Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, lors d'un entretien accordé à as-Sharq al-Awsat, vendredi 15 août 2025. Capture d'écran de l'entretien publié sur le site du journal.
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré vendredi, au cours d'un entretien accordé au journal al-Chark al-Awsat et dont l'intégralité a été publiée dimanche, que « les décisions du Liban aujourd’hui se prennent à Beyrouth, en Conseil des ministres, et nulle part ailleurs », et qu'elle ne sont « dictées ni par Téhéran, ni par Washington », alors que l'émissaire américain Tom Barrack est arrivé à Beyrouth dimanche soir.
Dans un entretien fleuve de plus d'une heure accordé au journal panarabe, Nawaf Salam, qui fait figure aujourd'hui d'homme fort du camp souverainiste a également abordé la question des manifestations des partisans du Hezbollah dans les rues, des menaces qui lui sont adressées de la part de partisans du parti chiite, ou des nouveaux liens avec la Syrie et l'Arabie saoudite.
Accusé de servir des intérêts « israélo-saoudiens » ou d'être « sioniste » par la presse pro-Hezbollah, Nawaf Salam a déclaré : « Ai-je besoin de certificats attestant de mon patriotisme ? Ai-je besoin de preuves quant à mes positions sur Israël ? ». « Je ne leur demande pas d’excuses, mais d’arrêter. Car c’est grave : cela peut monter une rue contre une autre. Et c’est ce que je refuse. Je suis convaincu que la majorité des Libanais est avec moi », a-t-il déclaré.
« Que n’importe quel Libanais me dise quel point il n’accepte pas (de la feuille de route discutée en Conseil des ministres). Est-ce qu’il y a quelqu’un qui ne veut pas d’une conférence internationale pour la reconstruction ? J’en doute. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui ne veut pas d’un retrait israélien complet ? Est-ce qu’il y a quelqu’un qui ne veut pas le retour des prisonniers ? Ou le retour de nos habitants dans leurs villages du Sud ? Alors pourquoi ce tollé ? », a-t-il poursuivi citant différents points du document.
La décision de la guerre et de la paix
« La décision de guerre et de paix, je peux vous assurer que nous l’avons déjà reprise. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas encore des armes en dehors de l’autorité de l’État. Ce qui nous importe, c’est que toutes ces armes passent sous l’autorité de l’État » a-t-il plaidé, expliquant que cela signifie que « concrètement que le Liban sort du camp dans lequel il se trouvait depuis des décennies ».
« On a utilisé des formules fanfaronnes, comme de dire qu’il y a quatre capitales arabes (Sanaa, Damas, Bagdad, Beyrouth, NDLR) contrôlées par Téhéran. Je crois que ce temps est révolu. La décision du Liban aujourd’hui se prend à Beyrouth, au Conseil des ministres, et nulle part ailleurs. Elle ne nous est dictée ni par Téhéran, ni par Washington » a-t-il dit, expliquant avoir transmis ce message à Ali Larijani, qui se trouvait à Beyrouth la semaine dernière.
Le Premier ministre a par ailleurs souligné que le Liban est « censé être sorti du volet militaire » de la confrontation avec Israël « depuis l'adoption de la résolution 1701 » de l'ONU, rappelant l'attachement du Liban à « l’Initiative arabe de paix », telle que définie lors du sommet de la Ligue arabe à Beyrouth en 2002. Cette initiative appelle au retrait d'Israël de tous les territoires palestiniens occupés, y compris la Cisjordanie, Gaza et le plateau du Golan, et la création d'un État palestinien dans les frontières de 1967, en échange de relations normalisées avec les pays arabes.
« Dialoguer avec l'Amérique pour qu'elle fasse pression sur Israël »
Concernant la violation continue de l'espace aérien libanais par Israël et les bombardements presque quotidiens malgré le cessez-le-feu signé le 27 novembre 2024, Nawaf Salam a déclaré que « cela nécessite davantage de contacts avec nos frères arabes, qui sont des acteurs influents sur la scène internationale. Cela suppose aussi d’intensifier les échanges et les demandes auprès de nos amis européens afin qu’ils fassent pression sur Israël. Et, bien sûr, de continuer à dialoguer avec l’Amérique pour qu’elle exerce son rôle de pression sur Israël ».
Interrogé sur ce qu'il demandera à l'émissaire américain Tom Barrack à Beyrouth lundi, Nawaf Salam a répondu : « S’il veut s’en tenir à ce que prévoit sa feuille de route, il doit garantir qu’Israël cessera ses opérations hostiles et commencera à se retirer des territoires libanais, en particulier des cinq points mentionnés dans son document. Il a d’ailleurs indiqué que le retrait commencerait par trois points, puis deux ».
Enfin au sujet du dossier interne des réformes économiques, Nawaf Salam a salué les deux projets de loi adoptés sur l'abolition du secret bancaire et la restructuration du secteur, estimant qu'ils « ouvrent la voie au projet central : le rééquilibrage financier (...) lequel permettra de restituer les dépôts, en commençant par les petits épargnants ». « L’idée d’un effacement des dépôts doit être totalement écartée. Elle n’est pas sur la table. Néanmoins, les Libanais ne pourront pas récupérer immédiatement et intégralement leurs avoirs. Cela se fera de manière progressive et sur des délais acceptables, et non pas sur des décennies » a-t-il promis.




Bravo Monsieur le Premier Ministre. Comme vous le dites si bien, tous les libanais patriotes sont derrière vous et vous encouragent à persister à exercer votre fonction qui vous va si bien, contrairement à tous ceux qui vous ont précédé, qui ont vendu notre pays et viennent maintenant critiquer votre patriotisme par jalousie et par peur de se voir démasqués . Eux qui ont excellé dans la lâcheté et la corruption, qui ont eu raison de notre souveraineté, viennent vous salir pour laver leur déshonneur. Être les larbins des mollahs est un acte de trahison. On ne s’allie pas avec les usurpateurs de
10 h 42, le 18 août 2025