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Culture - Initiative

Depuis Gand, trois Libanais réinventent la scène artistique de la diaspora

Né en Bélgique de trois artistes libanais, le collectif Tashattot transforme la dispersion en un territoire fertile de création, de mémoire et de dialogue transnational.

La résidence musicale « Sonic Sessions » de Tashattot se veut un laboratoire d’idées, une fabrique de sons où se redéfinissent les notions d’identité, d’exil et de mémoire. Photo Maryan Sayd

Trois Libanais de la diaspora se sont retrouvés en Belgique, portés par un même élan : celui de faire vibrer, depuis l’exil, une mémoire partagée. À Gand, Charbel Khoury, Rami Moukarzel et Gaelle Khalifé ont fondé le collectif Tashattot – un nom qui, en arabe, signifie « dispersion » –, comme une réponse poétique et politique à l’éparpillement que connaît leur génération.

Leurs parcours artistiques, nourris au Liban entre photographie, musique et arts vivants, les ont guidés vers une ambition simple et essentielle : rassembler les voix créatives de l’exil, et offrir à celles-ci un espace de dialogue, de création et de résonance.

« Nous essayons de recréer en Europe une scène artistique semblable à celle que nous avions connue au Liban », confie Charbel. Une scène vivante, transgressive, vibrante de récits et d’identités plurielles.

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Une première traversée

Leur première exposition, inaugurée en janvier 2022 au centre d’art KIOSK, sur le campus universitaire de Gand, marque le coup d’envoi de cette aventure collective. Financé par l’université, l’événement a réuni, durant deux mois, une quinzaine d’artistes du monde arabe installés en Europe autour des thématiques de l’exil, de la mémoire et de l’appartenance.

Les œuvres, allant de la photographie à la vidéo expérimentale en passant par des installations sonores, ne se contentaient pas de raconter la distance : elles en examinaient le sens. Que signifie, aujourd’hui, être dispersé ? Que conserve-t-on, que réinvente-t-on quand on s’éloigne ?

Depuis, Tashattot n’a cessé de tisser des liens. Fidèle à son principe fondateur – créer un espace pour les autres, jamais centré sur lui-même –, le collectif s’est imposé dans le paysage culturel belge comme une force vive, multipliant les collaborations avec des institutions locales et internationales.

Parmi ses projets phares figure la résidence musicale « Sonic Sessions », dont la seconde édition est prévue entre 2025 et 2026. Ce cycle, initié avec succès en 2024-2025 en partenariat avec Globe Aroma et l’Ancienne Belgique, rassemble des artistes électro-expérimentaux issus de la région Swana (South West Asia and North Africa).

Loin d’une simple production musicale, la résidence se veut un laboratoire d’idées, une fabrique de sons où se redéfinissent les notions d’identité, d’exil et de mémoire.

Ici, la musique devient un langage commun, un lieu de fraternité. Elle pense le politique, interroge les récits et redessine les contours de soi à la lumière de l’histoire – intime et collective.

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Briser les silences

En 2026, une nouvelle exposition verra le jour à Anvers, au FOMU (Fotomuseum Antwerpen). Le collectif y abordera les questions du genre et de la sexualité dans le monde arabe, des thématiques encore souvent reléguées au silence, et que les artistes invités viendront questionner avec force et nuance.

Avec Tashattot, l’exil ne s’écrit pas seulement au passé ; il devient un présent fertile, un territoire mouvant d’échanges et de récits entrecroisés. Dans la dispersion, une langue commune se cherche, s’invente. Et l’art, toujours, en demeure l’ancrage.

Trois Libanais de la diaspora se sont retrouvés en Belgique, portés par un même élan : celui de faire vibrer, depuis l’exil, une mémoire partagée. À Gand, Charbel Khoury, Rami Moukarzel et Gaelle Khalifé ont fondé le collectif Tashattot – un nom qui, en arabe, signifie « dispersion » –, comme une réponse poétique et politique à l’éparpillement que connaît leur génération.Leurs parcours artistiques, nourris au Liban entre photographie, musique et arts vivants, les ont guidés vers une ambition simple et essentielle : rassembler les voix créatives de l’exil, et offrir à celles-ci un espace de dialogue, de création et de résonance.« Nous essayons de recréer en Europe une scène artistique semblable à celle que nous avions connue au Liban », confie Charbel. Une scène vivante, transgressive, vibrante de...
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