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Nos lecteurs ont la parole

Ces fils du Liban qui s’en vont, et les mères qui restent...

 On a tous un fils, une fille qui s’en va à la fin des vacances. On a beau s’y préparer, on ne s’y fait jamais vraiment.

On regarde sa chambre soudain vidée… Plus de pantalons ni de caleçons qui traînent par terre.

La clim restée en mode « on » alors qu’il est déjà sorti… Une sale habitude qui, étrangement, va presque me manquer.

On en vient même à regretter les nuits blanches passées à l’attendre après ses soirées… Ou les réveils insupportables à 6h du matin quand son alarme sonne vingt fois d’affilée.

Et ces fameux moments où, quand on l’appelle, il répond à peine : « Chut mam, j’ai un caaall. »

On regrette la vie dans la maison : l’odeur de son parfum avant qu’il parte, et même… sa transpiration en rentrant du sport, quand il décide pile à ce moment-là de nous embrasser en lançant un « hi mam », sachant qu’on va le repousser avec un air dégoûté !

Oui, on se répète la phrase de Khalil Gebran : « Vos enfants ne sont pas vos enfants » (« Awladoukon layssou lakom »).

Mais qu’est-ce qu’il en savait, Khalil Gebran, du cœur d’une mère qui se déchire à chaque départ ?

Et voilà… la valise est prête, les caleçons bien pliés, les chemises repassées. Rebelote : il repart.

Il reviendra à la prochaine fête, à la prochaine accalmie, ou à la prochaine occasion… Comme tant de fils du Liban avant lui. Il se retourne vingt mètres plus loin, me lance ces deux petits mots remplis d’amour : « – Bye mam ; – Bye hayété. »

Tu vas tellement, tellement me manquer…

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

 On a tous un fils, une fille qui s’en va à la fin des vacances. On a beau s’y préparer, on ne s’y fait jamais vraiment. On regarde sa chambre soudain vidée… Plus de pantalons ni de caleçons qui traînent par terre.La clim restée en mode « on » alors qu’il est déjà sorti… Une sale habitude qui, étrangement, va presque me manquer. On en vient même à regretter les nuits blanches passées à l’attendre après ses soirées… Ou les réveils insupportables à 6h du matin quand son alarme sonne vingt fois d’affilée. Et ces fameux moments où, quand on l’appelle, il répond à peine : « Chut mam, j’ai un caaall. » On regrette la vie dans la maison : l’odeur de son parfum avant qu’il parte, et même… sa transpiration en rentrant du sport, quand il décide pile à ce...
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