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Politique - Liban

Cinq ans après le drame du 4-Août, les appels à la justice se multiplient

 « Assez d’entraves à l’enquête », lance le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth.

Cinq ans après le drame du 4-Août, les appels à la justice se multiplient

Les silos détruits du port de Beyrouth, le 27 juin 2024. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

À la veille de la 5e commémoration du drame des explosions au port de Beyrouth, le 4 août 2020, plusieurs figures politiques, religieuses et sociales ont appelé dimanche à une reddition des comptes et dénoncé l’impunité persistante.

Dans son homélie dominicale, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a estimé que « cette explosion demeure une plaie ouverte dans le corps de Beyrouth, et une tache de honte sur le front de tous ceux qui savaient et savent encore, mais n’ont pas révélé la vérité, l’ont cachée, ont contribué à l’effacer ou à la dissimuler, ou ont refusé de comparaître devant le juge ».

Et d'ajouter : « Comment peuvent-ils dormir la conscience tranquille alors que des milliers de familles attendent de savoir qui a fauché la vie de leurs enfants ou les a déplacées ? Comment un juge, un député, un ministre ou toute personne liée à cette catastrophe peut-elle poursuivre sa vie normalement alors que les mères de Beyrouth passent leurs nuits en larmes et dans la souffrance, et que certains blessés gémissent encore ? Assez d’entraves à l’enquête, de silence sur la vérité et de peur pour les intérêts ». Il a également souligné que le drame résulte de « la négligence, la corruption, l’insuffisance, la complicité et l’indifférence ».

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Pour sa part, l’ancien Premier ministre Saad Hariri a déploré, dans un message sur son compte X, que « cinq ans après le crime de l’explosion au port de Beyrouth, le Liban attend toujours que justice soit faite pour les victimes de cette catastrophe et leurs familles, pour les blessés, et pour notre capitale blessée Beyrouth ». « Nous ne perdons pas espoir que l’acte d’accusation sera publié et le processus légal lancé au plus tôt, afin que les coupables soient jugés », a-t-il poursuivi. « Nous espérons que la vérité éclate, afin que la conscience du pays soit tranquille », a ajouté l’ancien président du Conseil.

 « Quarante-huit heures décisives »

L’ancien président Michel Sleiman a, lui, estimé que « les prochaines quarante-huit heures seront décisives pour l’histoire du Liban », espérant qu'elles « marqueront le véritable début d’un processus pour sauver la patrie », dans un communiqué relayé par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). « Demain marque l’anniversaire funeste de l’explosion du port de Beyrouth. Nous espérons que l’acte d’accusation dans cette affaire criminelle sera rendu public, ou que, au minimum, le compte à rebours de sa publication commencera », a-t-il ajouté. 

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De son côté, le syndicat des enseignants a publié un communiqué pour la cinquième commémoration de l’explosion du port, regrettant que « l’État libanais n’ait pas rendu justice à son propre peuple ». « En tant qu’enseignants et éducateurs, nous ne pouvons éduquer les nouvelles générations aux valeurs de droits et de reddition de comptes tant que de tels dossiers judiciaires restent entravés par des ingérences politiques », ajoute le texte.

L'Union européenne et les États membres ont réaffirmé dans un communiqué « leur solidarité avec les familles des victimes et tous ceux dont la vie, le domicile et les moyens de subsistance ont été tragiquement affectés par l'explosion ».

La veille de la commémoration du drame, le ministre de la Culture Ghassan Salamé a affirmé, dimanche, avoir inscrit dans l'inventaire général des monuments historiques les silos du port de Beyrouth, ravagés par les explosions et dans lesquels une série d'incendies se sont déclenchés en 2022. Prenant la parole lors de la conférence consacrée aux répercussions de la catastrophe et organisée avec le ministère des Affaires sociales, le Premier ministre Nawaf Salam a souligné que « tout responsable sera tenu pour comptable ».

Le drame du 4-Août a causé la mort de 235 personnes, fait plus de 7 000 blessés et détruit une importante partie de la capitale. Cinq ans plus tard, aucun responsable n'a encore été jugé, en raison d'ingérences politiques dans l'enquête menée par le juge Tarek Bitar.

À la veille de la 5e commémoration du drame des explosions au port de Beyrouth, le 4 août 2020, plusieurs figures politiques, religieuses et sociales ont appelé dimanche à une reddition des comptes et dénoncé l’impunité persistante.Dans son homélie dominicale, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a estimé que « cette explosion demeure une plaie ouverte dans le corps de Beyrouth, et une tache de honte sur le front de tous ceux qui savaient et savent encore, mais n’ont pas révélé la vérité, l’ont cachée, ont contribué à l’effacer ou à la dissimuler, ou ont refusé de comparaître devant le juge ».Et d'ajouter : « Comment peuvent-ils dormir la conscience tranquille alors que des milliers de familles attendent de savoir qui a fauché la vie de leurs enfants ou les a déplacées ?...
commentaires (3)

Mais évidemment que Mgr Audi a raison. Honte à ces minables pourris qui savent mais se taisent. Mais comment un criminel peut avoir honte ?!

Goraieb Nada

06 h 41, le 04 août 2025

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Commentaires (3)

  • Mais évidemment que Mgr Audi a raison. Honte à ces minables pourris qui savent mais se taisent. Mais comment un criminel peut avoir honte ?!

    Goraieb Nada

    06 h 41, le 04 août 2025

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_de_la_gare_de_Bologne

    Achikbache Dia

    18 h 30, le 03 août 2025

  • Si on va attendre la justice humaine surtout dans des contrées où les assassins sont glorifiés , nous risquons d'être déçus à jamais. Par contre dans le cas du port et de tout les crimes imputés au même axe la justice divine elle a déjà été rendue et tout les cerveaux et commanditaires ont été traqués un par un où ont déterré comme des lapins, quant à la vérité nos la conaissont tous et cela devrait suffire.

    Liban Libre

    16 h 41, le 03 août 2025

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