avocat proche du Hezbollah, pour des propos perçus comme « une atteinte aux dissensions confessionnelles et une violation de la loi sur le boycottage d’Israël », William Noun avait été entendu par l ’avocat général près la Cour de cassation, Sabbouh Sleiman, qui l’a ensuite relâché sous caution d’élection de domicile.

L’avocat général près la cour d’appel de Beyrouth Zaher Hamadé a intenté, lundi, une action en justice contre William Noun, frère de l’une des victimes de la double explosion au port de Beyrouth, pour diffamation à son encontre, ainsi que pour menaces contre le juge d’instruction près la cour de justice Tarek Bitar, en charge de l’affaire. Cette plainte fait suite à un discours prononcé par M. Noun lors de la cinquième commémoration de la catastrophe, le 4 août dernier, au cours de laquelle il a, d’une part, qualifié M. Hamadé de « minable », et de l’autre, averti le juge Bitar que s’il devait rendre un acte d’accusation « dérisoire », les proches de victimes se mobiliseraient devant son domicile.Si l’action engagée par le juge Hamadé contre M. Noun pour atteinte à sa propre personne ne...
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Bon Courage, William, face à tous ces défis minables et irraisonables... Un Héros de mon Pays le Liban!

Wlek Sanferlou

15 h 04, le 10 septembre 2025

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Commentaires (6)

  • Bon Courage, William, face à tous ces défis minables et irraisonables... Un Héros de mon Pays le Liban!

    Wlek Sanferlou

    15 h 04, le 10 septembre 2025

  • Depuis quand vouloir manifester devant le domicile d’un juge représente une menace qui mérite une poursuite judiciaire. Non seulement ce Hamadé est ridicule mais en plus c’est un harceler qui entend diffamer M. Noun jusqu’à arriver à le faire condamner sur de simples suppositions alors que ceux qui menacent vraiment la vie des libanais ont la voie libre alors qu’ils l’annoncent publiquement et en direct dans les médias sans être inquiétés. Qu’on le démette de son poste, il n’a aucune fibre de justice qui mérite qu’on l’appelle juge.

    Sissi zayyat

    12 h 12, le 10 septembre 2025

  • Le corps judiciaire est largement corrompu par des juges "aux ordres" de la milice et des mafieux. La reforme profonde de la justice est la premiere condition d'un retour a l'etat de droit.

    Michel Trad

    11 h 03, le 10 septembre 2025

  • si le mot minable devient suffisant pour un procès nous sommes dans un grand trou.

    Ma Realite

    07 h 15, le 10 septembre 2025

  • Si M. Noun a lancé des menaces…verbales, il a des circonstances atténuantes, il a perdu un frère et il représente des familles injustement endeuillées et qui réclament justice depuis des années. Mais ce voyou -motard de wafic safa s’est permis bien pire et n’a jamais été inquiété par la justice. On peut être juge et ridicule comme le prouve ce M. Hamadé.

    Goraieb Nada

    05 h 38, le 10 septembre 2025

  • Ce juge essaie de mener la vie dure à william Noun d'une part et il essaie de diviser / semer la zizanie entre Noun et le juge bitar. Bref, ces gens essaient de créér des dossiers à l'instar de ce qu'ils faisaient à l'époque d'ASSAD. Les responsables , les supérieurs hiérarchiques de ce juge devraient faire en sorte qu'il cesse de harceler les libanais qui combattent les organisations et milices illégales et rejetées par presque toutes les communautés libanaises.

    LE FRANCOPHONE

    01 h 18, le 10 septembre 2025

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