« Plus fort que nos armes, notre meilleur atout c’est notre base populaire. » Cette phrase prononcée dans une réunion interne du Hezbollah montre l’importance que celui-ci attache à ce qu’il considère être « son peuple », surtout en cette période où les armes font l’objet d’une grande querelle. Son environnement populaire est donc devenu une sorte de bouclier que le Hezbollah brandit pour garder ses armes et son rôle. Mais, en même temps, il est aussi son principal souci.
Le Hezbollah estime que de grands efforts locaux, régionaux et internationaux sont actuellement déployés pour monter les chiites contre lui et les pousser à se soulever, ou en tout cas à s’éloigner de lui. Il dit que des mesures sont prises pour les empêcher d’amener de l’argent de l’étranger et des restrictions sont imposées à la reconstruction au Liban-Sud, dans la banlieue sud de Beyrouth et dans la Békaa. Tout cela dans le but de les pousser à s’en prendre au Hezbollah qui serait ainsi la cause de tous ces problèmes. Or, aujourd’hui, le Hezbollah n’a plus les moyens qu’il avait il y a quelques mois. Ses caisses se vident et sa banque, al-Qard al-Hassan, est sous la surveillance étroite des autorités. Sans parler des craintes sécuritaires qui continuent à hanter sa base populaire, puisque les Israéliens n’ont pas arrêté leurs frappes.
Malgré cette situation quasiment insupportable qui dure depuis l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu, le 27 novembre, le public du Hezb continue pourtant à exprimer son soutien à ce parti. Cela a été le cas mercredi lors de la tournée que comptait effectuer l'émissaire américain Tom Barrack au Liban-Sud et qui s’est finalement limitée à Marjeyoun, à cause justement des protestations populaires. Les milieux hostiles au Hezbollah accusent ce dernier de faire pression sur les civils pour les utiliser de cette façon, mais ceux-ci jurent qu’ils sont là par loyauté au Hezbollah et en particulier au « sayyed » (l’ancien secrétaire général Hassan Nasrallah).
Cette fidélité peut-elle durer éternellement ? C’est justement par crainte de devoir répondre à cette question que le Hezbollah cherche autant que possible à ménager son environnement populaire. Il presse l’État à lancer le processus de reconstruction et il aide, autant que le lui permettent ses moyens désormais réduits, sa base. Car le Hezbollah sait parfaitement que dans les circonstances particulièrement difficiles qu’il traverse, depuis la chute du régime en Syrie et l’isolement de plus en plus marqué de l’Iran, la communauté chiite est sa principale carte, surtout dans le système politique actuel basé sur le consensus entre les différentes composantes confessionnelles du pays. Or, si jusqu’à présent l’exigence du consensus a été utilisée principalement par la communauté chrétienne et moins par la communauté sunnite, désormais, elle peut être utilisée par la communauté chiite si elle reste soudée autour du Hezbollah. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Hezbollah qualifie la décision prise par le gouvernement le 5 août de pousser l’armée à mettre la main sur ses armes avant le 31 décembre comme étant « non conforme au pacte national », puisque les ministres chiites ne l’ont pas approuvée. Cet argument pourrait d’ailleurs être utilisé par l’armée libanaise, qui devrait présenter au gouvernement un plan d’action concret pour appliquer cette décision.
Le Hezbollah profite du côté spirituel et émotionnel relatif au rôle des chiites au Liban, qui, avant son émergence, étaient marginalisés. Aujourd'hui, le Hezbollah est devenu un élément de leur identité confessionnelle et il faut du temps pour changer tout cela.
Cet attachement donne aujourd’hui un élément de force au Hezbollah, mais ,en même temps, c’est une grande responsabilité. Le parti se doit aujourd’hui de préserver une communauté qui lui est si loyale dans un contexte de crise. D'autant plus avec le sentiment de colère qui anime aujourd’hui une grande partie des chiites face à ce qu’ils considèrent comme une injustice et « une punition collective ». Cette colère pousse aujourd’hui de nombreux jeunes à se rebeller contre la tendance conciliante adoptée par le Hezbollah et sa politique de la main tendue, alors que les critiques ne cessent de pleuvoir sur lui. Certains jeunes estiment qu’ils n’ont rien à perdre et ils sont prêts à provoquer des frictions avec les autres communautés, juste pour exprimer leur colère et leur frustration. Cela a déjà poussé le Hezbollah et le président du Parlement, Nabih Berry, à reporter une manifestation prévue mercredi par crainte de débordements incontrôlés.
Mais, aujourd’hui, il est de nouveau question de recourir à des protestations populaires contre la décision du gouvernement de donner le monopole des armes à l’armée. Il veut certes préserver son environnement populaire et, en même temps, il doit contrôler son action, tout en essayant de combler l’absence de la figure charismatique qu'était Hassan Nasrallah.



excellent texte un point a ne pas negliger: Si l'ex Aoun pour parvenir au pouvoir a vendu son ame au Hezbollah et son gendre Bassil a vendu le pays pour s'enrichir nous avons aujourdhui une toute autre probite chez les politiciens au pouvoir. SI HB NE DESARME PAS TOUTES SES MUNITIONS ET ARMES ET NE LES REND PAS AL'ARMEE SANS COMBAT, IL SERAIT TEMPS DE ROMPRE AVEC L'IRAN ET DE CONSIDERER LES LIBANAIS QUI PRENNENT LEURS ORDRES DE L'IRAN APRES CELA DES TRAITRES A LA PATRIE
13 h 57, le 29 août 2025