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Politique - Liban

Devant Barrack, Salam appelle Washington à « assumer ses responsabilités et faire pression sur Israël »

Alors que l'émissaire US a affirmé que c'était désormais au tour de Tel-Aviv de faire un « pas » pour respecter le cessez-le-feu, Berry s'est interrogé sur les « engagements israéliens ».

Devant Barrack, Salam appelle Washington à « assumer ses responsabilités et faire pression sur Israël »

De gauche à droite : l'ambassadrice américaine au Liban, Lisa Johnson, Morgan Ortagus, Tom Barrack et Nawaf Salam, réunis au Grand Sérail, le 18 août 2025. Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, qui a reçu lundi l'émissaire américain Tom Barrack en tournée au Liban après la décision du gouvernement de désarmer le Hezbollah et les autres groupes armés avant la fin de l'année, a déclaré qu'à la suite de ce « pas » effectué par Beyrouth, les États-Unis devaient désormais « assumer leurs responsabilités en faisant pression sur Israël ». À l'issue de sa première étape de sa journée de rendez-vous, au palais présidentiel de Baabda, M. Barrack avait indiqué que maintenant que le cabinet avait pris une décision dont les Libanais « peuvent être fiers », c'était effectivement à Israël de faire un « pas » de son côté pour respecter les modalités de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre 2024, après 13 mois de guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Le 7 août, deux jours après avoir acté le désarmement du Hezbollah et des milices d'ici la fin de l'année, le gouvernement avait approuvé une « feuille de route » présentée par M. Barrack, qui devrait permettre progressivement de garantir le respect de la trêve, Beyrouth et Tel-Aviv faisant chacun un « pas » à la fois.

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Dans ce cadre, M. Salam a souligné lors de son entretien au Grand Sérail avec M. Barrack, accompagné de l'émissaire adjointe pour le Moyen-Orient, Morgan Ortagus, que l'administration Trump devait désormais « assumer ses responsabilités en faisant pression sur Israël pour qu'il cesse ses attaques, se retire des cinq points (encore occupés au Liban-Sud, ndlr) et libère les prisonniers » libanais.

Il a affirmé que les décisions du gouvernement avaient été prises dans « l'intérêt national » et insisté sur la priorité de renforcer le soutien à l'armée, « financièrement et matériellement », afin qu'elle puisse accomplir les missions qui lui sont confiées. » M. Salam a encore insisté sur l'importance du renouvellement du mandat de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), qui joue un rôle de « consolidation de la stabilité » dans le Sud et de « soutien à l'armée pour étendre l'autorité de l'État » au sud du Litani, selon lui.

Cette déclaration du Premier ministre concernant la Finul a été faite alors que l'agence Associated Press a rapporté dans la journée que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait signé la semaine dernière un projet visant à réduire progressivement le déploiement onusien au Liban-Sud. Nawaf Salam a en outre appelé à ce que la communauté internationale annonce l'organisation d'une conférence pour le soutien à la reconstruction et la relance économique au Liban.

Berry : quels engagements israéliens à respecter la trêve ?

Peu avant, le chef du Parlement libanais, Nabih Berry, allié du Hezbollah, a interrogé l'émissaire américain sur « l'engagement d'Israël à respecter l'accord de cessez-le-feu et à se retirer des territoires libanais jusqu'aux frontières internationalement reconnues. » Le respect de l'accord par Tel-Aviv est « la clé de la stabilité au Liban et l'occasion de lancer le processus de reconstruction afin de permettre le retour des habitants dans leurs villages », selon un communiqué du bureau de presse du chef du Législatif. Après sa réunion avec M. Berry, M. Barrack a estimé que « tout le monde avance dans la bonne direction ». « Ce qui compte, c'est de parvenir à la prospérité et la paix pour tous », a-t-il lancé.

C'est également sous le signe de la « paix et la prospérité » que M. Barrack a conclu son entrevue avec le président Joseph Aoun. Depuis Baabda, il a souligné que « le retour à la paix et la prospérité approche, et dans les prochaines semaines, nous verrons un grand progrès et le début d'un plan pour le dialogue avec tous les voisins ».

« Le désarmement du Hezbollah est dans l'intérêt des chiites, et non contre eux », a poursuivi l'émissaire US. Il avait ajouté que la reconstruction aura lieu « dans tout le Liban et pas seulement au Sud ». « Le gouvernement libanais a fait le premier pas en s'engageant à récupérer le monopole de l’État sur les armes, et c'est maintenant à Israël de faire un pas en échange », a-t-il déclaré, faisant savoir que Washington n'avait pas remis à Israël de proposition spécifique. « Ce que nous faisons, c'est appliquer un accord qui a été violé. L'administration américaine n'a pas recours à la menace au sujet du désarmement du Hezbollah. Si le parti chiite refuse cette décision, il aura perdu une opportunité, parce que le choix du désarmement est le meilleur pour un retour à la prospérité », a-t-il ajouté.

Israël attend des « mesures concrètes »

De son côté, le président Aoun, a affirmé à ses interlocuteurs américains que « ce qui est nécessaire aujourd'hui, c'est que les autres parties s'engagent à respecter le contenu » de l'accord de cessez-le-feu. Dans ce cadre, selon un message posté sur le réseau X, le chef de l'Etat a appelé la communauté internationale, et notamment Washington et Paris, à « soutenir davantage l'armée libanaise et à accélérer les mesures requises au niveau international pour lancer le processus de reconstruction dans les zones touchées par les attaques israéliennes ».

Tom Barrack et la délégation américaine se sont en outre entretenus dans l'après-midi avec le commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal.

En réaction aux déclarations en provenance de Beyrouth et à la balle lancée par M. Barrack dans le camp de Tel-Aviv, une source politique israélienne a affirmé à la chaîne saoudienne al-Hadath que le retrait de l'armée israélienne des cinq points qu'elle juge « stratégiques » au Liban-Sud « se fera conformément à un mécanisme coordonné avec le comité de supervision du cessez-le-feu ». L'État hébreu « jouera son rôle lorsque le Liban prendra des mesures concrètes », a-t-elle ajouté.

La question du monopole des armes a en outre fait l'objet d'une réunion au Grand Sérail entre Nawaf Salam et un groupe de députés indépendants, notamment Yassine Yassine, Charbel Massaad, Firas Hamdane et Ibrahim Mneimné. Ce dernier a indiqué à la fin de la réunion, selon le compte X du Grand Sérail, soutenir totalement la décision prise par le gouvernement de récupérer le monopole des armes aux mains de l'Etat, estimant qu'il s'agit d'un « tournant décisif » pour le pays. « Le moment est venu de mettre fin à tous les différends sur la question de la souveraineté de l'Etat », a-t-il plaidé. Dans un communiqué après la réunion, Charbel Massaad (Jezzine au Liban-Sud), a de son côté indiqué qu'il fallait un « dialogue franc et responsable entre toutes les parties » pour régler la question des armes et « trouver des solutions qui protègent l'intérêt national suprême ».

Alors que la question du désarmement a fait couler beaucoup d'encre au cours du week-end écoulé après un discours du chef du Hezbollah Naïm Kassem, dans lequel il évoquait une possible « confrontation » si l’État s'obstinait à désarmer le parti chiite, les autorités libanaises campent sur leurs positions. Le président Aoun a ainsi réaffirmé dans un entretien télévisé dimanche soir qu'il n'y aurait « pas de retour en arrière », et critiqué à nouveau les commentaires faits par Téhéran sur cette affaire.

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Ce à quoi l'émissaire iranien Ali Larijani a rétorqué en soulignant que « nos remarques sur la situation au Liban et la résistance ne signifient pas que nous nous ingérons dans les affaires intérieures de ce pays ».

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, qui a reçu lundi l'émissaire américain Tom Barrack en tournée au Liban après la décision du gouvernement de désarmer le Hezbollah et les autres groupes armés avant la fin de l'année, a déclaré qu'à la suite de ce « pas » effectué par Beyrouth, les États-Unis devaient désormais « assumer leurs responsabilités en faisant pression sur Israël ». À l'issue de sa première étape de sa journée de rendez-vous, au palais présidentiel de Baabda, M. Barrack avait indiqué que maintenant que le cabinet avait pris une décision dont les Libanais « peuvent être fiers », c'était effectivement à Israël de faire un « pas » de son côté pour respecter les modalités de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre 2024, après 13 mois de guerre...
commentaires (10)

Israël, depuis son indépendance, ne s'en ait jamais pris au Liban sans que les menaces ou agressions ne soit partis de chez nous. Bien que toutes les guerres nous furent imposées, y compris la dernière défaite de l'Iran et de ses sbires nous y avons laissé le minimum de plumes avec le retrait de Tsahal de la plupart du territoire. Les 5 derniers points le sont encore car ils savent très bien que le hezbollah ne se conformera pas aux accords et retournera sa veste. Elle profite de son avantage tactique pour arriver a la paix. Faisons le nécessaires et nous obtiendrons ce que nous cherchons.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

10 h 35, le 19 août 2025

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Commentaires (10)

  • Israël, depuis son indépendance, ne s'en ait jamais pris au Liban sans que les menaces ou agressions ne soit partis de chez nous. Bien que toutes les guerres nous furent imposées, y compris la dernière défaite de l'Iran et de ses sbires nous y avons laissé le minimum de plumes avec le retrait de Tsahal de la plupart du territoire. Les 5 derniers points le sont encore car ils savent très bien que le hezbollah ne se conformera pas aux accords et retournera sa veste. Elle profite de son avantage tactique pour arriver a la paix. Faisons le nécessaires et nous obtiendrons ce que nous cherchons.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    10 h 35, le 19 août 2025

  • Israël est en position de force dans cette négociation et ne lâchera la proie pour l'ombre ! Ils feront (peu être) un pas quand l'armée libanaise aura procéder au premier retrait d'arme du Hezbollah. Attendons de voir le plan de désarmement qui sera présenté à la fin du mois. Qui vivra verra....

    Ziad CHOUEIRI

    18 h 47, le 18 août 2025

  • Le Hezbollah fait le jeu des sionistes, ils ne sont pas intelligents…..

    Eleni Caridopoulou

    18 h 38, le 18 août 2025

  • Article décousu, répétitif, du copier/coller et la rédaction n a pas relue ce navet.

    Zampano

    18 h 00, le 18 août 2025

  • Quoi qu'on fasse, Israël trouvera toujours un nouveau prétexte pour ne pas se retirer, Faudra-t-il lui offrir une partie du Liban, jusqu'à Saïda? Il s'est déjà offert une tranche de plus en Syrie et fait de même à Gaza et en Cisjordanie. Pourquoi pas au Liban?

    Politiquement incorrect(e)

    17 h 53, le 18 août 2025

  • Pour le Hezb d’être moins convaincant, il faut qu’Israël s’en aille du Liban….

    Hacker Marilyn

    17 h 45, le 18 août 2025

  • Il faut qu'israel fasse un pas. Même petit. Sa domination militaire lui permet de faire un pas sans trop de risques.

    Moi

    16 h 56, le 18 août 2025

  • Apeller Tel Aviv à faire un pas c’est bien, faire pression c’est mieux. Comme si les americains n’avaient pas de levier sur israel…

    Phenix

    14 h 55, le 18 août 2025

  • J'espère que les élus libanais tiendront leurs positions et, surtout, que les chiites libanais saisiront l'opportunité en tordant leurs bras au Hezbollah. Si c'est le cas, les israéliens n'auront pas d'autres choix que de se retirer. Commencera alors une ère de développement incroyable dont l'Iran sera absent...

    Ludovic Hasquette

    14 h 35, le 18 août 2025

  • Ali Larijani répond à notre président en soulignant que « nos remarques sur la situation au Liban et la résistance ne signifient pas que nous nous ingérons dans les affaires intérieures de ce pays ». Non à peine. Qu’en serait il si le Liban dénonçait les crimes commis sur le peuple iranien par ce régime sanguinaire, pour faire taire sa colère et sa désapprobation sur la gouvernance du pays? On pourrait dire aux mollahs que cet un avis et que le Liban n’a pas l’intention de s’immiscer dans leurs affaires internes. Au moins ce sera dit et ça les dissuaderait de se mêler des affaires des autres.

    Sissi zayyat

    12 h 08, le 18 août 2025

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