C’est au nombre des échecs que l’on mesure la flamboyance d’une classe politique. Ainsi en est-il du projet de loi sur la réforme et la réorganisation du secteur bancaire qu’elle ingurgite, mâche, rabâche et dégurgite de commissions en sous-commissions parlementaires depuis le début de la crise. Mais l’essentiel, dit-on, est de persévérer. C’est d’ailleurs prouvé : en essayant continuellement, on finit toujours par réussir. Donc plus ça rate, plus on a des chances que ça marche.
Mais pour que ça marche, encore faut-il que la ménagerie Place de l’Étoile digère sans trop de coliques le projet de loi sur la répartition des pertes financières, que les gouvernements successifs ont été jusque-là infoutus de finaliser. Surtout quand on sait que cette digestion sera organisée par l’Ancêtre indéboulonnable juché sur son perchoir, qui promet une autre séance plénière… « si tout se passe comme prévu ». Comprendre : si c’est lui qui la met en musique… C’est du moins ce que Bac-6 a raconté aux journalistes qui glandaient avec les gardes du corps et le reste de la domesticité à l’extérieur de son repaire de Aïn el-Tiné.
Que les banques aient servi pendant des années de cache-sexe à la dette publique, qu’elles aient toujours colmaté de leur plein gré le tonneau des danaïdes d’une administration gangrenée par la mauvaise graisse des fonctionnaires, ne semble pas en tout cas donner des insomnies à Istiz Nabeuh. Y a plus qu’à deviner maintenant quel groupe fera main basse sur les quelques établissements bancaires en ruine, tant ils ont gavé de biftons verts cet État raté et inutile (on dit « failli » en langage ministériel).
Mieux encore, le projet de réforme est tellement entortillé que même les financiers les plus pointus seraient incapables de faire la distinction entre l’organigramme proposé et le montage qui avait servi à fonder la Banque d’Angleterre en 1694. Sans oublier la portion congrue réservée aux petits déposants qui se voient enchaînés à un strapontin par un salmigondis de conditions absconses. Salauds de pauvres ! Ils réclament toujours à manger et refusent de venir torcher l’incurie de leurs dirigeants.
Ne restera plus alors qu’à régler dans le feutré les derniers petits litiges. Un turbin qu’on refilera sans doute aux magistrats cireurs de Parquet, qui se chargeront de leur réserver un enterrement de première classe ! À partir de là, le tout est de savoir comment les trois présidents vont se positionner. Et quels seront les deux qui vont soudain se peloter avant de balancer leurs casseroles sur le troisième.
L’histoire du Liban moderne est en marche, et l’on ne s’en rend même pas compte.
gabynasr@lorientlejour.com


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Magistral Monsieur Nasr! Cela fait son effet sur les vendus et ceux qui jalousent votre talent inimitable.
10 h 34, le 09 août 2025