Un journaliste tenant une caméra couverte de sang, appartenant à la journaliste Mariam Abou Dagga, tuée le 25 août 2025 dans une frappe israélienne sur l'hôpital Nasser de Khan Younès. Photo AFP
De nouvelles images vidéo révèlent que la deuxième salve de frappes de l’armée israélienne sur l’hôpital Nasser de Khan Younès, lundi, était en réalité composée de deux tirs consécutifs, a rapporté CNN jeudi 28 août. Ces bombardements, qui ont été filmés en direct et ont provoqué l'indignation de la communauté internationale, ont fait au moins 22 morts, dont cinq journalistes et des secouristes.
La tactique dite du « double tap » - ou « double frappe » -, consiste à mener rapidement deux frappes successives. Dans le cas de celles ayant visé l'hôpital Nasser, la deuxième frappe de ce « double tap » semble également avoir été composée de deux tirs distincts. Ce sont ces deux dernières frappes - ayant atteint un groupe de secouristes et d’autres journalistes arrivés sur les lieux après la première frappe -, qui ont causé le plus grand nombre de victimes, selon les informations de CNN.
Parmi les victimes de cette triple frappe, qui se trouvaient sur le lieu de l’impact ou à proximité, figurent Mariam Abou Dagga (Associated Press, Independent Arabia), Mohammad Salama (al-Jazeera, Middle East Eye), Moaz Abou Taha (NBC, Haaretz, Reuters) et Ahmad Abou Aziz (Middle East Eye, Quds Feed), ce dernier ayant succombé à ses blessures plus tard dans la journée.
Face au tollé provoqué à l’international, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'était vu contraint d’exprimer des regrets, la qualifiant de « tragique accident » et assurant qu'une enquête militaire était en cours pour en déterminer les circonstances.
L’usage d’une double frappe rappelle les méthodes du régime de Bachar el-Assad pendant la guerre civile syrienne, de l’armée russe en Syrie et en Ukraine, ou encore des talibans en Afghanistan, tous y ayant eu recours pour maximiser le nombre de victimes et dissuader les secouristes de se rendre sur les lieux afin d’évacuer les blessés. Ces pratiques peuvent constituer des crimes de guerre. Fin juillet, les sites d’information israéliens +972 et Local Call ont révélé que l’armée israélienne menait « régulièrement » ce type de frappes – ce que cette dernière a démenti.



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