Des soldats israéliens montent la garde lors d’une visite hebdomadaire de colons à Hébron, en Cisjordanie occupée par Israël, le 30 août 2025. Photo Reuters/ Moussa Qawasma.
Israël envisage d’annexer une partie de la Cisjordanie occupée en réaction à la reconnaissance d’un État palestinien par la France et d’autres pays, ont déclaré trois responsables israéliens à l'agence Reuters. L’idée doit être examinée davantage dimanche, a précisé un autre responsable.
L’extension de la souveraineté israélienne à la Cisjordanie – autrement dit l’annexion de facto de territoires conquis lors de la guerre des Six jours de 1967 – figurait à l’ordre du jour du cabinet de sécurité du Premier ministre Benjamin Netanyahu, réuni dimanche soir et censé se concentrer sur la guerre à Gaza, selon un membre du cercle restreint de ministres.
On ignore encore précisément où et quand une telle mesure s’appliquerait : uniquement aux colonies israéliennes, à certaines d’entre elles, ou encore à des zones spécifiques comme la vallée du Jourdain. On ne sait pas non plus si des mesures concrètes, nécessitant sans doute un long processus législatif, suivraient ces discussions.
Toute démarche vers une annexion en Cisjordanie susciterait probablement une large condamnation des Palestiniens – qui revendiquent ce territoire pour leur futur État – ainsi que des pays arabes et occidentaux. La position du président américain Donald Trump sur la question reste incertaine.
Israël, qui fait face à des critiques internationales croissantes à propos de la guerre à Gaza, s’est dit irrité par les engagements pris par la France, le Royaume-Uni, l’Australie, la Belgique et le Canada de reconnaître officiellement un État palestinien au cours d’un sommet prévu en marge de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre. En 2024, la plus haute juridiction des Nations unies avait déclaré que l’occupation israélienne des territoires palestiniens, y compris la Cisjordanie, et les colonies qui y sont implantées, était illégale et devait cesser dès que possible.
L’État hébreu soutient que ces territoires ne sont pas « occupés » au sens juridique, mais relèvent de terres disputées. Mais l’ONU et nombre de pays les considèrent bel et bien comme des territoires occupés. Les annexions de Jérusalem-Est et du plateau du Golan, réalisées il y a plusieurs décennies, n’ont jamais obtenu de reconnaissance internationale. Les membres de la coalition au pouvoir de M. Netanyahu réclament depuis des années qu’Israël annexe officiellement certaines parties de la Cisjordanie, un territoire dans lequel il revendique des attaches bibliques et historiques.
Israël avait annoncé le 20 août l’approbation finale du projet hautement controversé de colonisation « E1 » visant à couper en deux la Cisjordanie occupée. Promu par le ministre ultranationaliste des Finances Bezalel Smotrich, le plan prévoit la création de 3 400 logements entre Jérusalem et la colonie de Maalé Adoumim. Une façon d’enterrer définitivement toute perspective d’un État palestinien.


