Inauguration de la « rue des victimes du 4-Août », avenue Charles Helou, le 3 août 2025. Photo Stephanie Khoury/L'OLJ
A la veille de la 5e commémoration des explosions meurtrières au port de Beyrouth, une partie de l'avenue Charles Hélou située près de l'une des entrées du port de la capitale été baptisée dimanche « rue des victimes du 4-Août », suite à une demande formulée par les proches des victimes.
La cérémonie s'est déroulée en présence du Premier ministre Nawaf Salam, du ministre de l'Intérieur Ahmad Hajjar, du mohafez de Beyrouth Marwan Abboud et des proches des victimes de la catastrophe.
Prenant la parole, Nawaf Salam a appelé à « ôter la main de la justice ». « Nous ne transigerons ni sur la justice ni sur la vérité », a-t-il assuré. Il a aussi noté que « personne n'est au-dessus des lois » dans l'affaire des explosions au port. « Nous ne transigerons pas sur cette question, car la vérité est la mère de la justice », a-t-il poursuivi, estimant qu'il « n'y aura pas de justice tant que la vérité entière n'aura pas été révélée ». Il a une nouvelle fois souligné l'engagement du gouvernement à suivre cette affaire jusqu'à ce que justice soit faite.
Plus tôt dans la journée, le ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé avait affirmé avoir inscrit dans l'inventaire général des monuments historiques les silos du port de Beyrouth, ravagés par les explosions meurtrières du 4 août 2020 et dans lesquels une série d'incendies se sont déclenchés en 2022. Au cours d'une table ronde à la Bibliothèque nationale à Sanayeh consacrée aux répercussions de la catastrophe et organisée avec le ministère des Affaires sociales, la première de ce genre à l'occasion de la commémoration du 4-Août, Nawaf Salam avait de son côté affirmé que « tout responsable sera tenu comptable » de cette tragédie.
À la veille du 4-Août, plusieurs figures politiques, religieuses et sociales ont appelé dimanche à une reddition des comptes et dénoncé l’impunité persistante.
Les explosions au port de Beyrouth ont provoqué la mort de 235 personnes, fait plus de 7 000 blessés et détruit une importante partie de la capitale libanaise. Cinq ans plus tard, aucun responsable n'a encore été jugé, en raison d'ingérences politiques dans l'enquête menée par le juge Tarek Bitar. Plusieurs commémorations sont prévues dimanche et lundi.



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08 h 35, le 04 août 2025