Un trottoir de Rmeich, caza de Bint Jbeil au Liban-Sud, peint en blanc et bleu. Photo tirée des réseaux sociaux
La peinture d’un trottoir en bleu et blanc à Rmeich, situé dans le caza de Bint Jbeil au Liban-Sud, suscite depuis mardi une vive controverse sur les réseaux sociaux, certains internautes y voyant une référence supposée au drapeau israélien, allant jusqu’à accuser la municipalité de trahison et de collaboration avec l'État hébreu, alors que le Liban se remet d'une guerre dévastatrice contre Israël.
Contacté jeudi par L’Orient-Le Jour, Hanna el-Amil, président de la municipalité de ce village chrétien plutôt favorable aux Forces libanaises et hostile au Hezbollah, balaie ces accusations, assurant que la démarche ne revêt « aucune dimension politique », mais qu’elle est au contraire « purement religieuse ». « Ces réactions sont largement exagérées et ce sujet ne mérite pas toute cette agitation », estime-t-il.
Selon lui, le bleu et le blanc ont été choisis « en hommage à la Vierge Marie », dont les vêtements sont traditionnellement représentés dans ces tons. « Une apparition de la Vierge aurait d’ailleurs été signalée dans la localité en 1984, en pleine guerre civile » de 1975-1990, assure-t-il. Les habitants sont convaincus que la Vierge les a protégés durant les conflits, c’est aussi en son honneur que ce trottoir a été peint ». Il souligne par ailleurs que ces couleurs sont déjà présentes dans d’autres régions du Liban, comme à Anfé, au Liban-Nord. « Ce sont aussi les couleurs du drapeau de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, déployée dans la région », rappelle-t-il. « Les habitants du village sont attachés à la légitimité de l’État et à leur appartenance au Liban-Sud. Nous vivons en coexistence avec notre environnement et les villages voisins, dans le respect mutuel », insiste Hanna el-Amil.
« Cette image n’a pas été prise à Haïfa, Acre ou Nahariya »
Sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé à fuser après la publication des images du trottoir repeint, certains internautes qualifiant cette initiative de « provocatrice ». « Le président du conseil municipal, Hanna el-Amil, affirme qu’il n’est pas un collaborateur. Il faudrait déjà qu’il change de nom de famille pour qu’on puisse le croire », lance un internaute sur X, en faisant un jeu de mots au sujet du nom « Amil », qui signifie « collaborateur » ou « agent » en arabe. « Il porte bien son nom d'agent, faut l’avouer », renchérit un autre internaute. Dans un commentaire accompagnant la photo de la rue en question, une femme écrit : « Cette image n’a pas été prise à Haïfa, Acre ou Nahariya, elle a été prise à Rmeich, au Liban-Sud. Et pourquoi ne pas avoir choisi la couleur rouge ? » s'interroge-t-elle.
D’autres voix ont pris la défense de la municipalité : « Ces couleurs ne sont pas propres à Israël ; on les retrouve aussi en Grèce, en Finlande, et dans bien d’autres pays », rappelle un utilisateur. « Les agents de l’Iran n’ont aucune légitimité pour parler », s'emporte un autre.
Durant la guerre de treize mois entre le Hezbollah et Israël, c’est le Liban-Sud qui a payé le plus lourd tribut. Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu fragile en novembre 2024, les bombardements israéliens se poursuivent de manière quasi quotidienne dans cette région et l'armée israélienne continue d'occuper cinq positions dans le Sud. Si Rmeich a relativement été épargnée sur le plan humain, ses terres agricoles, notamment les champs d’oliviers et les exploitations rurales, ont été durement touchées par le feu israélien.
Ce n’est pas la première fois que les couleurs du drapeau israélien suscitent une polémique au Liban. En juin 2024, soit près de deux mois avant l’escalade de la guerre entre le parti chiite et Israël, une campagne nationale de boycottage avait été lancée contre la franchise Pepsi à cause d'un nouveau logo de l'entreprise à l'époque.




Il ne reste plus qu a inscrire dans la constitution l interdiction des couleurs bleues et blanches...
07 h 17, le 02 août 2025