Rechercher
Rechercher

Monde - Justice

Comportement « animalier » : plainte d'un Libano-Américain contre Barrack aux États-Unis

« La dignité du Liban et de son peuple n'est pas négociable. La rhétorique coloniale n'a pas sa place dans la diplomatie du XXIe siècle », peut-on lire dans la plainte déposée par l'homme d'affaires Benjamin Ballout.

Comportement « animalier » : plainte d'un Libano-Américain contre Barrack aux États-Unis

L’émissaire américain Tom Barrack, au palais présidentiel de Baabda, le 26 août 2025. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

Un homme d'affaires libano-américain, Benjamin Ballout, a intenté un procès, le 28 août, à l'envoyé spécial américain Tom Barrack, devant un tribunal fédéral de l'État du Michigan, pour ses propos dans lesquels il avait estimé que des journalistes libanais avaient eu un comportement « animalier », lors d'une conférence de presse au palais de Baabda. Selon le texte de la plainte, le plaignant a accusé M. Barrack, de « diffamation, comportement irresponsable et rhétorique dégradante ».

L'envoyé américain s'était excusé, deux jours après ses propos, d'avoir utilisé ce terme envers les journalistes.

« Lorsqu'un ambassadeur américain qualifie les journalistes libanais d' « animaliers » et drape la diplomatie d’une arrogance coloniale, ce n’est pas de la diplomatie, c’est de la dégradation (...) Cette affaire ne porte pas sur l’argent. Il s’agit de dignité, de souveraineté et de la défense de la voix du Liban à la table des négociations », a affirmé M. Ballout dans sa plainte. Il a insisté sur le fait que l'utilisation d'un tel terme « sape la crédibilité de l’Amérique en tant que médiateur. La paix ne peut être négociée uniquement avec les politiciens. La véritable paix commence avec le peuple. Lui manquer de respect, c’est saboter le processus. »

À lire aussi

Le « sketou » de Tom Barrack

Violation de plusieurs conventions

La plainte évoque plusieurs violations, notamment de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques qui précise à l’Article 41 que « les diplomates doivent respecter la dignité des États hôtes », et que « les ambassadeurs doivent respecter les normes les plus élevées d’intégrité et de conduite ainsi que les valeurs constitutionnelles américaines, protectrices de la liberté de la presse et de l’égalité ».

« La dignité du Liban et de son peuple n'est pas négociable. La rhétorique coloniale n'a pas sa place dans la diplomatie du XXIe siècle », a répété Benjamin Ballout dans la plainte.

Barrack « donne des arguments » au Hezbollah

La plainte soutient également que les propos de M. Barrack « donnent des arguments » au Hezbollah, qui présente les États-Unis comme le relais d’Israël. « Lorsqu’un ambassadeur américain décrit les journalistes libanais comme “animaliers” et s’attend qu’ils restent silencieux, il n’insulte pas seulement des individus — il dégrade toute une nation », a encore écrit Benjamin Ballout dans une publication sur les réseaux sociaux, après le dépôt de la plainte.

Sur son compte LinkedIn, M. Ballout dit diriger « Diplomatic Trade », une plateforme mondiale spécialisée dans le financement des infrastructures, l’intégration de la blockchain et la stratégie prédictive en intelligence artificielle.

À lire aussi

Sortie polémique de Barrack : Beyrouth fait la sourde oreille, le Hezbollah n’en rate pas une miette

À la suite de la vive réaction suscitée par la conférence de presse de Tom Barrack, la présidence libanaise avait exprimé ses «regrets pour des propos tenus involontairement depuis (son) podium par l’un de ses invités», tout en réaffirmant sa « pleine considération envers les journalistes et correspondants accrédités ». De son côté, l'envoyé spécial a présenté ses excuses deux jours plus tard, affirmant lors d’une interview qu’il n’avait pas voulu que le terme « animalier » soit péjoratif, tout en reconnaissant que l’expression était « inappropriée ».

La visite de M. Barrack intervenait sur fond de tensions internes, alors que le Conseil des ministres libanais avait chargé l'armée d’élaborer une feuille de route pour instaurer le monopole étatique des armes et désarmer les milices au Liban, dont le Hezbollah, depuis le 5 août. Le parti-milice chiite n’a montré aucune volonté de se conformer et a averti d’une « confrontation » en cas de désarmement forcé.

Un homme d'affaires libano-américain, Benjamin Ballout, a intenté un procès, le 28 août, à l'envoyé spécial américain Tom Barrack, devant un tribunal fédéral de l'État du Michigan, pour ses propos dans lesquels il avait estimé que des journalistes libanais avaient eu un comportement « animalier », lors d'une conférence de presse au palais de Baabda. Selon le texte de la plainte, le plaignant a accusé M. Barrack, de « diffamation, comportement irresponsable et rhétorique dégradante ».L'envoyé américain s'était excusé, deux jours après ses propos, d'avoir utilisé ce terme envers les journalistes.« Lorsqu'un ambassadeur américain qualifie les journalistes libanais d' « animaliers » et drape la diplomatie d’une arrogance coloniale, ce n’est pas de la diplomatie, c’est de...
commentaires (5)

Qui vraiment pense que les Etats Unis sont neutres et médiateurs? N'est ce pas ce qu'on voit du President des USA chaque jour? Comme les Americains disent, "It is my way or the highway"

Ma Realite

08 h 23, le 06 septembre 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Qui vraiment pense que les Etats Unis sont neutres et médiateurs? N'est ce pas ce qu'on voit du President des USA chaque jour? Comme les Americains disent, "It is my way or the highway"

    Ma Realite

    08 h 23, le 06 septembre 2025

  • Je souscris totalement au commentaire de Mr. Joseph ADJADJ.???

    Marie-Anne Toulouse-noujaim 2531

    01 h 07, le 06 septembre 2025

  • Gaza Cisjordanie après 50 ans : not my pig not my farm Et puis l on veut échanger des parole avec des actes concrets? Ni Netanyahu ni le pape ne peuvent accepter cela

    Zampano

    00 h 34, le 06 septembre 2025

  • I wholeheartedly support the spirit of this lawsuit. Mr. Barrack, by denigrating the Lebanese press, is degrading the US government he represents and demeaning himself as he seems to forget he’s of Lebanese origin. Mr. Barrack is unqualified to hold the position of ambassador considering he has no training in diplomacy

    Mireille Kang

    20 h 31, le 05 septembre 2025

  • QueM. Barrack s'occupe de faire respecter le cessez-le-feu de novembre par Israël et il deviendra crédible. Par ailleurs, exiger un "pas contre pas" du Liban sans aucun mouvement de la part d'Israël sape toute confiance dans cette médiation. Ceci, mis à part le ton insultant envers les journalistes ET le Liban alors que les "animaux" sont les criminels au sud de la frontière. Une question: Combien de morts le Hezb a-t-il causé en Israël et combien de morts l'arme israélienne a-t-elle causé au Liban? Ceci sans mentionner Gaza et la Cis-Jordanie...

    Joseph ADJADJ

    19 h 06, le 05 septembre 2025

Retour en haut