Deux véhicules militaires libanais, le 8 juillet 2025 sur une base de l’armée dans la région de Tyr au Liban-Sud. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
L'armée libanaise a annoncé samedi après-midi que six de ses soldats ont été tués et deux autres blessés, dans une explosion survenue lors du démantèlement d'armes provenant d'un « dépôt » situé dans la vallée de Zebqine, près de Majdel Zoun (Tyr), au Liban-Sud. Par ailleurs, un homme a été tué au volant de son véhicule, qui a été frappé par quatre missiles tirés depuis un drone israélien sur la route entre Aïtaroun et Aïnata, selon le ministère de la Santé et notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah.
Dans un communiqué, l'armée a indiqué qu'une de ses unités « inspectait un dépôt d’armes et procédait au démantèlement de son contenu », lorsque l'explosion s'est produite. Elle précise que le bilan fourni est toujours préliminaire et qu'une enquête est en cours pour déterminer les causes du drame. Dans la soirée, le commandement de l'armée a publié les noms des six tués, parmi lesquels un sous-officier et cinq soldats, majoritairement âgés d'à peine une vingtaine d'années. Selon notre correspondant, quatre des militaires tués faisaient partie de la 5e brigade et deux du régiment du génie.
Le texte publié par la troupe ne précise pas si le dépôt dans lequel a eu l'explosion appartenait au Hezbollah, dont la troupe est actuellement chargée de démanteler toutes les infrastructures au sud du Litani conformément à l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, après 13 mois de guerre entre le parti chiite et Israël. Une source militaire qui a requis l'anonymat a toutefois déclaré à l'AFP que l'explosion s'était produite « à l'intérieur d'une infrastructure militaire du Hezbollah », alors que les soldats « retiraient des munitions et engins non explosés ».
Alors que les informations obtenues par notre correspondant auprès de riverains indiquaient que l'explosion était survenue dans un tunnel, ni le communiqué, ni des sources de l'armée n'ont pu confirmer cette précision. Selon notre correspondant dans le Sud, des secouristes de « la mission islamique », affiliée au mouvement Amal, un allié du Hezbollah, ont participé aux opérations de secours et au transport des dépouilles mortelles des soldats tués.
Hommages en série
Une pluie d'hommages à l'armée et de condoléances ont suivi l'annonce de la mort des six militaires, au Liban et au-delà des frontières. Le président Joseph Aoun salué la mémoire des « martyrs innocents qui ont inscrit avec leur sang pur les plus beaux exemples de sacrifice et de dévouement, et ont confirmé que l’armée libanaise restait le bouclier protecteur de la patrie et le gardien fidèle de ses frontières », a écrit la présidence sur X. Le président du Parlement, Nabih Berry, a présenté ses condoléances à l'armée et salué le rôle de l'armée dans la « sauvegarde de l'unité, de la sécurité et de la souveraineté » grâce à ses sacrifices.
De son côté, le Premier ministre Nawaf Salam a rendu hommage sur son compte X aux « fils de l'armée vaillante » du Liban, qui sont « tombés en martyrs dans le Sud, alors qu’ils accomplissaient leur devoir national ». « Tout le Liban, État et peuple, s’incline en hommage à leurs sacrifices et à leur sang précieux, qui réaffirment que notre armée est le garant de la sécurité, le rempart de la souveraineté et le protecteur de l’unité de la nation et de ses institutions légitimes », a-t-il écrit.
Le ministre de la Défense Michel Menassa a pour sa part présenté ses condoléances aux proches des soldats tués, qui « ont rejoint leurs camarades ayant versé leur sang pur sur la terre du Sud ». Quant au ministre de l'Intérieur Ahmad Hajjar, il a rendu hommage aux militaires et aux « lourds sacrifices consentis par l'armée pour défendre la souveraineté du Liban ». » Vos sacrifices protègent le Liban et sa souveraineté. Et votre sang confirme la justesse du principe selon lequel l’armée libanaise doit être la seule force légitime aux mains de l’autorité politique pour imposer la souveraineté et la stabilité sur l’ensemble du territoire national », a de son côté écrit le chef de la diplomatie Joe Raggi, proche des Forces libanaises au sein du cabinet.
Le député du Hezbollah Ali Ammar, membre de la commission parlementaire de la Défense, a de son côté estimé que « la résistance restera aux côtés de l'armée, dans la même tranchée », et que le destin des familles des combattants du parti et du peuple « est d'offrir leurs enfants pour défendre la patrie et préserver l'unité et la stabilité du Liban. » « Votre malheur est notre malheur, et nous resterons ensemble dans le même camp pour défendre la liberté, la souveraineté et l'indépendance du Liban, quel que soit le prix à payer », a-t-il ajouté, cité par le quotidien al-Akhbar. De nombreuses autres figures politiques et religieuses, ainsi que des institutions, ont également rendu hommage aux sacrifices de la troupe.
« Énormes défis et risques »
Le commandant en chef de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), le général Diodato Abagnara, a quant à lui rappelé que l'armée, en tant que seule institution « qui fournit légitimement la sécurité dans le pays, fait face à d’énormes défis et risques », dans sa mission visant à assurer la stabilité dans le Sud et « éviter un retour à un conflit ouvert ». Après avoir présenté ses condoléances à la troupe et aux familles des victimes, le chef de la force onusienne a affirmé qu'il continuait à « soutenir l'armée et ses efforts pour rétablir la stabilité, de toutes les manières possibles. »
L'émissaire américain Tom Barrack a également présenté ses condoléances « au nom du président Trump et du peuple américain. » « Nous pleurons la disparition de ces courageux soldats, qui ont consacré leur vie à la défense et à la sécurité du Liban », a-t-il ajouté. La France, via son ambassade à Beyrouth, et l'Arabie saoudite, la Jordanie et la Palestine, via leur ministère des Affaires étrangères, ont également présenté leurs condoléances.
Opérations de déminage
Depuis le début de la trêve, l'armée libanaise effectue des opérations de déminage dans les zones bombardées par Israël. À plusieurs reprises, la troupe a dû notamment déterrer des munitions et des missiles enfouis sous terre après avoir traversé de part en part les immeubles touchés. Jeudi, l'état-major de l’armée française et la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) ont affirmé que les Casques bleus et l'armée libanaise ont découvert au Liban-Sud un « réseau » de tunnels ayant appartenu au Hezbollah, ainsi que des armes et des centaines de munitions. En avril dernier, trois soldats libanais ont été tués et cinq civils blessés dans l'explosion de munitions qui étaient transportées dans une camionnette du département du génie de l'armée libanaise à Breiké, dans la région de Nabatiyé.
Un mort dans une frappe israélienne de drone
Par ailleurs, un homme identifié comme Hadi Khanafer a été tué samedi dans une frappe israélienne menée avec un drone sur la route entre Aïnata et Aïtaroun, dans le caza de Bint Jbeil. Des rafales d’armes automatiques ont été tirées samedi depuis le site israélien dit du « radar », situé sur les fermes de Chebaa - partie du Golan syrien annexé par Israël et contesté entre Damas, Beyrouth et Tel-Aviv - selon notre correspondant. L'armée a en outre envoyé des renforts depuis le carrefour de Wadi Slouki en direction de Majdel Selm, après que des riverains locaux se sont opposés au passage d'une patrouille de la Finul. Ces incidents sont réguliers au Liban-Sud, où les habitants et le Hezbollah réclament que les Casques bleus soient toujours accompagnés de soldats de l'armée libanaise.
Selon un décompte de L'Orient-Le Jour, basé sur des chiffres de l'ONU et du ministère de la Santé, le nombre de personnes tuées au Liban dans des attaques israéliennes, frappes et tirs, s'élève à au moins à 302 morts depuis l'entrée en vigueur de la trêve, qui viennent s'ajouter aux 4 047 morts et 16 638 blessés officiellement comptabilisés par le ministère de la Santé dans un bilan publié début décembre.





Il y en a qui trouvent encore à dire concernant les commentaires. Ils les trouvent haineux? Ce parti de malheur nous a gavé de menaces, d’insultes et de haine, accompagnés de meurtres et d’assassinats et ils trouvent que les commentaires sont haineux? Cela les vexe? Sans blague. Nous avons été à bonne école, alors il va falloir s’habituer à ce qu’on rendent la monnaie de la pièce.
17 h 51, le 10 août 2025