Des membres de tribus libanaises, syriennes et jordaniennes à Wadi Khaled, au Liban-Nord, lors d'une rencontre, le 31 mai 2025. Photo fournie par notre correspondant Michel Hallak
Le Rassemblement des tribus arabes du Liban a apporté jeudi son « soutien total » au Premier ministre Nawaf Salam, après que le gouvernement de ce dernier a annoncé son intention de récupérer le monopole des armes et désarmer les milices, malgré l'opposition du tandem chiite et ses alliés, dont l'Iran.
Le Liban compte de nombreuses tribus arabes, notamment dans la Békaa, au Akkar, ainsi que dans la région de Khaldé, près de Beyrouth. Les tribus arabes sunnites sont présentes au Liban depuis avant la création du Grand Liban en 1920, expliquait à notre publication, en 2021, le cheikh Haytham Tohaymi, membre de la tribu Hourouk de Faour (Békaa) et président de l’association humanitaire al-Inma’ wal tajaddod (Développement et renouvellement). À l’époque de l’Empire ottoman, les tribus arabes sunnites étaient nomades et circulaient librement à travers les territoires irakien, syrien, libanais et palestinien. Mais depuis les accords de Sykes-Picot (1916), le découpage du Moyen-Orient et la délimitation des frontières, ces tribus se sont sédentarisées.
« Le Rassemblement des tribus arabes annonce son soutien total à l'homme d'État » qu'est Nawaf Salam, a écrit ce groupe dans un communiqué, dans lequel il dénonce les « campagnes diffamatoires » à l'encontre du Premier ministre. « Comme le dit le proverbe : +On ne jette des pierres que sur les arbres qui portent des fruits+ », peut-on lire dans le texte.
Nawaf Salam appelé à « aller de l'avant »
« Nous réaffirmons notre soutien total à ses efforts pour étendre l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire libanais et limiter le port d'armes aux forces armées légitimes, considérant qu'il s'agit là d'un pilier fondamental de la protection de la souveraineté et le maintien de la stabilité », ont ajouté les tribus, qui encouragent le président du Conseil à « aller de l'avant. » « Nous ne permettrons à personne de porter atteinte à la présidence du gouvernement ou à son chef. Vous êtes aujourd'hui la voix et le prestige de l'État, le symbole de l'intérêt national ».
Des affrontements ont parfois éclaté entre des membres des tribus arabes et des partisans du Hezbollah. Une escalade de violences avait notamment eu lieu à l'été 2021 à Khaldé, au sud de Beyrouth, suite à un accrochage lié à l'installation de banderoles pour les commémorations de Achoura, qui avait dégénéré en fusillade, puis en nouveaux tirs lors de funérailles et pendant un mariage.
Les décisions du gouvernement prises les 5 et 7 août concernant le désarmement du Hezbollah et l'adoption du « plan Barrack », une feuille de route américaine visant à garantir la bonne mise en application des modalités du cessez-le-feu avec Israël de novembre 2024, ont provoqué une série de félicitations et soutiens de la part d'une partie de la classe politique libanaise, tandis que le tandem chiite et ses alliés veulent faire comme si ces mesures « n'existent pas » et mettent en garde contre des tensions dans le pays.




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Effectivement. Le duo chiite est ultraminoritaire dans le pays et au sein de la diaspora contrairepment à ce que sa propagande cherche à faire croire.
11 h 40, le 15 août 2025